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dimanche 18 août 2013

Ali Benhadjar


TRÈS DISCRET, l'ancien émir au GIA refuse de confirmer que des éléments de l'ex-FIS éprouveraient de la sympathie pour Ali Benflis.

Ali Benhadjar a hanté les redoutables maquis de Médéa entre 1993 et 2000. Dans un long entretien accordé au journal londonien Al-Hayat, il revient sur des événements dont il a été le témoin direct. Il revient également sur les sujets brûlants du moment. Ainsi, tout comme il s'était démarqué du GIA, depuis l'assassinat de Redjam et Mohamed Saïd et la radicalisation de ce mouvement sous la férule de Djamel Zitouni, il continue de se revendiquer de l'ex-FIS. L'homme, qui a profité de la grâce amnistiante depuis qu'il a rejoint les rangs de l'AIS, indique que son « parti prendra la décision qu'il faut à propos de la présidentielle au moment opportun ». Il n'en ajoute pas moins, rejoignant les grandes lignes du plan de paix de Abassi Madani, qu' « un report est nécessaire puisqu'un nouveau mandat, quel qu'en soit le bénéficiaire, dans la situation actuelle, ne résoudrait pas la crise. Une crise qui est loin de se confiner au simple conflit apparu entre Bouteflika et Benflis ». A ce propos, justement, Benhadjar, qui donne l'air d'avoir gardé des contacts importants au sein des rangs de l'ex-FIS pour en avoir été député de Médéa avant l'annulation du scrutin, indique ne rien savoir du fait que « des éléments de ce parti éprouveraient assez de sympathie pour voter en faveur de Benflis depuis qu'il a eu le courage de démissionner de son poste de ministre de la Justice lors de la période noire des camps du Sud » et dont le concerné avait été une des victimes. Dans le même cadre, Benhadjar, en dépit de la grâce amnistiante qui en a fait un citoyen à part entière malgré tout ce qu'il a fait, donne l'air de ne pas avoir assez reçu. Il refuse en effet de lancer un appel à la reddition des éléments du GIA qu'il combattait il n'y a pas si longtemps de cela. Il estime que ces gens, de même que ceux de l'AIS, restent « privés de leurs acquis (politiques ?), de leurs droits et de leur dignité ». Benhadjar, dans des révélations qui restent quand même à vérifier, a souligné qu'il a vengé « indirectement l'assassinat de Mohamed Saïd et Redjam lors d'une embuscade tendue à un groupe du GIA et durant laquelle Zitouni a été abattu en même temps que deux de ses principaux lieutenants ».

Il explique qu'à la mort de Gousmi, émir du GIA, ce n'est pas l'anonyme Zitouni qui devait prendre la succession, mais plutôt Mahfoud Tadjine, accusé par la suite d'être proche du mouvement djazaâriste, qui a, par la suite, fini par être littéralement éradiqué sur le territoire national. Zitouni, que Benhadjar soupçonne de rouler pour d'autres causes et intérêts, s'est fait connaître depuis l'assassinat d'un gendarme à l'ambassade de France et le vol d'une Douchka sur un navire de guerre.

Benhadjar, mettant fin à pas mal de spéculations et accusations, confirme également que c'est Zitouni qui se trouve derrière l'enlèvement et l'assassinat des moines de Tibehirine. Il précise, toutefois, que comme pour toutes les autres opérations d'envergure, « il avait fait appel à des katibate venues d'autres régions du pays depuis que celle que (Benhadjar dirigeait) avait refusé de prendre part à cet enlèvement ».


L'Expression lundi 19 Janvier 2004

jeudi 8 août 2013

Le Salafisme Socialiste


Quoi qu'il en soit, l'Islam vidé de son esprit révolutionnaire peut servir à n'importe qui, y compris à la néo-bourgeoisie affairiste et gloutonne représentée notamment par l'auteur d'un ouvrage paru en langue nationale en 1980 à la S.N.E.D. : Sihâm al-Islâm. Ce livre a été jugé injurieux et insidieux à tel point que l'auteur (un « imam ») a eu droit à deux articles-réponses (30) on ne peut plus justes et cinglants. Le premier s'étalant sur presque toute la page, de la plume du Secrétaire général de l'Organisation nationale des Mujâhidïn, a paru dans « Al-Chaab » le 19 mai 1980 ; le second a été publié par la revue de l'Armée nationale populaire « El-Djeich » en juin 1980 sous le titre plus révélateur : « Les flèches empoisonnées » (l'autre titre était : « Que les musulmans se méfient de certains de leurs ulama (savants religieux) égarés ! » De quoi il retourne au juste ? D'emblée, disons que cet ouvrage est bourré de contradictions dues, d'une part, au fait qu'aux yeux de l'auteur, « L'Islam est une compagnie par actions, une entreprise commerciale et industrielle » voire une « multinationale » (sic) comme le relève El-Djeich (p. 47) et d'autre part à sa conception de l'homme musulman englué dans une effroyable opacité. Par exemple, si cet « imam » refuse d'octroyer la qualité de Mujâhid (Combattant de la Foi) à celui qui a combattu le colonisateur durant la Révolution armée et ce, pour des considérations largement fausses (dans la mesure où la majeure partie des Mujâhidin vivent dans la gêne), cet « imam » ne reconnaît pas non plus la qualité de chahîd (Martyr de la Foi) à celui qui a été tué dans le combat, avouant ainsi qu'il avait pu lire dans le cœur de tous ceux qui sont morts pour libérer le pays.

En un mot, cet écrivassier à la solde de l'affairisme bourgeois et de l'impérialisme rejette le concept de jihâd et tout ce que cela peut impliquer quant à la Guerre d'émancipation nationale ... C'est qu'il veut nous prouver qu'il connaît mieux que quiconque l'essence même de l'Islam. Examinons un peu la question à la lumière de l'Islam véritable. L'on sait que certains Compagnons du Prophète Mohammed (notamment ceux de l'entourage du troisième des khalifes al-Richidûn, 'Uthmân Ibn Affân) n'avaient pas hésité de s'enrichir au détriment des deniers de la Umma : Abderrahmane Ibn Awf, par exemple. D'ailleurs, l'assassinat de 'Uthmân a pour cause fondamentale le fait qu'il ait favorisé le clan quraïchite des Banu Abd al-Chams (dont Marwân et surtout Mu'awiyya). C'est ce dernier, d'ailleurs, qui confisquera plus tard le pouvoir à l'illustre Ali, aggravant ainsi la Fitna (épreuve) suscitée par le meurtre du khalife 'Uthmân.

Les faits sont têtus, dit-on, et cela est vrai. Mais il convient de les replacer dans leur contexte dialectique en y intégrant l'homme. Autrement dit, il y a les hommes qui s'arrêtent à mi-chemin, croyant qu'ils sont parvenus au but, parce qu'ils n'ont pas été capables de faire véritablement la Révolution en eux-mêmes, et puis il y a les autres, tels par exemple 'Umar Ibn al-Khattab et Abu Dhar al-Ghifâri. Le premier, grièvement blessé, à la suite d'un attentat, n'a point hésité de livrer son propre fils à la justice, alors qu'il n'avait fait que venger son père. Le second, bien qu'il fût l'un des premiers Compagnons (le cinquième, dit-on) du Prophète et le plus estimé par celui-ci, n'avait pour linceul, le jour de sa mort, alors qu'il se trouvait en exil dans un effroyable désert, que son unique habit ... C'est que toute sa vie durant cette figure attachante de l'Islam ne cessait d'œuvrer contre l'arbitraire, l'oppression, l'injustice et les fortunes insolentes. Là où il passait à Damas, à l'époque où Mu'awiyya était Gouverneur de la Syrie, Abu Dhar al-Ghifâri a fini par faire perdre le sommeil à ce dernier, en récitant inlassablement le verset suivant : « A ceux qui thésaurisent l'or et l'argent et ne font point dépense dans le Chemin d'Allah, fais gracieuse annonce d'un tourment cruel » (ix, 34). Il n'est peut-être pas superflu de préciser que c'est sur l'intervention de Mu'awiyya de plus en plus insistant, que 'Uthmân, après maintes hésitations, avait fini par exiler Abu Dhar al-Ghifâri. En tout état de cause, les uns comme dirait le Prophète Mohammed, pratiquent le petit jihâd (exclusivement la lutte armée) et les autres le Grand jihâd (al-jihâd cd-akbar) qui à la limite se confond et avec les intérêts supérieurs de la collectivité et avec la victoire sur soi-même. Mais il y a lieu de reconnaître que le Grand jihâd ne peut être mis en œuvre qu'après avoir échappé à la mort, au martyre.

30. Cf. aussi F. Cherkit, « L'Islam dans le débat culturel », Révolution Africaine, n° 894, 10 avril 1981.

Abdelghani Megheni
Culture et personnalite algerienne de Massinissa a nos jours
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