Recherche personnalisée

vendredi 1 février 2013

Reouverture du Centre culturel francais d'Alger



Voilà que le Centre culturel français (CCF) ouvre sa bibliothèque, mais seulement pour les chercheurs et universitaires. L'accès des autres catégories se fera progressivement jusqu'à renouer totalement avec la tradition. Moment qualifié de « renaissance » par l'ambassadeur de France à Alger, préférant ce terme à « réactivation ». François Nicoullaud, le directeur général de la coopération internationale et du développement au Quai d'Orsay, parlera du centre comme l'un des instruments de coopération dans le contexte de la loi portant concorde civile et des festivités du millénaire d'Alger. Rues d'Alger choisies par l'émission « Radio libre », en particulier Bab El Oued. De 15 à 17 h 30. Laurence Bloch nous accroche en direct avec Alger : « Vivre, créer, résister. » Dans la salle des spectacles du CCF, transformée en studio, Laurence B. est sur le plateau avec des représentantes de SOS-Culture-BEO, des universitaires comme Yasmina Chahîd Saoudi ou des militantes comme Ourida Chouaki de Tarwa n'Fadhma N'Soumeur. Entrecoupée par la performance musicale des Messagères (Linda et Chehra rappeuses) ou par l'entretien avec Amina Tadjet sur son expérience de psychologue, la discussion porte aussi bien sur le code de la famille que sur la situation de la jeunesse. Autant de questions posées par l'animatrice que de réponses contradictoires au point de conclure qu' « il n'y a pas d'unanimité entre les quatre invitées autour du code ». L'Algérie est donc bien plurielle. Pour la présenter aux auditeurs. Laurence B. a voulu « faire croiser des points de vue en multipliant les angles ». Contrairement à Mme Saoudi, qui estime que « l'élite intellectuelle est absente dans ce pays », Daho Djerbal (universitaire), le directeur de la revue théorique Naqd, a démontré que les années 90 ont révélé l'existence de « l'intellectuel au pluriel ». Sorti de l'anonymat du fait qu'il soit l'objet d'assassinats, « ne serait-ce que pour l'idée » qu'il a exprimé. Alors comment expliquer la violence encore d'actualité ? Participant à la rubrique « La mémoire et la paix » avec Nourredine Benferhat (éditions Marinoor), M. Djerbal pense que l'entrée algérienne dans la modernité se fait au prix de la violence. Tout comme en Espagne ou en France, « la différence dans le travail pour la liberté se fait dans la douleur ». Mais à le croire, « nous sommes en train de sortir du tunnel ». Autre intellectuel, autre regard sur la société, le poète Djamal Amrani qui confie que l'histoire de son pays est à « écrire ou à réécrire », avouant qu'il y a le « pardon politique », mais pas l'oubli. Le romancier Boualem Sansal appelle, lui, à « apprendre, à apprendre maintenant et vite ». Anissa Asselah évoque la « grande résistance du peuple », Maïssa Bey (écrivain) voit l'écriture comme sa propre force et dans la diversité culturelle « le génie du peuple ». Alors qui pourrait oublier toutes ces dernières années ?

Du rap à l'andalou de la troupe El Djazira, la diversité est bien là. N'attendant pas que la paix soit retrouvée, les Algériens, tel que le souligne M. Djerbal, ont eux-mêmes conquis le droit à la liberté. Nul ne leur a fait de concessions. Et dans sa longue traversée algérienne, radio France-Culture nous convie au direct de Jérôme Bouvier sur « L'avenir économique et politique de l'Algérie ». D'autres thèmes, d'autres débats avec à l'honneur différentes personnalités algériennes des deux rives de la Méditerranée, jusqu'au 21 janvier.

Mohamed Redouane
Le Matin N2397 dimanche 16 janvier 2000



Recherche personnalisée