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samedi 10 octobre 2015

Femmes du Maghreb


Extrait :

À première vue, les vertus chrétiennes et païennes semblent bien proches. Si l'on relit le portrait de le femme idéale tracé par Tertullien, dans son traité Sur la parure des femmes, on y retrouve les mêmes tendances que dans l'éloge de n'importe laquelle de nos païennes. L'image qu'offre Tertullien est seulement « enrichie de quelques références bibliques et de la pensée toujours présente du martyre. Mais examinons le " programme " proposé par Tertullien, quand la femme ne doit avoir d'autre alternative que de se parer de ses bonnes mœurs :
Demandez à la simplicité votre blancheur, à la chasteté votre rougeur, à la modestie le fard de vos yeux. Mettez le silence sur vos lèvres, suspendez à vos oreilles les paroles du Seigneur ; attachez à votre cou le joug de Jésus-Christ. Courbez votre tête sous la puissance de vos époux et vous voilà suffisamment parées. Occupez vos mains à filer la laine, enchaînez vos pieds à la maison, et vous plairez plus que sous l'éclat de l'or. Que la probité devienne votre soie, la sainteté votre lin, la pudeur votre pourpre ; avec ces joyaux et ces parures, vous aurez Dieu pour amant.

La morale traditionnelle, on le voit, est toujours présente, mais au service d'une nouvelle foi. Il existe, en effet, des différences importantes qu'il convient de souligner. Nous avons vu que chez les païens les vertus de chasteté et de pudicité ne sont requises que chez les femmes de condition libre, les matrones, celles qui, en fait, sont destinées à devenir des épouses et des mères. Les autres femmes sont tout à fait libres de disposer de leur corps. N'étant pas jugées dignes de devenir des mères, elles sont " indifférentes " aux yeux de la morale et du droit.



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