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lundi 20 avril 2015

Benflis aimerait rencontrer les assassins de son pere


BENFLIS AIMERAIT RENCONTRER LES ASSASSINS DE SON PERE
«Les regarder dans les yeux»

C'EST À Batna, leur ville natale, que Touhami Benflis, 57 ans, et son fils, Amar, 21 ans, sont enlevés par des militaires français, le 9 mars 1957. Leur famille ne saura rien de leur sort pendant cinq ans. En 1962, un jeune cousin raflé presque en même temps, et qui a assisté aux dernières heures des deux hommes, révèle la vérité. Lors d'un transfert dans un convoi militaire entre Batna et Biskra, après deux jours de tortures, le père a reçu un coup de poignard dans le ventre de la part d'un soldat hors de lui. Il 'agonisera pendant vingt-quatre heures. «On l'entendait hurler», rapporte le témoin. Quant à Amar, il sera victime d'une «corvée de bois» (exécution sommaire). «L'histoire de mon père et de mon frère n'a jamais cessé de me hanter, mais plus encore depuis environ un an et demi. Cela me ronge de ne pas avoir une tombe pour me recueillir», confie le Premier ministre, Ali Benflis, dans son bureau d'Alger. «Je connais les noms de leurs assassins. Il s'agit du colonel D. et du lieutenant V. J'aimerais les rencontrer et les regarder droit dans les yeux. Non pas pour me venger, mais pour savoir exactement ce qui s'est passé et tenter de comprendre comment des hommes peuvent basculer dans une pareille sauvagerie.»

In Le Monde

L'Expression Dimanche 24 Mars 2002
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