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lundi 7 janvier 2013

Mourir ainsi, c'est vivre (Mahfoud Boucebci)

C'est dans une ambiance feutrée que la fondation Boucebsi a commémoré le septième anniversaire de la disparition tragique du professeur, son parrain, jeudi à la salle Franz Fanon de l'OREF.

Une fragile lumière de bougie, des murmures à peine audibles ont créé une atmosphère de recueillement très ressentie. Faire perpétuer le souvenir de l'homme, ses idéaux, par l'art. Forme d'expression éternelle car les balles assassines ne l'atteignent jamais.

Mme Nabila Bencifi, présidente de la commission culturelle, a ouvert cette cérémonie par la lecture du Dernier Été de la raison de Tahar Djaout. Cette autre victime de l'absurde, cet autre talent.

La lecture de ce texte, le dernier de son auteur, était accompagnée d'un air de guitare. Farid Belloui, musicien, lisait des yeux, à la place de la partition, le même texte et improvisait selon les passages des mélodies en partie préalablement conçues dans son esprit. La lecture terminée, la dernière note jouée, l'assistance a été conviée à « Lumière sur les oeuvres » constituant le second volet de cet hommage.

« Totem - mémoire », création de Azwaw A. Mammeri est dédiée à la vie toujours présente du professeur. « Si dans la tradition berbère les pierres tombales comportent des triangles dirigés vers le bas signifiant ainsi la mort, j'ai préféré dans ce travail les diriger vers le haut pour dire que l'homme qui nous réunit aujourd'hui est toujours vivant. »

Sept tableaux de l'artiste-peintre Ferroukhi ont également rendu hommage au regretté homme de sciences et de bien.

Acrylique sur bois, matériau récurrent chez cet artiste qui axe son oeuvre sur le corps, sur l'amour.

Jour de noces est un hymne à l'amour. « Je dis jour et non pas nuit de noces car le désir se manifeste dès la lumière du jour ».

Mokdad Sofiane, jeune artiste plasticien, a « en mélangeant les matières, les goûts les styles », salué la mémoire du défunt. Sept, le chiffre est prémédité, oeuvres de la même taille où la colombe revient entêtée comme la liberté qu'elle symbolise, sont d'une création libre, spontanée.

Enfin, des coupures de journaux, rassemblées par les membres de l'association Présence, se veulent un regard sur la vie d'autres artistes assassinés Mouloud Ferraoun, Tahar Djaout, Mahfoud Boucebsi, Saïd Mekbel ...

En quittant la salle Franz Fanon, l'on sort convaincu que l'oeuvre des artistes est impérissable et que Recherches et culture de la fondation Boucebsi trouvera, par le biais de dons, les fonds nécessaires aux travaux de finition du local qu'elle vient d'acquérir.

Samir Benmalek
Le Matin N2525 dimanche 18 juin 2000

Boucebci, âgé de 56 ans, fut mortellement poignardé le 15 juin 1993 devant l’hôpital Drid-Hocine de Kouba (banlieue d’Alger) qu’il dirigeait, laissant une épouse et des enfants, d'on l'un d'eux Téric Boucebci. La Guerre civile algérienne commençait, les intellectuels progressistes étaient pris pour cible, Boucebci était le cinquième civil à être tué après Djilali Lyabès, ancien ministre de l’Enseignement supérieur, Lâadi Flici, médecin et écrivain, Hafid Senhadri, chef de cabinet au ministère de la Formation professionnelle, également membre du CCN, et Tahar Djaout.

fr.wikipedia.org - Mahfoud Boucebci
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