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mercredi 8 octobre 2014

Segregation aux oeuvres universitaires de Constantine


Erreur, écart de langage ou, tout simplement, lapsus révélateur ? Les services des oeuvres universitaires de la wilaya de Constantine viennent de commettre l’innommable à travers une note affichée dans tous les campus et résidences de la wilaya, obligeant les « étudiants du Sud » à fournir un certificat de bonne santé avec les résultats de tests sanguins pour prétendre à une chambre universitaire au nord du pays. Une note jugée raciste et discriminatoire.

Réactions.

Mebrouk Berchaoui, étudiant en économie à la faculté de Tamanrasset, condamne, au nom de tous les étudiants issus du sud du pays, la note émanant du directeur des services universitaires de la faculté de Constantine, obligeant chaque étudiant du Sud au même titre que les Africains de présenter des certificats d’analyses médicales attestant qu’ils ne sont pas porteurs de maladies contagieuses comme la malaria, le sida, l’hépatite virale et la tuberculose. La note adressée par le directeur des oeuvres universitaires, une première dans les anales du monde universitaire algérien, indique que chaque étudiant concerné par cette démarche ne peut en aucun cas obtenir une chambre universitaire sans l’attestation médicale. En réaction à cette note, plusieurs étudiants issus du Sud algérien (Bordj Badji Mokhtar, Ouargla, Béchar et Tamanrasset) ont condamné la décision du directeur en question. Plus cinglants encore, des étudiants, à l’image de Mebrouk Berchaoui (qui prépare un mastère à l’université de Tamanrasset), ont qualifié la note de « honteuse ». « Des contacts ont été effectués entre plusieurs unions des étudiants du Sud (Union des étudiants de Béchar avec celle d’Adrar) afin de réagir ensemble à cette note de la honte», explique Mebrouk Berchaoui. Il ajoute : « Nous ne pouvons pas nous taire devant une telle démarche méprisable et méprisante qui reflète une sorte de racisme qui fait son apparition dans notre pays. Nous nous demandons comment ce directeur a osé afficher une telle note, alors que les répercussions sont considérables et peuvent même engendrer des résultats négatifs». Pour Mebrouk Berchaoui, qui est natif de Bordj Badji Mokhtar, la décision du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, en réaction à cette avilissante note, de faire passer le directeur en conseil de discipline, n’est guère suffi sante. Des sanctions lourdes devraient êtres prises à son encontre suite à la diffusion de la note en question, précise le jeune étudiant.

Sofiane Abi
El Watan - Mercredi 8 octobre 2014


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