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mercredi 16 mars 2016

La femme dans l'oeuvre de l'ecrivain Mouloud Feraoun



L’écrivain algérien Mouloud Feraoun s’est toujours inscrit dans le combat des femmes ● Il avait une attitude très moderne vis-à-vis de la femme.

Des propos soutenus par la fille de Mouloud Feraoun, Fazia, lors d’une conférence qu’elle a animée, lundi, à la bibliothèque multimédia Jeunesse de la rue Didouche Mourad, à Alger, dans le cadre du programme hebdomadaire, l’Etablissement arts et culture de la wilaya d’Alger. La sociologue Fazia Feraoun a choisi comme angle d’attaque «La femme dans l’oeuvre de l’écrivain Mouloud Feraoun». Elle est revenue dans sa remarquable intervention sur la position de Mouloud Feraoun sur la place de la femme dans la société, dans son oeuvre ainsi que dans sa vie familiale. D’emblée, Fazia Feraoun précise que l’ouvrage intitulé Mouloud ou l’émergence d’une littérature, de Robert Elbaz et de Martine Mathieu Job, paru en 2001, doit être aujourd’hui un ouvrage de référence scientifique pour tout étudiant ou chercheur voulant travailler sur Mouloud Feraoun. Ces auteurs reprennent toutes les lectures faites depuis l’indépendance jusqu’à aujourd’hui sur le regretté écrivain.

Ils estiment que ce sont des lectures réductrices et que Feraoun est le premier écrivain ayant eu un projet d’écriture programmatrice, donnant la parole aux Algériens. Pour avoir été la fille de Mouloud Feraoun, Fazia estime que son père avait la même attitude dans la vie et dans ses écrits sur la femme. Elle rappelle que Mouloud Feraoun avait quatre filles et trois garçons. Il accordait autant d’importance aux filles qu’aux garçons. «Fouroulou, dit-elle, était pour l’égalité entre les filles et les garçons.

On peut même dire qu’il avait une préférence pour sa fille aînée qui était très proche de lui. Elle le suivait partout. Il l’a même emmenée avec lui en voyage à Paris lorsqu’elle a eu son brevet. Ce qui n’était pas naturel à l’époque. Le grand-père, d’ailleurs, n’était pas d’accord parce que c’était une fille». Mouloud Feraoun était pour la scolarisation et l’émancipation des filles. En 1938, quand il se marie, il donne des cours à sa femme, alors qu’elle a l’âge de ses grands élèves. Par la suite, il va la former consciemment. Il va lui lire tous les grands auteurs : façon singulière de la faire bénéficier de ce grand bonheur qu’il avait eu de connaître lui-même les grands classiques.

A l’époque, il n’y avait pas d’école de filles au village. Les filles allaient chez les soeurs. Quand la fille de Feraoun a atteint l’âge de huit ans, il décide de la scolariser avec les garçons. Son père se fâche et ne lui parle plus. Par la suite, la petite fille est envoyée chez une tante à Alger pour passer son examen d’entrée au collège. Une fois revenue au village, il l’inscrit à des cours par correspondance.



Mouloud Feraoun apprend lui-même le latin pour aider sa fille à faire ses devoirs. En 1952, il ouvre le cours complémentaire de Fort National en introduisant une section de filles. Sa fille est alors dans sa classe. Mouloud avait un profond respect pour les femmes. Il les considérait à leur juste valeur. Il avait une attitude très moderne vis-à-vis de la femme. Preuve en est, il associait son épouse à tout ce qu’il faisait. «A l’époque, rappelle Fazia Feraoun, les hommes et les femmes vivaient dans deux sociétés séparées. Imaginez la révolution que cela peut créer que de vouloir se mettre à égalité avec sa femme, de la mettre au courant et de l’associer à tout ce qu’il faisait.

Cela choque d’ailleurs ses parents qui font tout ce qu’ils peuvent pour lui mettre les bâtons dans les roues. Quand son père a voulu lui ramener une autre femme après la naissance de sa quatrième fille, il n’était pas d’accord. Il cherche une solution. Il en discute avec sa femme. Il propose dans un premier temps d’émigrer en France. Ensuite il trouve le courage de s’insurger contre ses parents». Mme Feraoun partageait ainsi toutes les activités de son époux. En tant que femme d’instituteur, elle ne sortait pas mais recevait chez elle les femmes du village. Mouloud Feraoun associait même sa femme à sa vie littéraire. Il lui lisait tout ce qu’il écrivait. Elle était, pour ainsi dire, sa conseillère.

Pendant la période trouble de la fin de la guerre de libération, Mouloud Feraoun a même voulu apprendre à sa femme à conduire, au cas échéant pour pouvoir se sauver avec les enfants s’il lui arrivait un malheur. La conférencière note que c’était une chose étonnante et remarquable. « Il avait à cette époque-là un garçon de 18 ans, mais il confiait la voiture à sa femme qui, rappelons-le, ne sortait pas. Elle était une femme traditionnelle. Quand il a été assassiné au Château Royal (Ben Aknoun) le 15 mars 1962, la voiture est restée immobilisée. Quand le chauffeur du rectorat a voulu récupérer la voiture, il a hésité à rentrer dedans de peur qu’elle n’explose. C’est ma mère qui a pris le volant. Elle a fait démarrer la voiture. Elle a fait une petite marche arrière et a ramené la voiture jusqu’au portail.

Là, le chauffeur a repris le volant et a ramené la voiture à la maison». Si Mouloud Feraoun avait une grande considération pour la femme dans vie quotidienne, cette approche est perceptible dans ses nombreuses oeuvres, notamment dans Le fils du pauvre, La terre et le sang, Les chemins qui montent et Jours de Kabylie. A travers ses romans, l’écrivain rend à la femme sa place en lui donnant la parole. Il fait une description objective de la communauté féminine. Il présente les femmes comme des personnes attachantes, dignes d’intérêt. «Mouloud Feraoun rend aux femmes leur dignité. Il donne la parole aux femmes qui subissent une double domination par les hommes et par la colonisation. Il nous montre la vraie place de la femme dans la société, loin des images valorisantes de l’épouse, de mère et du rôle traditionnel assigné par nature à la femme», ajoute la conférencière.

En guise de conclusion, Fazia Feraoun a soutenu que Mouloud Feraoun dénonce dans ses oeuvres la discrimination faite à l’égard des femmes. «Il a une position bien affirmée pour l’égalité entre les hommes et les femmes, pour la scolarisation et l’émancipation de la femme. Il défend la liberté de la femme. Il s’inscrit pleinement dans le combat des femmes pour leur place dans la société».

Nacima Chabani
El Watan - Mercredi 16 mars 2016

mardi 15 mars 2016

ils adorent le point d'interrogation lui-même comme un Dieu ?


sur la dogmatique théologique du concept (« Dieu », « âme », « liberté », « immortalité ») ait nui à cet idéal ?.- Laissons pour l'instant de côté la question de savoir si Kant lui-même eut jamais pareille intention. Ce qui est sûr, c'est que depuis Kant les transcendantalistes de toute espèce ont de nouveau partie gagnée, - ils se sont émancipés des théologiens : quelle chance! - Kant leur a montré ce chemin détourné grâce auquel ils peuvent désormais, par leurs seuls moyens et sans manquer à la bonne tenue scientifique, satisfaire les « désirs de leur cœur ». De même : qui pourrait encore tenir rigueur aux agnostiques, lorsque, en idolâtres de l'inconnu et du mystérieux en soi, ils adorent le point d'interrogation lui-même comme un Dieu? (Xavier Doudan parle quelque part des ravages qu'a provoqués « l'habitude d'admirer l'inintelligi¬ble au lieu de rester tout simplement dans l'inconnu »; il pense que les Anciens ont su éviter cela.) A supposer que ce que l'homme « connaît » ne satis¬fasse pas ses désirs, mais les contrarie et les glace, quel divin subterfuge que celui qui permet d'en accuser non pas les « désirs », mais la « connaissance » ! ... « Il n'y a pas de connaissance : par conséquent - Dieu existe » : quelle nouvelle elegantia syllogismi ! quel triomphe de l'idéal ascétique !

fr.wikisource.org Nietzsche

dimanche 13 mars 2016

vendredi 11 mars 2016

Le jeu trouble de l’Arabie Saoudite


Le royaume saoudien, que le monde soupçonne d’être l’un des plus grands sponsors du terrorisme islamiste, compte violer le droit international en allant investir dans les territoires du Sahara occidental.

Adepte de positions provocatrices et souvent belliqueuses, l’Arabie Saoudite vient mettre son nez beaucoup plus loin de son nid. Le royaume saoudien, que le monde soupçonne d’être l’un des plus grands sponsors du terrorisme islamiste, compte violer le droit international en allant investir dans les territoires du Sahara occidental.

L’information a été donnée, il y a deux jours, par l’ambassadeur d’Arabie Saoudite à Rabat. Abdelaziz El Khouja, qui a rencontré le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, le jour de la présence de Ban Ki-moon en Algérie, a en effet tenu à préciser que les investissements que comptent réaliser le royaume wahhabite au Sahara occidental sont un signe du soutien politique de Riyad à Rabat. « C’est un message fort par lequel nous exprimons notre soutien à l’intégrité territoriale du Maroc. Et notre engagement, avec tous nos moyens, au développement de ces provinces », a déclaré l’ambassadeur saoudien qui ajoutera, selon les médias marocains, que « les efforts déployés par l’Arabie Saoudite en faveur du développement économique au Maroc contribueront au développement économique de l’Arabie Saoudite ».



Le timing de cette annonce saoudienne est minutieusement choisi ; il coïncide avec la tournée qu’a effectuée le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon, dans la région. Le responsable onusien, qui s’est rendu en Mauritanie, dans les territoires libérés et en Algérie, a en effet affiché sa volonté de relancer les négociations entre les deux parties autour de l’autodétermination du peuple sahraoui. Une affirmation qui signifie que la proposition marocaine de doter le Sahara occidental d’un statut d’« autonomie avancée » n’est plus d’actualité.

Cette annone saoudienne est en réalité une réponse à l’appel à l’aide lancé la semaine dernière par le Maroc. Deux ministres marocains, à savoir Mohamed Hassad pour l’Intérieur et Mohamed Boussaid pour les Finances, ont effectué une tournée dans le Golfe pour supplier les pétromonarchies d’aider économiquement leur pays.

En contrepartie, le Maroc, seul pays africain à faire partie du Conseil de coopération du Golfe, envoie son armée combattre aux côtés des Saoudiens dans plusieurs régions du monde. Ainsi, les forces marocaines, représentées notamment par des avions de combat, pilonnent depuis plusieurs mois des localités au Yémen. Rabat avait participé, également, à la coalition internationale qui avait attaqué l’Irak en 1991.

Au-delà de la coopération économique, l’Arabie Saoudite, qui fait pourtant face à une grave crise économique due à la chute des prix du pétrole, confirme ainsi sa position d’un pays qui se mêle des conflits qui se déroulent loin de ses frontières.

Et au lieu d’aider à régler les conflits, le pays des Al Saoud sème le désordre et crée des zizanies dont personne ne veut.

Ali Boukhlef
El Watan - Jeudi 10 mars 2016

www.elwatan.com
www.yabiladi.com - L’Arabie Saoudite appuiera la marocanité du Sahara par des investissements
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