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mercredi 7 octobre 2015

La deliquance juvenile feminine, un livre de Delladj-Sebaâ

Delladj-Sebaâ situe l'adolescent algérien dans le champ de forces qui le conditionne et forme sa personnalité : la famille, qui subît les mutations socio-économiques, et l'école, dont la société ne renvoie pas une imagé positive de la réussite scolaire.

Adolescence et délinquance en Algérie : la délinquance juvénile féminine est le titre de l'ouvrage que vient de publier Fatma-Zahra Delladj-Sebaâ, aux éditions " Dar El Gharb " d'Oran. L'auteur, psychologue clinicienne et enseignante-chercheur à l'Université d'Oran, a capitalisé une expérience de plus d'une quinzaine d'années de travail et de réflexion au sein de centres de rééducation de jeunes mineurs pour proposer cet ouvrage dans lequel elle met en exergue la complexité du phénomène de la délinquance juvénile dans notre pays et particulièrement chez les adolescentes. D'emblée, dès les premières pages, Delladj-Sebaâ souligne les spécificités de cette question.

« Si la délinquance dite masculine renvoie fondamentalement à des problèmes d'éducation, généralement circonscrits aux défaillances et aux déficiences de l'éducation familiale et scolaire, la délinquance dite féminine renvoie, quant à elle, à des déviations de nature morale ... Une fille séjournant dans l'un de ces centres se transforme ainsi en déviante irréversible, charriant une souillure morale indélébile », écrit-elle. Pour traiter ce sujet, l'auteur recourt aux cadres théoriques conventionnels pour montrer leurs limites avant d'explorer d'autres pistes. Delladj-Sebaâ situe l'adolescent algérien dans le champ de forces qui le conditionne et forme sa personnalité : la famille, qui subit les mutations socio-économiques, et l'école, dont la société ne renvoie pas une image positive de la réussite scolaire. Axant principalement son étude sur les adolescentes, l'auteur relève, à chaque fois, « le jugement moral » dont fait l'objet la fille à chacune de ses « déviances ».



« Un adolescent qui fume ou qui goutte à l'alcool ne commet pas cet acte avec le même degré de gravité que s'il est commis par une fille. Chez cette dernière, la déviance sociale se double d'une déviance morale, car dans l'imaginaire social, une femme qui fume ou qui boit de l'alcool est une femme hors normes », écrit elle. En se penchant sur la question du milieu et de « facilitation de la déviance », Delladj-Sebaâ rappelle que pour la seule année 2001, les services de police ont recensé 3.186 cas de fugues sur tout le territoire national, dont 975 (soit près d'un tiers) sont des filles et parle de « perversion des valeurs et de pervertissement des repères dans l'Algérie d'aujourd'hui ». Concernant l'ampleur de la délinquance juvénile féminine, l'universitaire impute cette situation aux " déficiences et aux carences propres aux institutions et organismes censés prendre en charge et traiter ce phénomène aux poids et pesanteurs des coutumes et traditions qui poussent implicitement ou explicitement a minimiser, sinon à taire ces -tares sociales- considérées comme des taches noires, souillants la pure des bases morale de la société ". L'auteur achève son ouvrage par une série de remarques et de propositions, fruits de sa longue expérience sur le terrain, sur la prise en charge des délinquantes

L'Authentique mercredi 5 juin 2002

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