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mercredi 30 janvier 2013

Des hommes de l'ombre de Mohamed Lemkami


Sous le titre « les hommes de l'ombre », les éditions ANEP viennent de publier un ouvrage de plus de 500 pages, signé Mohamed Lemkami. Un document précieux présenté par l'auteur comme étant « des mémoires d'un officier des services spéciaux du Ministère de l'Armement et des Liaisons Générales MALG ».

A plus d'un titre, ce document est un véritable outil de recherche pour les historiens, notamment ceux penchés sur les activités des services spéciaux algériens durant la guerre de libération nationale. Même si l'auteur, dans un de ces derniers entretiens, ne cache pas le fait de « s'être volontairement autocensure », il n'en demeure pas moins que l'ouvrage de Lemkami, « brise » le tabou de l'occulte, du secret, et du mystère qui a toujours entouré et qui continue d'entourer le personnage de feu Abdelhamid Boussouf, notamment les aspects liés à sa vie, ses oeuvres et les hommes qui l'entouraient. Même si l'auteur ne consacre qu'un seul chapitre à son passage dans les services secrets, ses mémoires lèvent le voile sur les premières structures façonnées, dans la clandestinité, par Abdelhamid Boussouf, le patron des services de renseignements pendant la guerre de libération.

« On sait encore peu de choses sur la guerre de l'ombre et sur laquelle continue de peser la figure de Boussouf. Il faut bien préciser qu'il s'agissait d'une guerre de l'ombre contre le système colonial et rien d'autre », disait-il dans ce même entretien.

vendredi 25 janvier 2013

Nahnah, 9000 ans avant J.C ! par Hakim Laalam


Nahnah, hacha el massih, connaît un tout petit bout de l'histoire du calvaire du christ. Il sait que Jésus a été crucifié sur une croix de bois. Ah ! le bois, cette noble matière dont sont généralement faits les poteaux. Ah ! les poteaux. Voilà résumée l'envergure de Nahnah. Pour la religion, pour le message divin dans sa pluralité, pour l'amour du prochain dans ses différences, circulez, y a rien à voir au pays des nahnaheries. Soyons sérieux, Mahfoud, hacha El Kanissa, a déjà vécu son rêve le plus fou grâce à la complicité du régime : faire de la politique. Car jamais, au grand jamais, abadan, au grand abadan, cet homme, plus proche de l'arboricole que de l'énarque, n'aurait pu accéder à un poste de leader de parti. L’Algérie des compromissions, l'Algérie des calculs de laboratoire qui escomptait à l'époque affaiblir le FIS en lui inventant des "frères ennemis", cette Algérie a fait Nahnah. Le fait est donc là : Mahfoud fait de la politique, sa politique. Depuis cette promotion, l'homme à la sandale dans la tronche considère que chaque jour qui passe est tout bénef pour lui. Son numéro marche. Son carnet de commande est plein. Il est en tournée permanente. Sur telle place publique, il cible la femme. Dans telle salle de spectacle, il se donne en spectacle et glousse libidineusement à ses propres vannes. Dans tel madjliss echoura, il s'en prend à la presse et lui reproche, à elle, d'être à l'écoute des voix et de s'abreuver à des sources. Le comble pour une créature qui vend de l'islamisme intégriste au grand public tout en allant en catimini chercher ses consignes sous pli fermé dans de grands domaines protégés par de grandes enceintes, avec de grands miradors et de grandes oreilles partout. Mais ne soyons pas regardants. Ce politique, hacha la politique, croit insulter la Kabylie en traitant l'un de ses leaders de massihi. Dans l'islam de Mahfoud, la chrétienté est donc une insulte. Les hommes de foi, les hommes de religion, les exégètes et les mudjtahidine fi eddine apprécieront. Moi, qui ne suis qu'un profane, je me contente juste de fumer du thé et de rester éveillé, le cauchemar continue.

H. L.
Le Soir d’Algérie dimanche 28 juillet 2002

mardi 22 janvier 2013

Fatiha Boukerche

Lauréate du concours de la nouvelle organisé par le Forum de la femme méditerranéenne 2002, Fatiha Boukerche s'emploie dans son écriture juvénile et débutante à faire entendre sa voix, une voix de femme qui parle de son vécu.

Liberté : Vous avez trois passions. Lesquelles ?

Fatiha Boukerche : J'étais artiste peintre avant de me lancer dans l'écriture, et je suis également archéologue de formation. Je travaille à Tipasa, au sein du bureau du patrimoine culturel et archéologique de la ville. Donc, je me consacre à trois passions.

Comment vient-on à l'écriture quand on a votre âge ?

L'écriture est venue grâce au concours lancé par le Forum des femmes méditerranéennes qui, depuis 1996, se déroule chaque année à Marseille. C'est par le biais de l'association algérienne Femme en communication, présidée par Mme Nafissa Lahrach, directrice du magazine Ounoutha, que j'ai pu participer à ce concours. Mais en réalité, j'écrivais bien avant cela. Lorsque la nécessité de commenter mes tableaux s'est imposée, je me suis rendu compte que j'avais des aptitudes en ce qui concerne l'écriture, alors j'ai décidé de cultiver et de développer ce don en participant à ce concours et, donc, en écrivant une nouvelle que j'ai intitulée Talisman.

samedi 19 janvier 2013

Il faut liberer l'esprit de nos enfants

Salim Souhali est de ces Algériens jaloux jusqu’à la folie, du devenir de son pays. Il est de ceux qui se sont sacrifies pour la réhabilitation de la culture dans une société qui a perdu ses valeurs. " Une société a l'envers " aime-t-il a répéter. C'est en premier lieu un artiste-peintre accompli, il est aussi le fondateur ( un parmi tant d'autres ) du mouvement théâtrale dans les années 70 dans les Aurès a la maison de la culture. Il a son actif une dizaine de pièces théâtrales. H'na houma h'na ( nous c'est nous ), Khalfdour, Fen oua afen, La caravane passe ( Hafila tassir ), Mohamed Afehloul. Il est caricaturiste en même temps, il a eu l'occasion d'exercer son talent dans l'hebdomadaire L'Aurès. Il a aussi une somme appréciable de livres pour enfants : Massinissa, Takfarinas, Yugurtha, Yuba I, Yudas roi des Aurès ... ainsi qu'une BD sur les événements de 1916 dans les Aurès, conduite par Amrou Oumoussa.

Malgré les écueils, l'homme poursuit ses recherches en musicologie et chants amazighs a travers les régions de Ouargla, du Hoggar, des Aurès, et de la Kabylie.


Ses oeuvres seront bientôt éditées. En d'autres termes, l'artiste, et c'est pour dire, est un génie en son genre. Seulement, la politique des charges du secteur culturel le persécute afin d’anéantir et réduire ses activités pour la simple raison qu'il croit a ce que la culture " reste un acte quotidien ". Il milite pour l’émancipation de la société et l’éducation des masses. Il est le pionnier de la chanson chaouie, il est aussi auteur-compositeur avec trois cassettes : Thaziri. Il a aidé et lance plusieurs chanteurs a l'image de Katchou, Massilia, Ranida et le groupe Igoudher, etc. Salim avoue souffrir de la marginalisation parce qu'il n'aime pas être " un pantin " ni jouer au " fou du roi ". Il n'aime pas chanter dans les " cérémonies de mariages des responsables ". Il refuse la culture qui ne fait pas changer l’être et qui le détruit. Salim Souhali n'est pas uniquement chanteur. Il est peintre, caricaturiste, parolier, musicien, dramaturge. En un mot, un artiste avec un grand " A ". Salim Souhali fait partie de ces pionniers qui ont brillé malgré des conditions et un milieu hostiles contre toutes formes d'expression lorsqu'elles ne sont pas conformes a la " vue unique " et rétrograde. Il reste cet artiste très discret dans sa vie et dans son travail. Actuellement, son hobby reste la musicologie. Depuis une quinzaine d’années, il ne cesse de fouiner dans les profondeurs de la musique algérienne. Comme pour bien étayer ses dires, il ouvre une parenthèse sur ces gardiens de la tradition que sont les " Irahaben " (les rahabas). Cette culture orale et millénaire n'a jamais fait l'objet d'une quelconque recherche. Il exhorte le ministère de la Culture d'entreprendre la préservation de cet énorme patrimoine grâce a l'enregistrement. Comme il dénonce l'instrumentalisation de la culture par les pourvoyeurs d’idées rétrogrades ... Il se livre a nos lecteurs a coeur ouvert sur l’état de la culture.

vendredi 18 janvier 2013

Des dictatures qui ne tiennent qu'a un fil


Depuis les années 1960, la France confisque l’indépendance de ses anciennes colonies africaines en y maintenant un système d'exploitation clientéliste et néo-colonial. Mise en place de dictateurs (complicité de coups d'Etat, fourniture d'armes et de mercenaires), soutiens politique, économique et militaire a ces régimes, silence face aux exactions et crimes qu'ils perpètrent, validation d’élections truquées, sont encore aujourd'hui les activités de prédilection de la diplomatie française en Afrique.

En effet, malgré les discours moralistes et parfois moralisateurs des présidents français (Mitterrand puis Chirac, ces 25 dernières années), la France continue de manifester un fort niveau de tolérance a regard de la dictature , tant qu'elle est pratiquée loin des frontières européennes. II y a 150 ans, l'esclavage a été aboli grâce a la prise de conscience collective de son caractère abominable. Combien de temps faudra-t-il attendre pour qu'il en soit de même pour les tyrannies néo-coloniales ? Qu'il nous soit donc permis de crier notre ras-le-bol de ces régimes françafricains, non seulement parce certains d'entre eux sont dans le peloton de tête de l' " indice des gouvernements inhumains ", mais surtout parce que leur perpétuation écrasante ne tient le plus souvent qu'a un fil : le câble diplomatique, sécuritaire et financier qui les relie a l’Élysée. II s'agit de dénoncer ce renoncement des gouvernants français aux principes démocratiques universels dont il n'y a pas de raison que l'Afrique soit écartée. La France doit rompre les liens organiques établis avec les Etats bandits africains.

jeudi 17 janvier 2013

L'armee algerienne reconnaitra tout President sorti des urnes, meme si ce sera un islamiste


Les propos tenus par le " boss " de l'armée algérienne, dans l'interview qu'il a accordée à l'hebdomadaire français le Point, ont été longuement et minutieusement analysés par les politiques, les experts, les journalistes spécialisés et les observateurs européens.

Que peut-on retenir de ces analyses " bruxelloises " ? Sur la fameuse sentence : " L'armée algérienne reconnaîtra tout Président sorti des urnes, même si ce sera un islamiste ", le général de corps d'armée a voulu — que l'on ne s'y trompe pas — sciemment lancer des messages clairs et précis aux partenaires occidentaux de notre pays. L'Algérie ne peut, par ailleurs, intégrer le dialogue méditerranéen de l'OTAN, revendiquer, à juste raison, d'ailleurs, un autre cadre que celui standard en cours présentement et ne pas se conformer aux règles et mécanismes régissant ce genre de traité. Et, à ce niveau, les choses sont claires : les missions des armées (algérienne, belge, néerlandaise, française ou même américaine) ne doivent, en aucune façon, porter atteinte au principe — sacré — de la séparation des pouvoirs. Les militaires n'ont pas — ils l'auront de moins en moins, ici ou ailleurs — à gérer la chose politique ou à interférer dans le fonctionnement des institutions civiles. Supposer ou même souhaiter que Lamari puisse s'exprimer, et sur ce plan, autrement reviendrait à vouloir isoler, et durablement, l'Algérie.

lundi 14 janvier 2013

Des origines a la Kahina


Les Chaouis aideront non seulement Massinissa à chasser les Phéniciens mais aussi à constituer un empire amazigh de Tripoli à la Moulouya.

La mise en évidence du rôle que joua toujours le noyau de la Numidie (Aurès et Constantinois) dans le destin de notre pays, confirme et renforce les fondements de l'algérianité, seule « constante » inscrite dans le sens de l'histoire.

Origines

L'Aurès, habité dès la nuit des temps et, à partir du néolithique, par une population de type capsien (du nom de Gafsa, là où ce type physique fut localisé pour la première fois, comme on dit de l'Atérien ou Levalloisien, etc.). L'Aurès recèle des restes humains de type capsien du dj. Fortass (nord d'Aïn M'iila) au dj.

Rafaa (monts de Belezma), mais également dans différents endroits reconnaissables aux amas, des sortes de collines faites de coquillages, notamment d'escargots, que l'on appelle en arabe « ramadhiates » (cendrières) et « escargotières » en français.

Ces habitations préhistoriques se trouvent en grandes quantités en dur dans les plaines lacustres dans les régions des lacs et troglodytes dans les grottes et falaises (d'où le mot : Afri - Ifri - Ifren, qui a donné Africa. Mot qui s'appliquera ensuite à tout le continent).

Le type capsién, qui s'étendra d'Est en Ouest à travers toute l'Afrique du Nord, en suivant les hautes plaines et l'Atlas saharien, est reconnaissable à ses traits fins, sa haute stature, à son crane dolychocéphale (visage et têle allongés).

Il sera souvent distingué par les anthropologues de son compatriote Tlbéro-maurusien, lui, qui aurait de tout temps habité grosso modo l'Atlas Tellien et reconnaissablé à certains traits physiques : brachycéphale, c'est-à-dire face large ou ronde, taille moyenne ou petite, costaud, râblé.

Dans les vastes et riches plaines du Nord, de N'gaous (Nicivus) à Baghaïa, l'Aurès fut le berceau de la célèbre dynastie des Massyles. Comme il fut la région qui constituera le noyau de la future Numidie. Enfin. Celui qui donnera naissance au grand Agellid Massinissa.

Et pour témoigner de leur origine et marquer leur attachement à cette région, les Massyles élèveront un tombeau royal au IIIe siècle avant notre ère. C'est le fameux Imedghassen, entre Aïn Yagout et El-Madher au Nord de Batna. Monument qui sera le génie propre de la population locale. Comme ils élèveront un monument à Massinissa à El-Khroub. Il est à noter que ce même genre de construction (Imedghassen) se trouvera renouvelé au IIe siècle avant notre ère à Tipasa.

Rappelons que ce type de sépulture persistera bien au-delà, jusqu'au VIe siècle de notre ère, avec les Djeddars des environs de Tiaret ou le mausolé de Tin Hinan découvert dans le Hoggar au XIXe siècle.

Romains -146/+435 :

Tel que défini, l'Aurès restera indépendant jusqu'au IIe siècle ap. J.C.. Il ne subira l'influence phénicienne qu'au travers de quelques apports religieux et économiques, transmis par l'élite autochtone.

Rappelons que le mot « chaoui » n'existait pas encore.

Ce sont les Arabes qui, à la vue d'immenses troupeaux de moutons et à la transhumance de certaines tribus, leur donneront ce nom à partir du XIe siècle. Mais, pour une plus simple commodité, nous emploierons ce mot chaoui malgré sa connotation péjorative pour certains.

Bien sûr, les Chaouis (donc !) aideront non seulement Massinissa à chasser les Phéniciens mais aussi à constituer un empire amazigh de Tripoli à la Moulouya.

Mais également Yughurthen qui y trouvera refuge et renfort lorsqu'il se soulèvera contre la trop forte présence romaine (-112/ - 105). De même qu'ils se rebelleront en l'an 69 contre Juba II (roi amrazigh jugé trop inféodé aux Romains), comme ils appuieront la révolte des Musulames menée par Tacfarinas (+17 /+ 24) contre l'empereur Tibère.

En somme, les Chaouis quand ce n'est pas pour eux-mêmes, c'est par alliance ou par patriotisme qu'ils sont constamment amenés à lutter pour l'indépendance du pays.

Sources : document d'archives HCA

vendredi 11 janvier 2013

Le manifeste censure de Camus

Il est difficile aujourd'hui d'évoquer la liberté de la presse sans être taxé d'extravagance, accusé d'être Mata-Hari, de se voir convaincre d'être le neveu de Staline.

Pourtant cette liberté parmi d'autres n'est qu'un des visages de la liberté tout court et l'on comprendra notre obstination à la défendre si l'on veut bien admettre qu'il n'y a point d'autre façon de gagner réellement la guerre.

Certes, toute liberté a ses limites. Encore faut-il qu'elles soient librement reconnues. Sur les obstacles qui sont apportés aujourd'hui à la liberté de pensée, nous avons d'ailleurs dit tout ce que nous avons pu dire et nous dirons encore, et à satiété, tout ce qu'il nous sera possible de dire. En particulier, nous ne nous étonnerons jamais assez, le principe de la censure une fois imposé, que la reproduction des textes publiés en France et visés par les censeurs métropolitains soit interdite au Soir républicain (le journal, publié à Alger, dont Albert Camus était rédacteur en chef à l'époque), par exemple. Le fait qu'à cet égard un journal dépend de l'humeur ou de la compétence d'un homme démontre mieux qu'autre chose le degré d'inconscience où nous sommes parvenus.

jeudi 10 janvier 2013

Democratie revolutionnaire


Entretien avec Charlie Bauer, qui se définit comme révolutionnaire professionnelle après avoir passé 25 ans en prison pour des actes politiques. Il se prononce sur la démocratie, les élections présidentielles françaises et, bien sur, la révolution. Je le trouve beaucoup plus intéressant que les candidats officiels.



mercredi 9 janvier 2013

Algerie : El Hachemi Sahnouni evoque l’assassinat de l'etudiant kabyle Amzal kamel

ALGER (SIWEL) — Dans un entretien accordé à un journal algérien, proche de la mouvance islamiste et défenseur de terroristes islamistes, El Hachemi Sahnouni, responsable au sein du FIS dissous et ancien disciple des « oulémas » prôneurs de maquis terroristes, évoque l’assassinat de l'étudiant kabyle Kamel Amzal, le 02 novembre 1982.

Toujours fidèle à ses positions criminelles, El Hachemi Sahnouni raconte que le jeune étudiant kabyle fut tué lors d’un affrontement avec les « frères », et que les services de sécurité se sont rendus à la cité universitaire de Ben Aknoun pour « mettre la main sur les militants islamistes ».

Plus loin, le chef terroriste, ajoute que depuis la désignation de Chadli Bendjedid à la tête de l’Etat algérien, il a ouvert la voie aux islamistes et aux prêches dans les mosquées.

Sans citer les noms des assassins de Kamel Amzal, El Hachemi Sahnouni a évoqué ce tragique épisode comme un simple fait divers. Il faut rappeler à ce terroriste que Kamel Amzal a été assassiné par l’un de ses disciples, à savoir Lassouli Fath-allah.

Les faits remontent à la nuit du 1er novembre 1982, lorsque Kamel Amzal et ses amis à la cité universitaire de Ben Aknoun, ont décidé de participer et d’organiser une AG des résidents de la cité. Ainsi, une réunion s’est tenue, le 1er novembre au réfectoire de la cité appelant, par voie d’affiches, les étudiants à une assemblée générale.

Une vingtaine d’étudiants progressistes placardaient les murs de la cité avec cet appel. Les frères musulmans, de leur coté, réunissaient « les fidèles » dans l’enceinte de la mosquée pour préparer une aventure périlleuse qui coûtera la vie à un jeune militant.

En effet, selon des témoignages, le muezzin, étudiant de son état, exhortait « les invités à se préparer » pour l’aventure. Aussitôt les étudiants sortaient pour afficher l’appel, une cohorte de militants vêtus en kamis, jean et baskets leur sautait dessus avec haches, coutelas et autres armes prohibées.

Une scène d’horreur s’en est suivie. Stupéfaits, les étudiants découvrirent, le corps de Kamel gisant dans une marre de sang. La nouvelle de son assassinat faisait le tour des cités et campus.

Son assassin, Lassouli Fateh-Ellah, fils d’un commissaire de police sera condamné, à l’issue d’un simulacre de procès, sans la présence de l’avocat principal de la famille Amzal, à huit ans de prison. C'est ainsi que les islamistes ont accaparé les comités des cités universitaires et en ont fait des instruments pour propager et imposer leur idéologie extrémiste. Commençant par mettre fin aux activités culturelles (Musique, théâtre, peinture, ....) au sein des cités universitaires.

Ils en arrivèrent à transformer les mosquées dans les cités en véritables casernes de stockage d'armes blanches et à feux et même de la TNT a été découverte dans ces mosquées après l'assassinat de Amzal, rapportent des étudiants de l'époque.

La mise à l'écart des militants d'obédience démocratique, résolument pacifique et la libre activité politique, tolérée, des extrémistes religieux, ont préparé le lit pour un islamisme barbare dont l'Algérie subira quelques années plus tard les plus abominables crimes contre les artistes, écrivains, journalistes et citoyens lambda n'épargnant ni femme ni enfant.

www.siwel.info



Le cadavre encercle - Interprete par Sid Ahmed AGOUMI


Extrait du Cadavre encerclé de KATEB Yacine paix à son âme, interprété magistralement par Sid Ahmed AGOUMI lors d'une émission télé sur Nessema TV à l'occasion du Cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie.



mardi 8 janvier 2013

LA contrainte religieuse legitime et l'Etat pour l'excercer



La paix et la concorde régneront entre les personnes et entre les peuples quand nous aurons clairement séparé politique et religion et lorsque nous aurons enseigné les fondements de cette séparation à nos enfants.

La montée du fanatisme religieux qui, entre autres extrémismes, caractérise cette fin de millénaire, a considérablement intéressé penseurs et analystes de toutes disciplines et donné lieu à une production bibliographique remarquable. Les angles d'approche et les éclairages fournis sur l'origine et les manifestations de cet extraordinaire regain varient en fonction des spécialités mais la plupart des auteurs s'accordent pour imputer ce phénomène à la crise culturelle sans précédent et au désarroi idéologique que l'on observe à travers le monde depuis environ deux décennies, Il s'agit, dans bien des cas, d'une forme de réaction aux situations engendrées par la modernité dans son acceptation occidentale et vécues par certaines sociétés ou certaines catégories sociales comme une véritable agression. Et la réaction, selon les cas, s'opère de façon violente, extrêmement meurtrière, on se réduit à un repli sur soi, une fermeture intransigeante à toute influence extérieure quelle qu'en soit la nature. Si cette attitude, qualifiée tantôt d'intégrisme, tantôt de fondamentalisme, n'est pas spécifique au monde musulman, c'est tout de même dans celui-ci qu'elle a causé au cours des vingt dernières années les ravages les plus importants.

Dogme liberal et integrisme religieux


Beaucoup d'analystes auront relevé l'attitude pour le moins ambiguë du gouvernement algérien envers l'intégrisme islamiste.

Alors que l'armée nationale et les populations parviennent enfin à mettre sur la défensive l'islamisme version hard, sa version soft est installée au coeur des institutions du pays. Dans les assemblées locales, régionales et nationales siègent le MSP et la Nahda, tous deux membres de l'Internationale islamiste. Sept encartés intégristes participent au gouvernement. C'est qu'en mettant en oeuvre un programme économique ultralibéral le pouvoir a besoin d'eux pour maintenir l'ordre dans un pays où se généralise l'exclusion. Dévaluation du dinar, réduction des dépenses publiques, libéralisation totale des prix et du commerce extérieur, le taux de change comme principal régulateur du commerce extérieur, ouverture à l'investissement étranger, assainissement, restructuration des entreprises publiques et leur privatisation, réforme du système bancaire, contrôle de la progression des salaires ... En engageant un tel programme, les autorités d'Alger se sont définitivement converties au dogme de l'intégrisme économique néoclassique qui considère que plus il y a de libéralisme, plus il y a d'efficacité économique et sociale.

Un spécialiste de la Méditerranée commente les résultats de cette thérapie : « Le pays est à feu et à sang, mais les indicateurs macroéconomiques, eux, sont bons. » Il faut comprendre : « l'Algérie pourra rembourser ses créanciers ». Pourtant, la désindustrialisation du pays prend des allures de cataclysme. Le taux de croissance de la production industrielle est de -7 %. Des centaines d'entreprises productives ferment, alors que des milliers d'officines de commerce — notamment d'importation — se développent. Même les entreprises d'Etat se reconvertissent aux activités de services, arrêtent leurs chaînes de fabrication et préfèrent importer pour revendre. Le taux de chômage officiel frôle les 30 %. Pour empêcher ce taux de grimper, l'Algérie devrait créer chaque année plus de 250 000 postes nouveaux, alors qu'elle ne peut en offrir, actuellement, que 70 000. La chute des revenus salariaux, la montée de la précarité sur les lieux de travail, le délabrement des services publics de santé, de l'éducation, des infrastructures collectives et du logement social dépassent le tolérable.

Le gouvernement sait que seul l'état de guerre civile empêche les populations d'exprimer leur refus d'une telle politique. L'instauration d'une dictature militaire étant pour l'instant exclue, il ne peut continuer à mettre en oeuvre ses orientations ultralibétrales sans trouver un compromis avec l'intégrisme islamiste.

La puissance régulatrice de l'islam politique lui permet de poser les normes sociales issues des choix ultralibéraux comme résultant de la volonté divine ; tout refus de ces normes sera alors interprété comme une opposition à Dieu, avec les conséquences qui en découlent. C'est, depuis les débuts de la crise, le projet américain pour l'Algérie : politique économique conforme au dogme libéral et intégrisme religieux pour en gérer les conséquences sociales.

Ce faisant, l'hégémonie du front islamo-conservateur sur les institutions interdit les réformes nécessaires à la modernisation du pays : appréhension de l'identité nationale comme phénomène historique, séparation de la religion et de la politique, question des langues, statut de la femme, système éducatif, choix économiques ...

Des changements profonds dans tous ces domaines sont pourtant indispensables pour arrêter la régression.

Quand les démocrates algériens proposeront-ils une alternative globale à l'alliance entre l'intégrisme économique et l'intégrisme religieux ?

Ramdane Hakem
Mariane (France)
Le Matin N1893 dimanche 26 avril 1998

lundi 7 janvier 2013

Mourir ainsi, c'est vivre (Mahfoud Boucebci)

C'est dans une ambiance feutrée que la fondation Boucebsi a commémoré le septième anniversaire de la disparition tragique du professeur, son parrain, jeudi à la salle Franz Fanon de l'OREF.

Une fragile lumière de bougie, des murmures à peine audibles ont créé une atmosphère de recueillement très ressentie. Faire perpétuer le souvenir de l'homme, ses idéaux, par l'art. Forme d'expression éternelle car les balles assassines ne l'atteignent jamais.

Mme Nabila Bencifi, présidente de la commission culturelle, a ouvert cette cérémonie par la lecture du Dernier Été de la raison de Tahar Djaout. Cette autre victime de l'absurde, cet autre talent.

La lecture de ce texte, le dernier de son auteur, était accompagnée d'un air de guitare. Farid Belloui, musicien, lisait des yeux, à la place de la partition, le même texte et improvisait selon les passages des mélodies en partie préalablement conçues dans son esprit. La lecture terminée, la dernière note jouée, l'assistance a été conviée à « Lumière sur les oeuvres » constituant le second volet de cet hommage.

« Totem - mémoire », création de Azwaw A. Mammeri est dédiée à la vie toujours présente du professeur. « Si dans la tradition berbère les pierres tombales comportent des triangles dirigés vers le bas signifiant ainsi la mort, j'ai préféré dans ce travail les diriger vers le haut pour dire que l'homme qui nous réunit aujourd'hui est toujours vivant. »

Sept tableaux de l'artiste-peintre Ferroukhi ont également rendu hommage au regretté homme de sciences et de bien.

Acrylique sur bois, matériau récurrent chez cet artiste qui axe son oeuvre sur le corps, sur l'amour.

Jour de noces est un hymne à l'amour. « Je dis jour et non pas nuit de noces car le désir se manifeste dès la lumière du jour ».

Mokdad Sofiane, jeune artiste plasticien, a « en mélangeant les matières, les goûts les styles », salué la mémoire du défunt. Sept, le chiffre est prémédité, oeuvres de la même taille où la colombe revient entêtée comme la liberté qu'elle symbolise, sont d'une création libre, spontanée.

Enfin, des coupures de journaux, rassemblées par les membres de l'association Présence, se veulent un regard sur la vie d'autres artistes assassinés Mouloud Ferraoun, Tahar Djaout, Mahfoud Boucebsi, Saïd Mekbel ...

En quittant la salle Franz Fanon, l'on sort convaincu que l'oeuvre des artistes est impérissable et que Recherches et culture de la fondation Boucebsi trouvera, par le biais de dons, les fonds nécessaires aux travaux de finition du local qu'elle vient d'acquérir.

Samir Benmalek
Le Matin N2525 dimanche 18 juin 2000

Boucebci, âgé de 56 ans, fut mortellement poignardé le 15 juin 1993 devant l’hôpital Drid-Hocine de Kouba (banlieue d’Alger) qu’il dirigeait, laissant une épouse et des enfants, d'on l'un d'eux Téric Boucebci. La Guerre civile algérienne commençait, les intellectuels progressistes étaient pris pour cible, Boucebci était le cinquième civil à être tué après Djilali Lyabès, ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Lâadi Flici, médecin et écrivain, Hafid Senhadri, chef de cabinet au ministère de la Formation professionnelle, également membre du CCN, et Tahar Djaout.

fr.wikipedia.org - Mahfoud Boucebci

dimanche 6 janvier 2013

Tarek Mameri accuse la police d'etre derriere les viols des petites filles




samedi 5 janvier 2013

Entretien avec Hassiba Benyelles sur l’assassinat de Khemisti


Quarante ans après l'attentat qui a coûté la vie à Mohamed Khemisti, ministre des Affaires étrangères, Mme Hassiba Benyelles a décidé d'apporter son témoignage au sujet de cet acte qui a endeuillé l'Algérie dans sa première année d'indépendance. Alors épouse de Chérif Zenadi, elle a été mêlée de très près à cette affaire puisque le meurtrier, Mohamed Zenadi, qui était le cousin de son époux, avait subtilisé son arme pour tuer Khemisti. Son témoignage fait suite aux propos du président Ahmed Ben Bella, qui affirmait dernièrement à la chaîne de télévision Al Jazeera que Mohamed Khemisti avait été tué par l'ancien fiancé de sa femme Fatima Khemisti. Madame Benyelles est catégorique : Ahmed Ben Bella était tenu au courant du déroulement de l'enquête par l'intermédiaire de M. Yousfi, son secrétaire particulier.

mardi 1 janvier 2013

Algerie-Etats-unis, l'importance des lobbies

Tout le monde s'est posé un jour ou l'autre la question suivante : la politique américaine a-t-elle changé vis-à-vis de l'Algérie ?

On savait qu'avant les présidentielles de novembre 1995 les recommandations étaient en faveur de la remise sur les rails du processus électoral.

Auparavant les partisans d'un dialogue avec le parti dissous pouvaient facilement faire passer leur message, puis il y a eu comme un retour du balancer juste'après. Qu'est-ce qui explique cette nouvelle perception ? L'approche était devenue plus large, ouverte et non sélective. On ne peut rien comprendre au système américain si on fait l'impasse sur le lobbying.

L'explication des faits qui ont marqué et marquent l'Algérie a longtemps été soutenue par l'influence islamiste. La thèse qui prévalait portait l'empreinte du lobby dit " saoudien ", et si celle-ci déteignait sur tout c'était surtout dû en partie à l'absence d'une communication claire et soutenue qui pouvait émaner du camp patriotique démocrate et, en particulier, du pouvoir algérien même acculé à une défensive suicidaire. C'est ce peu d'intérêt, inexpliqué, au lobbying qui a rendu la diplomatie algérienne brinquebalante et stérile.

On a surtout négligé de travailler avec le tout-puissant lobby juif qui s'identifie au camp démocrate, et bien entendu le lobby arabe qui est en train d'émerger, constitué de huit associations qui vont de l'extrême droite à la gauche libérale. Le lobby juif soutient d'ailleurs le processus de paix au Proche-Orient et n'hésite pas à le faire signifier à Netanyahu.

Il est évident que dans tous les cas, dès lors qu'il s'agit des questions de défense et d'affaires étrangères, on ne retrouve qu'un seul son de cloche, que ce soit chez les démocrates ou les républicains. Les intérêts américains dans le monde passent avant toute chose. Aussitôt qu'un sujet commence à coïncider avec ces intérêts, des fonds peuvent être débloqués pour permettre à des chercheurs de dégager des pistes. Les recherches sont financées par des institutions privées, parmi lesquelles Ford, Mac Arthur ... Le travail de commande peut être entrepris, comme ça a été le cas avec le document de la Rand Corporation, initié par l'armée américaine, et qui a été un bide en termes d'appréciation réelle sur l'Algérie. Lé document de la Rand pensait à l'avènement imminent d'un pouvoir islamiste ...

Une fois le travail réalisé, et qui doit fatalement déboucher sur une recommandation et une démarche à adopter, le chercheur vient présenter ses conclusions à la commission spécialisée du congrès. Pour le cas de l'Algérie, c'est la commission Afrique. On note un progrès, car l'Algérie faisait partie dans le passé du Middle East Department, incluse dans le Proche-Orient.

Pendant ce " hearing ", audience, qui se déroule selon un ordre du jour précis, les " congressmen ", les sénateurs, suivent avec attention ce qui leur est présenté. Puis ces derniers se rassemblent entre eux, à la faveur des plénières, pour adopter une ligne de conduite. C'est là que le lobbying. au sein du congrès, peut être déterminant. Généralement on guette un jeune sénateur qui est à la recherche d'une cause qui peut lui être utile dans sa carrière d'homme politique. Le lobbying fait partie des moeurs, c'est un des ressorts de la société américaine. Tout peut être mis sur le tapis et faire l'objet de discussions harassantes : port d'armes, tabac, environnement ... Les Américains suivent leurs intérêts ; face à la Chine ils ont été obligés de freiner leurs ardeurs par rapport à la question des droits de l'homme. La Chine est un marché qui compte.

La politique américaine n'est pas figée, elle évolue en fonction de la situation réelle sur le terrain. Ce pragmatisme anglo-saxon est une vieille tradition si bien qu'on a toujours deux fers au feu. On ne lâche pas la proie pour l'ombre. S'il faut discuter avec les Patriotes de Haouch Gros et Maâmora on le fera sans aucun état d'âme, après qu'on eut été avec Haddam, mais on surveille le lait sur le feu. Il y a toujours une pièce de rechange. Sur l'Algérie, à part le lobby qui a été favorable aux islamistes, il n'y a pas encore un groupe structuré qui prêche des idées contraires. On y trouve quelques voix, des spécialistes qui essayent de mieux comprendre les choses, et c'est tout. On revient alors à l'efficacité et à l'effort que doivent entreprendre nos diplomates, industriels, intellectuels pour offrir une image pleine de vitalité d'un pays qui a souffert d'une affreuse déformation dans les médias et les chancelleries. Le pouvoir porte une grande responsabilité dans ce relâchement et ce gâchis.

M. BH.
El Watan jeudi 19 mars 1998


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