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lundi 12 octobre 2015

Larbi Belkheir a El Watan : La loi ne se negocie pas


Le pire a été évité vendredi dernier. La fermeté de l'Etat s'est manifestée pour la première fois depuis bien longtemps. Le FIS, qu'on a connu jusqu'ici intransigeant, s'est conformé à la loi en annulant une marche prévue de la Place des Martyrs à la Place du 1er Mai. M. Larbi Belkheir, le ministre de l'Intérieur, explique à El Watan le pourquoi du rétablissement de l'autorité et de l'Etat de droit. Il a reçu mercredi et jeudi les dirigeants du FIS pour leur demander le respect des dispositions légales en la matière.

Propos recueilli par TAYEB BELGHICHE


M. le ministre, contre toute attente, le FIS a annulé la marche prévue vendredi. Est-ce le résultat de négociations avec les autorités ou a-t-il reculé devant le communiqué ferme du ministère de l'Intérieur?

Des marches allaient être organisées le vendredi. Nous avons dit au gens du FIS qu'elles ne pouvaient avoir lieu parce que la loi l'interdit durant la campagne électorale, laquelle doit se dérouler dans le calme et la sérénité.

Par conséquent le communiqué qui était prévu pour couvrir la campagne électorale a été rendu public et les responsables du FIS en avaient prix connaissance. Maigre cela, ces responsables ont maintenu leur décision.

Des dispositions ont été prises. Il fallait absolument que ce parti n'aille pas jusqu'au bout de sa décision, d'autant plus qu'il y a 49 partis en lice pour les élections législatives. Et tous seront traités de la même manière, sur un pied d'égalité. Il ne peut pas y avoir de laxisme et ce pour permettre aux citoyens de voter dans la sérénité.

Le FIS a pourtant tenu un rassemblement à la Place des Martyrs. Etait-il autorisé à le faire ?

Oui il a été autorisé à le faire.

Dans chaque wilaya, le lieu de rassemblement a été déterminé.

Un renforcement considérable du dispositif de sécurité a été constaté. Avez-vous eu peur de dérapages ?

Le dispositif de sécurité mis en place ne visait,pas précisément le FIS. Vous verrez ce dispositif pendant toute la période électorale.

Après cette journée, est-ce que les risques de dérapages sont limités pour l'avenir ? Les élections auront elles lieu normalement ?

De toutes les façons nous œuvrons pour que les élections se tiennent le 26 décembre. Nous avons pris toutes les dispositions pour que ces élections se déroulent dans le calme. On essayera d'éviter le dérapage. S'il y a dérapage nous saurons y faire face.

Le FIS a l'habitude de tenir une semaine sur deux des réunions à Kouba en occupant les chaussées serait-il autorisé à le faire vendredi prochain ?

Il y a eu un engagement des associations des mosquées de Kouba et de Sunna pour qu'il n'y ait plus occupation de la chaussée. Il n'y a pas de raison pour que les citoyens soient empêchés de circuler sur les routes situées dans ces quartiers. Vous avez remarqué que la circulation à Bab El-Oued a été assurée normalement vendredi dernier par la police, et j'espère que ça sera le cas ce vendredi prochain à Kouba. L'essentiel est que la circulation soit fluide.

Quelles sont vos conclusions après la journée de vendredi ?

Je suis personnellement très satisfait de cette journée parce que les choses se sont passées normalement. Nous souhaitons pour le succès de la démocratie dans le pays, que tous les partis politiques jouent le jeu dans le calme.

Nous allons vers les élections, les citoyens vont donné leurs voix, aux partis qu'ils jugeront apte à gérer le pays. Quant à nous, je crois que le problème reste celui d'assurer la crédibilité de l'Etat, réussir le passage à la démocratie et instaurer l'état de droit. Par voix de conséquence, quelques soient les responsables il faut être ferme quand il s'agit de principes et quand il s'agit de loi avec lesquels on ne négocie pas.
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