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mercredi 29 avril 2015

Des harkis occupent des postes importants en Algérie (M'HAMMED YAZID)

L'ancien ministre du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) a déclaré, hier, que « l'opinion française sera étonnée de savoir qu 'un nombre considérable de harkis sont restés en Algérie où ils ont mené une vie normale ».

Et de révéler dans un entretien accordé à l'Agence française AFP que « certains (harkis Ndlr) se sont glissés dans les arcanes du pouvoir et occupent aujourd'hui des postes importants ». Tout en évitant de lever le voile sur l'identité de ces commis de l'Etat, autrefois traîtres de la Révolution algérienne, celui qui a été porte-parole du FLN entre 1958 et 1962, a souligné que « les régions où ont eu lieu des exactions, des exécutions de harkis, étaient des régions où la présence de l'armée française était la plus importante ». « Dans ces régions, comme à l'intérieur du pays, dira-t-il, de nombreuses unités (militaires Ndlr) françaises se sont comportées en effaceurs de citoyens algériens ».


M'Hammed Yazid a reconnu cependant que des exécutions de harkis étaient réalisées durant les premières semaines qui ont suivi l'indépendance par des éléments qui n'étaient pas contrôlés par la direction politique et militaire de l'Algérie. Dans le même contexte, l'un des plus importants témoins de la guerre d'Algérie a attesté que « le FLN n'a jamais donné d'ordre ou couvert ces actes isolés ». Contrairement au débat engagé depuis un mois en France où le FLN est accusé d'avoir ordonné la liquidation des harkis, M'Hammed Yazid a fait remarquer que « la seule mesure prise par les responsables du FLN a été de cantonner et de protéger des harkis qui ont demandé sa protection ». Evoquant toujours les liquidations qui ont eu lieu en 1962 en Algérie, l'ancien porte-parole du FLN a rappelé qu' « après le cessez-le-feu, l'Organisation de l'armée secrète (OAS) a mené une action de liquidation d'Algériens dans les rues, les écoles et les hôpitaux ». A titre d'exemple, il a cité les massacres d'Alger, dont celui des dockers et les massacres d'Oran, qui, dira-t-il, « ont été d'une grande ampleur ». A la question de savoir pour quelle raison les accords d'Evian n'ont pas été appliqués, M'Hammed Yazid affirme que «les accords ont été dépassés par les événements ». Enfin par rapport à la spécificité des relations algéro-françaises, il a estimé qu'il est possible, quarante ans plus tard, d'effectuer « un recul nécessaire pour dépassionner le débat, mettre de côté les affectivités et avoir une approche plus sereine ». Pour conclure, M'Hammed Yazid lâche une phrase qui fera sans nul doute des vagues en France mobilisée pour la présidentielle : « Je pense que si la guerre a autant duré, c'est parce que les forces politiques de gauche socialistes et communistes, qui ont voté les pouvoirs spéciaux, ont gelé le débat jusqu'en 1958. »

L'Expression lundi 18 mars 2002
Idir DAHMANI

fr.wikipedia.org - M'Hamed Yazid
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