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vendredi 31 octobre 2014

Agnès Spiquel : Camus est clairement pour la fin du système colonial


Professeur de littérature à Valenciennes, Agnès Spiquel a collaboré à l’édition des oeuvres complètes de Camus dans « La Pléiade » (Gallimard). Elle a codirigé avec Raymond Gay-Crosier, un Cahier de l’Herne consacré à l’écrivain. Présidente de la Société des études camusiennes, elle lui a consacré plusieurs livres. Ici une discussion sur la relation tumultueuse de Camus avec son pays natal, l’Algérie.

lundi 27 octobre 2014

Abane Ramdane « ignore l'appartenance arabe et islamique » de l'Algerie


Le principe de « collégialité », quand il s'agit d'assumer des décisions d'une telle gravité, est d'ailleurs toujours d'actualité. C'est ce qui caractérise le système algérien. En d'autres termes, le pouvoir réel n'a jamais été incarné par un seul responsable, civil ou militaire, mais par un ensemble homogène sur le fond, qui constitue ce que beaucoup de connaisseurs des méandres du régime continuent de qualifier de « conseil d'administration », ce fameux cabinet informel composé d'hommes forts du régime, dans lequel se prennent les décisions, en dehors des institutions officielles.

jeudi 23 octobre 2014

Zo d'Axa - Les feuilles


Quand on va sa route, seul, on prend à toute occasion le plaisir de dire le mot que les gens du quartier n’osent pas. Fini le souci d’édifier des voisins et la concierge. Plus de morale ! Plus de trafic ! Assez d’attrape-clientèle ...
À l’argument de la masse, aux catéchismes des foules, à toutes les raisons-d’état de la collectivité, voici que s’opposent les raisons personnelles de l’Individu.

lundi 20 octobre 2014

Hommage au Pr Abdelrahmane Fardeheb


P.S. Après l'hommage rendu à 'Abderrahmane à Oran, un rappel du mot de Jean Jaurès :

   "Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire".




Àl’occasion du 20ème anniversaire de son assassinat, l’université d’Oran a décidé de rendre hommage au Pr Abdelrahmane Fardeheb. Un colloque de deux jours est organisé à la faculté des Sciences économiques, des Sciences de gestion et des Sciences commerciales (Belgaïd). La manifestation à laquelle un nombre important de professeurs ont pris part, se déroule à la salle des conférences, située au 1er étage. Après une série de conférences qui s’est déroulée durant toute la journée d’hier, il est prévu pour aujourd’hui une cérémonie au cours de laquelle l’amphithéâtre n° 7 sera baptisé « Amphi du Professeur Abderrahmane Fardeheb 1944-1994 ».

Ses collègues et ses anciens élèves prendront la parole, pour témoigner sur ce qu’était l’homme: progressiste, intègre et d’une rare honnêteté. Enfin, à 12h30, un dépôt de gerbe de fleurs sur la tombe du défunt est prévu au cimetière de Aïn El Beïda. Le Pr Faredeheb était un professeur universitaire et militant politique.

Ses idées de progrès et de justice sociale lui ont valu les foudres de l’extrémisme religieux, barbare et aveugle. Il a été assassiné près de sa demeure, à Dar El Baïda, un certain 29 septembre 1994.

Akram El Kébir
El Watan - Lundi 20 octobre 2014


dimanche 12 octobre 2014

La langue francaise, maillon faible de l’enseignement


Enclavement, mauvaise qualité des infrastructures, mauvais suivi de la performance des enseignants, manque de formation continue et absence d’opportunités de carrière. Ce sont autant de problèmes qui font du Sud et de l’extrême Sud des régions où il ne plaît pas aux enseignants de se fixer et de se donner à fond dans leur noble mission de formation des futures générations.

Dans cet entretien accordé à El Watan, Youcef Bouda, ancien député et ex-cadre de la direction de l’éducation de la wilaya d’Illizi, met en exergue les principales contraintes de l’enseignement dans cette wilaya reculée de l’extrême Sud.

Les résultats obtenus lors des examens nationaux restent en deça des attentes à Illizi. Qu’en pensez-vous ?

En vérité, les causes sont multiples et diverses, l’éloignement des différentes localités est l’un des obstacles majeurs qui rend les conditions d’accompagnement et d’inspection très complexes dans notre wilaya. Tamadjert, à titre d’exemple, est distante de plus de 250 km dans une seule et même commune du cheflieu de wilaya ! Sans parler de la commune de Bordj Omar Driss et ses localités éparses, elle même située à 700 km au nord de la wilaya ainsi que la commune de Djanet, à 400 km au sud. Les enseignants recrutés dans ces régions reculées sont tout de suite confrontés aux difficultés de l’exercice du métier d’enseignant dans des zones rurales sahariennes qu’ils découvrent souvent pour la première fois ; ils prennent avec eux leur ravitaillement de trois mois (jusqu’aux vacances scolaires), ils sont dans l’isolement intégral avec une absence quasi-totale d’un réseau de téléphonie fixe ou mobile, la crise d’eau potable quand le lieu d’hébergement n’est pas trop hostile et que la chaleur de la population d’accueil vient réchauffer les liens.

Il existe donc à la fois un problème de contrôle de la qualité de l’enseignement prodigué mais aussi de prise en charge des enseignants ?

Il faut bien comprendre que la direction de l’éducation ne peut à elle seule relever le défi d’améliorer les conditions des enseignants et de l’enseignement dans cet immense territoire. La responsabilité des collectivités locales dans la revalorisation du secteur par des mesures incitatives en faveur des enseignants est une réalité qu’il faut reconnaître et y mettre la volonté et les moyens. En parallèle, est venue la responsabilité des commissions ministérielles chargées d’évaluer les réformes éducatives qui doivent inspecter régulièrement les zones éparses et non seulement les chefs lieux de wilaya et de daïra pour s’enquérir de près sur les problèmes de fond auxquelles sont confrontés les élèves et leurs instituteurs affectés dans ces régions enclavées : insuffisance de la qualité de l’enseignement, mauvaise qualité des infrastructures, insuffisance de moyens matériels d’inspection des zones rurales, mauvais suivi de la performance des enseignants, manque de formation continue et absence d’opportunités de carrière font que les enseignants de ces régions se sentent négligés, ce qui crée une envie de fuir et n’encourage guère les gens à travailler et à se fixer dans le Sud et l’extrême Sud.

Quelles sont, selon vous, les causes de cette baisse très inquiétante du niveau des élèves et particulièrement en langues étrangères ?

La loi 08-04 du 23 janvier 2008 portant loi d’orientation sur l’éducation nationale, insiste sur la scolarisation obligatoire des enfants dès l’âge de 6 ans, et ce, jusqu’à 16 ans afin de concrétiser «le principe de l’égalité des chances» en matière d’enseignement, et selon les dispositions prévues par cette loi, les parents qui manquent à l’obligation de scolarisation de leurs enfants, sans justification, peuvent faire l’objet de poursuite judiciaires. Or, contrairement aux élèves des autres régions du pays, les élèves de cette wilaya ne passent pas l’épreuve de français à l’examen de fin de cycle primaire, une situation qui est devenue courante au cours des dernières années en raison du manque cruel d’encadrement dans l’enseignement de la langue de Molière. Dans ce cas précis, les parents sont en droit de demander des comptes à qui ? A mon avis, la langue française reste le maillon faible de l’enseignement dans notre région, elle pénalise à vie nos enfants. Je m’explique, la langue doit être acquise durant le cycle primaire, or nous manquons cruellement d’enseignants.

Lors de votre mandat à l’APN vous avez demandé au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de l’époque, des mesures exceptionnelles en faveur des bacheliers de la wilaya d’Illizi. Quelles sont elles ?

J’ai particulièrement recommandé de donner une chance aux étudiants de la wilaya d’Illizi pour s’inscrire aux instituts, écoles supérieures et autres filières clés, avec la possibilité de doubler la 1re ou 2e année. J’ai argué que nos bacheliers avaient besoin d’un temps d’adaptation à la cadence des études de ces filières, aux langues d’enseignement et que le taux de chômage a atteint des proportions alarmantes particulièrement parmi les jeunes diplômés dans les filières généralistes des sciences humaines sans qu’une politique de recrutement de ces derniers soit mise en place, ce qui ne motive pas les élèves de poursuivre leurs études de graduation, mais malheureusement cela n’a pas marché.

Bouda Brahim
El Watan - Samedi 11 octobre 2014

mercredi 8 octobre 2014

Segregation aux oeuvres universitaires de Constantine


Erreur, écart de langage ou, tout simplement, lapsus révélateur ? Les services des oeuvres universitaires de la wilaya de Constantine viennent de commettre l’innommable à travers une note affichée dans tous les campus et résidences de la wilaya, obligeant les « étudiants du Sud » à fournir un certificat de bonne santé avec les résultats de tests sanguins pour prétendre à une chambre universitaire au nord du pays. Une note jugée raciste et discriminatoire.

Réactions.

Mebrouk Berchaoui, étudiant en économie à la faculté de Tamanrasset, condamne, au nom de tous les étudiants issus du sud du pays, la note émanant du directeur des services universitaires de la faculté de Constantine, obligeant chaque étudiant du Sud au même titre que les Africains de présenter des certificats d’analyses médicales attestant qu’ils ne sont pas porteurs de maladies contagieuses comme la malaria, le sida, l’hépatite virale et la tuberculose. La note adressée par le directeur des oeuvres universitaires, une première dans les anales du monde universitaire algérien, indique que chaque étudiant concerné par cette démarche ne peut en aucun cas obtenir une chambre universitaire sans l’attestation médicale. En réaction à cette note, plusieurs étudiants issus du Sud algérien (Bordj Badji Mokhtar, Ouargla, Béchar et Tamanrasset) ont condamné la décision du directeur en question. Plus cinglants encore, des étudiants, à l’image de Mebrouk Berchaoui (qui prépare un mastère à l’université de Tamanrasset), ont qualifié la note de « honteuse ». « Des contacts ont été effectués entre plusieurs unions des étudiants du Sud (Union des étudiants de Béchar avec celle d’Adrar) afin de réagir ensemble à cette note de la honte», explique Mebrouk Berchaoui. Il ajoute : « Nous ne pouvons pas nous taire devant une telle démarche méprisable et méprisante qui reflète une sorte de racisme qui fait son apparition dans notre pays. Nous nous demandons comment ce directeur a osé afficher une telle note, alors que les répercussions sont considérables et peuvent même engendrer des résultats négatifs». Pour Mebrouk Berchaoui, qui est natif de Bordj Badji Mokhtar, la décision du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en réaction à cette avilissante note, de faire passer le directeur en conseil de discipline, n’est guère suffi sante. Des sanctions lourdes devraient êtres prises à son encontre suite à la diffusion de la note en question, précise le jeune étudiant.

Sofiane Abi
El Watan - Mercredi 8 octobre 2014


vendredi 3 octobre 2014

Les parents des victimes du 5 Octobre

Les parents des victimes du 5 Octobre exigent un statut particulier pour leurs enfants

« Les victimes du 5 Octobre 1988 méritent une considération et doivent être réhabilités dans leurs droits. Nous voulons un statut et une reconnaissance», crie la maman de Hakim Hamoudi, l’un des premiers jeunes tués lors des événements d’Octobre 1988. « Nous n’acceptons plus ces miettes de 2000 DA comme pension de nos enfants. Nos enfants ne sont pas à vendre et rien ne pourra nous faire oublier ce crime commis contre les demandeurs de démocratie et de changement», ajoute-telle.

L’Etat, affirment d’autres parents, doit reconnaître ce qu’il a fait de nos enfants et doit leur donner leurs droits.

khaled nezzar le premier criminel de guerre arabe
khaled nezzar le premier criminel de guerre arabe

« Pourquoi lorsque je me balade à Alger je remarque des rue qui gardent encore les noms des Français ? Pourquoi l’Etat ne reconnaît pas nos enfants comme des martyrs de la démocratie ? Pourquoi ne pas donner les noms de ces martyrs à des institutions pour que la nouvelle génération n’oublie pas leur sacrifice ? » s’interroge une maman. Elle exige, tout simplement, un statut et une reconnaissance morale.




N. O.

El Watan Week-end Vendredi 3 octobre 2014

jeudi 2 octobre 2014

50 ans de l'independance de l'Algerie


Cette bibliographie est réalisée à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie. Elle se divise en quatre parties :
- la période pré-coloniale
- la colonisation
- la guerre d'Algérie
- l'indépendance, ses conséquences et l'Algérie aujourd'hui
Les témoignages occupent une place importante dans les documents mis en avant. Nous avons privilégié parmi les œuvres de fiction celles traitant spécifiquement de l'Algérie ou de l'immigration algérienne en France.
Cette sélection comporte des livres, des disques de musique, des films, et aussi des documents jeunesse.
Vous trouverez enfin dans ce document un focus sur la littérature algérienne contemporaine.
Des photographies tirées en partie des collections des bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris illustrent cette bibliographie.
Nous espérons qu'elle sera l'occasion de découvertes et d'approfondir pour tous les multiples aspects et problématiques des relations étroites et anciennes entre la France et l'Algérie.

Evocation Djamal Amrani 20 aout 1935 – 2 mars 2005

Djamal Amrani ménestrel radical, il rime comme il respire. La poésie fuse de son regard, de ses mains, de ses pores et la voix qui souvent, à la radio ou devant un auditoire, la porte, des fois en compagnie de Azedine Madjoubi, Leila Boutaleb ou Ghafria Guedouche, est faite de granit. Il est venu à cet art majeur avec la ferveur et la magnificence d’un prophète portant son Algérie en viatique, en habit inextinguible. Il est pour nous qui l’avions connu un homme qui a effeuillé les douleurs les plus intenses, les tortures les plus abominables et cela autorisait à nos yeux toutes les extravagances, ou ce que nous prenions comme telles. En effet, c’est quoi un poète sans ces excentricités ?

Ce sont justement des détails que l’on ne peut séparer de la vie et des vécus des gens inspirés. Tahar Djaout le décrit ainsi dans un article publié dans « Algérie Actualité » du 8 au 14 juillet 1982 « De tous les « poètes de la Révolution », Djamal Amrani est celui qui a le plus tenu ses promesses.
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