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mardi 18 juillet 2017

Les incultes de la police algerienne BRI traquent la culture kabyle


Le MAK revendique une base à Akbou également. Cette autre région, l’a-t-on aussi à l’œil ? Younès Adli a bien animé une rencontre à Tifrit (Akbou) en mars dernier, une semaine à peine après avoir été interdit de conférence à Aokas. Ses hôtes à Tifrit, dont Larbi Yahioun, n’ont fait que forcer les choses. Quand Younès Adli est arrivé dans la ville d’Aokas, le 4 mars dernier, pour une conférence, les 4x4 de la BRI avaient déjà pris position autour du centre culturel Rahmani Slimane pour interdire la rencontre. La foule qui s’y est constituée dans la colère a tenté de marcher en guise de protestation dans une atmosphère tendue. Younès Adli devait parler de «La pensée kabyle», comme résultat d’une recherche sociologique. Mais le thème aurait sonné dans l’esprit des autorités comme une métaphore de l’autonomie. Ce matin-là, même les travailleurs du centre culturel ont été interdits d’accéder à leur lieu de travail.

Mais, la «conférence» a eu lieu, malgré tout, dans un café public. Deux semaines plus tard, une autre interdiction est décidée dans les bureaux des autorités avec un scénario nouveau. Benhaïmi Loubna, une universitaire qui s’intéresse à la mythologie, a été «conseillée» d’annuler sa conférence programmée sur invitation d’Azday Adelsan n’Weqas pour le 18 mars autour des «mythes fondateurs des sociétés». Informée de l’interdiction et des risques qui découleraient en tentant de la tenir, elle a préféré ne pas s’y rendre. Pourtant, quelques jours plus tôt, la même universitaire a longuement débattu du même thème sur les ondes de la radio locale.

Un mois plus tard, Nabile Farès n’aura pas droit à l’hommage que devaient lui rendre l’universitaire Farida Boualit et l’écrivaine Rénia Aouadène, le 15 avril, dans, cette fois-ci, la bibliothèque municipale. Le même triste sort a été réservé pour une rencontre culturelle le 20 avril dernier que devait animer l’écrivain Hebbache Yacine autour de «Matoub Lounès, l’écrivain de la légende». L’interdiction est intervenue alors que les pouvoirs publics ont amorcé, cette année, un hommage pompeux au Rebelle sous le sceau de l’Etat algérien. On s’est efforcé à croire que c’est la conjoncture des dernières élections législatives qui dictait cette suite d’interdictions avant que l’épisode de 8 juillet dernier, avec Armand Vial, ne vienne rattraper la réalité d’une pratique administrative liberticide.

http://www.elwatan.com//actualite/sur-fond-de-traque-au-mak-16-07-2017-349141_109.php
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