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jeudi 22 octobre 2015

Verite contre amnistie de Aderrahmane Mahmoudi


L'idée n'est pas nouvelle, de nombreux responsables politiques algériens ont eu un jour a l'esprit de régler la crise par une méthode toute simple, celle qui consiste à remettre tous les compteurs à zéro. Les voleurs sont ainsi encouragés à investir en échange d'une amnistie fiscale, les égorgeurs sont pardonnes pour peu qu'ils jurent de ne plus égorger à nouveau, les menteurs seront crus à l'avenir à condition qu'ils arrêtent de mentir et ainsi de suite. Nous repartirions donc tous ensemble sur un bon pied après avoir chassé les démons du mal et établi entre nous un pacte de gentillesse mutuelle où seule prime la sauvegarde de notre beau pays.

L'idée n'est donc pas nouvelle, mais n' a jamais pu être mise en application. Non pas parce que les pouvoirs publics ne le voulaient pas, mais plutôt parce que les grands prédateurs qui régnent sur l'économie formelle et informelle de ce pays n'en ont pas voulu. Avec un pied dans le pouvoir et un pied dans les affaires, ces rapaces de haut vol n'ont jamais senti la nécessité de mettre fin à un système de rapine et de prédation qui les rend pius forts chaque jour davantage. Aussi, lorsque leur puissance a commencé à être sérieusement menacée par le pluralisme, la démocratie et le libéralisme, ils ont préféré mettre le pays à feu et à sang, en manipulant le terrorisme et en s'alliant à des puissances étrangères, plutôt que de cesser leurs pratiques prédatrices. Aujourd'hui, lorsque le Président Abdelaziz Bouteflika évoque avec de plus en plus d'insistance la question de la réconciliation nationale en tentant de lui trouver un cadre global de mise en œuvre pratique, il ne fait rien d'autre en vérité que pousser les grands prédateurs de ce pays à accepter un marché dont les termes sont à peu près ceux-là : «Vous avez pillé, vole, détourné et amassé des fortunes colossales. Pour les protéger, vous avez tué plus de 100 000 de vos concitoyens et détruit pour plus de 25 milliards de dollars. Vous vous êtes même alliés à des puissances étrangères pour conserver votre pouvoir et vos privilèges. Aujourd'hui, vous êtes donc une classe sociale au sens politique et financier du terme. Votre position au sein et en dehors du pouvoir est reconnue, mais vous ne pouvez pas aller plus loin dans votre conquête de la totalité du pouvoir.

Le Jour d'Algerie N219 Vendredi 14 Samedi 15 mai 2004

ecrivainsmaghrebins.blogspot.com - Belkheir vu par Mahmoudi


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