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mardi 9 février 2016

Belaid Abane : Nuages sur la Revolution

BELAÏD ABANE. AUTEUR DU LIVRE NUAGES SUR LA RÉVOLUTION, ABANE AU COEUR DE LA TEMPÊTE

Pourquoi, on continue à attaquer Abane Ramdane des dizaines d’années après la fin de la guerre de Libération nationale ?

D’abord, parce qu’il n’est pas là pour se défendre et répondre. S’il était au pouvoir aujourd’hui, on lui aurait fait la courbette. Ceux qui avait lancé des accusations et des insultes à l’adresse de Abane étaient ses adversaires d’hier, comme Ahmed Ben Bella et Ali Kafi. Kafi était l’homme d’un clan, celui du MALG. Il était l’homme de Abdelhafid Boussouf. Daho Ould Kablia était un sous-fifre du MALG. Il n’avait pas de posture importante au sein de ce mouvement. Ould Kablia était loin du temps et des lieux des événements. En 1957, année de la liquidation de Abane Ramdane, Ould Kablia n’était même pas dans la Révolution. Aujourd’hui, il parle de choses qu’il ne sait pas. Il répète les rumeurs et l’idéologie d’un clan. Il reprend le credo de l’Etat profond naissant, c’est-à-dire glorifier Abane, « mort au champ d’honneur », comme cela avait été mis en avant, et le diaboliser ensuite dès que l’on a commencé à parler de son assassinat par ses compagnons.

Et d’où venaient donc ces nuages que vous évoquez dans le livre ?

C’est d’abord la question berbériste. Il y a eu des liquidations pendant la Révolution suite à la crise de 1949. Abane avait fait face à Messali. C’est pour cette raison que les messalistes détestaient Abane. Abane déterminait la manière d’agir avec les messalistes. Et entre le FLN et le MNA, c’était la guerre. Les messalistes étaient les premiers à passer à l’acte. Je me suis intéressé aussi à la relation entre Abane et Krim pendant la période algéroise. Krim était arrivé à la Révolution à la faveur de la crise de 1949. Il devait instaurer l’ordre en Kabylie. Ensuite, la séparation entre Abane et Krim était irrémédiable, l’un est allé au Maroc, l’autre en Tunisie. Abane était accompagné de Dahleb, Krim et Benkhedda. Ensuite ce fut la rupture définitive. Après la mise en prison des dirigeants, Krim eut l’ambition de devenir le chef national de la Révolution. Abane Ramdane était également dur avec les Egyptiens. Ce qui lui avait valu également des problèmes. Les Egyptiens cherchaient à l’époque leur intérêt. J’ai développé tout cela dans le livre.

Krim était-il derrière l’élimination de Abane ?

Oui, bien sûr. On ne va se raconter des histoires. Krim est partie prenante à 100% dans l’élimination de Abane. Maintenant, je peux le dire. Et je vais le démontrer dans mon prochain livre. Le bras criminel reste Boussouf, mais avec Krim partageant l’idée de l’assassinat.

El Watan - Mardi 9 février 2016

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