Recherche personnalisée

vendredi 25 janvier 2013

Nahnah, 9000 ans avant J.C ! par Hakim Laalam


Nahnah, hacha el massih, connaît un tout petit bout de l'histoire du calvaire du christ. Il sait que Jésus a été crucifié sur une croix de bois. Ah ! le bois, cette noble matière dont sont généralement faits les poteaux. Ah ! les poteaux. Voilà résumée l'envergure de Nahnah. Pour la religion, pour le message divin dans sa pluralité, pour l'amour du prochain dans ses différences, circulez, y a rien à voir au pays des nahnaheries. Soyons sérieux, Mahfoud, hacha El Kanissa, a déjà vécu son rêve le plus fou grâce à la complicité du régime : faire de la politique. Car jamais, au grand jamais, abadan, au grand abadan, cet homme, plus proche de l'arboricole que de l'énarque, n'aurait pu accéder à un poste de leader de parti. L’Algérie des compromissions, l'Algérie des calculs de laboratoire qui escomptait à l'époque affaiblir le FIS en lui inventant des "frères ennemis", cette Algérie a fait Nahnah. Le fait est donc là : Mahfoud fait de la politique, sa politique. Depuis cette promotion, l'homme à la sandale dans la tronche considère que chaque jour qui passe est tout bénef pour lui. Son numéro marche. Son carnet de commande est plein. Il est en tournée permanente. Sur telle place publique, il cible la femme. Dans telle salle de spectacle, il se donne en spectacle et glousse libidineusement à ses propres vannes. Dans tel madjliss echoura, il s'en prend à la presse et lui reproche, à elle, d'être à l'écoute des voix et de s'abreuver à des sources. Le comble pour une créature qui vend de l'islamisme intégriste au grand public tout en allant en catimini chercher ses consignes sous pli fermé dans de grands domaines protégés par de grandes enceintes, avec de grands miradors et de grandes oreilles partout. Mais ne soyons pas regardants. Ce politique, hacha la politique, croit insulter la Kabylie en traitant l'un de ses leaders de massihi. Dans l'islam de Mahfoud, la chrétienté est donc une insulte. Les hommes de foi, les hommes de religion, les exégètes et les mudjtahidine fi eddine apprécieront. Moi, qui ne suis qu'un profane, je me contente juste de fumer du thé et de rester éveillé, le cauchemar continue.

H. L.
Le Soir d’Algérie dimanche 28 juillet 2002

Recherche personnalisée