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lundi 1 avril 2013

Conference sur l'Ibadisme, comprendre la continuite du rite


Le système de l'Ibaadiya et ses traditions ont été abordés hier au Centre culturel islamique par Mme Fatima Oussedik, anthropologue et enseignante en sciences sociales à l'université de Bouzaréah.

F. Zohra B. - Alger (Le Soir) - Evoquant l'Ibaadiya, Mme Oussedik parlera de l'une des premières civilisations musulmanes au Maghreb.

Pour la chercheuse, cette civilisation a depuis le début de son existence suscité fascination et intérêt de par sa particularité et ses traditions.

" Alors qu'au nord du pays, il existe chez la population inquiétudes et interrogations quant à son origine, dans le Touat et le Gourara et dans la vallée du M'zab on observe une certaine sérénité, une longue histoire assumée. Quelle est donc cette forme d'organisation sociale qui a permis à une minorité de se maintenir et de survivre aux différentes périodes de l'histoire ? Comment un groupe ou l'Itifakat de la vallée du M'zab peuvent-ils exercer une telle fascination ? ", s'interroge Mme Oussedik qui dit vouloir comprendre le mode de fonctionnement de cette minorité. Cette communauté maintient ainsi un récit d'origine, une histoire racontée par chacun de ses membres. " Les Ibaadites sont venus avec l'idée de l'égalité entre musulmans, ils ont joué un grand rôle dans l'islamisation de l'Algérie de par leur discours humanitaire ", explique l'universitaire. Dans son exposé, cette dernière met en évidence le penchant de cette minorité pour les sciences qui, dit-elle, imprégnera la conscience des Ibaadites à long terme, la connaissance étant l'une des bases de l'ibaadiya.



De la dynastie rostomide, à Sedrata à côté de Ouargla, les Ibaadites ont rejoint la vallée du M'zab. Leur histoire est basée sur des règles de vie qu'ils ont d'ailleurs fini par adopter dans le M'zab en tirant des leçons des échecs enregistrés dans leur histoire. Il s'agit, selon Mme Oussedik, de " maintenir constamment la communauté dans le respect de ces règles avec le refus de l'aspect dynastique, de l'ostentation et l'attitude inégale, tout en confiant le pouvoir aux hommes de science ".

F. Z. B.
Le Soir d’Algérie jeudi 6 mai 2004

Un peu d'Histoire

À la fin du VIIe siècle, des ibadites établis à Oman se détacha le général persan Ibn Rustom et sa tribu, qui gagnèrent le Yémen, traversèrent la Mer Rouge, accostèrent à Zanzibar avant de rejoindre l'Éthiopie, l'Égypte, puis le Maghreb. Ils se rallièrent à eux les populations locales. Au milieu du VIIIe siècle ils arrivèrent en Berbérie. Abd al-Rahmân ben Rustam, élu imam, fonde Tihert (actuellement Tiaret). La ville devient bientôt la riche et prospère capitale d'un important royaume, la vertu et l'habileté de l'Imam faisant merveille et lui ralliant encore nombre de tribus.

Leur action s'étend de la Tripolitaine au Maroc ; les sufrites s'adjugeant le Maroc et le Sud Oranais, tandis que les ibadites se répandent du Djebel Nefoussa, au Sud de Tripoli et au Chellif.

À sa mort, en 765, se constitue la dynastie des Rostémides, qui durera plus d'un siècle. Mais le royaume va sans cesse s'affaiblissant sous l'effet des dissensions internes jusqu'au moment où le Fatimide Ubayd Allah al-Mahdi lui porte le coup de grâce. Ce dernier prend Tihert en 909, massacre les princes Rostemides et la plus grande partie des ibadites de la ville. Les dignitaires survivants enterrèrent leur couronne, et fuirent avec leurs concitoyens la capitale incendiée, à la recherche d'un lieu d'exil. Ils errèrent par petits groupes au milieu d'un pays entièrement hostile, avant de trouver finalement refuge dans l'Oued Mya (Ouargla), où ils s'établissent. Ils fondent Sedrata, à quelques kilomètres de Ouargla. Grâce à leur activité, la ville devient rapidement prospère, s'agrandit et s'embellit.

Mais le refuge n'apparaît pas à tous suffisamment sûr. Avant même que la menace de destruction qui pèse sur la ville ne soit précisée, les ibadites prudents recherchèrent un autre asile et jetèrent enfin leur dévolu sur l'Oued Mzab qui ne contient alors que de rares campements.

Une première cité est fondée en 1017: El Atteuf. L'entreprise réussit et attire une population toujours plus nombreuse. Sedrata se vide peu à peu avant d'être prise et détruite par les Malékites d'Ouargla, jaloux de la fortune de leurs voisins. Puis, Bou-Noura, Melika et Ghardaïa sont successivement fondées.

De toutes parts, les ibadites persécutés, las de la vie errante et du secret, viennent se fixer au M'zab. La communauté ainsi créée bâtit, défriche et se donne des lois. Elle connaîtra, depuis les origines jusqu'au moment de l'arrivée des Français, un développement lent mais continu, révélé par la création de Beni-Isguen au XIV' siècle et de Berriane et Guerrara au XVIIe siècle. De plus, des factions arabes de plus en plus nombreuses viendront, au cours de l'Histoire, s'agréger aux villes ibadites.


fr.wikipedia.org - Ibadisme
musee.djazair50.dz
www.msh-paris.fr


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