Recherche personnalisée

mardi 22 janvier 2013

Fatiha Boukerche

Lauréate du concours de la nouvelle organisé par le Forum de la femme méditerranéenne 2002, Fatiha Boukerche s'emploie dans son écriture juvénile et débutante à faire entendre sa voix, une voix de femme qui parle de son vécu.

Liberté : Vous avez trois passions. Lesquelles ?

Fatiha Boukerche : J'étais artiste peintre avant de me lancer dans l'écriture, et je suis également archéologue de formation. Je travaille à Tipasa, au sein du bureau du patrimoine culturel et archéologique de la ville. Donc, je me consacre à trois passions.

Comment vient-on à l'écriture quand on a votre âge ?

L'écriture est venue grâce au concours lancé par le Forum des femmes méditerranéennes qui, depuis 1996, se déroule chaque année à Marseille. C'est par le biais de l'association algérienne Femme en communication, présidée par Mme Nafissa Lahrach, directrice du magazine Ounoutha, que j'ai pu participer à ce concours. Mais en réalité, j'écrivais bien avant cela. Lorsque la nécessité de commenter mes tableaux s'est imposée, je me suis rendu compte que j'avais des aptitudes en ce qui concerne l'écriture, alors j'ai décidé de cultiver et de développer ce don en participant à ce concours et, donc, en écrivant une nouvelle que j'ai intitulée Talisman.

En quoi consiste l'objectif du concours auquel vous avez participé ?

Il s'agit d'une rencontre annuelle entre femmes de la rive méditerranéenne. Cette rencontre se fait autour de l'écriture, et cette écriture s'énonce autour d'un thème précis. C'est-à-dire chaque participante doit rédiger une nouvelle autour d'un thème choisi par les organisateurs du forum. Le thème de cette année était "Le miroir". Il s'agit d'une écriture-miroir, une écriture à travers laquelle le sujet se dévoile et dit sa personne.

Talisman est votre première expérience dans le domaine de la création littéraire ...

En effet ! Cette expérience m'a permis d'acquérir un certain savoir et une certaine maîtrise de l'écriture. En ce moment, je suis en train d'écrire un roman dans lequel je raconte mon histoire personnelle et mon vécu d'Algérienne. C'est un livre qui ne va pas tarder à paraître.

Que raconte l'histoire que vous développez dans Talisman ?

Il s'agit d'une histoire qui se déroule pendant la période coloniale. Je parle d'une histoire d'amour, un amour impossible entre un Algérien, donc un indigène, et la fille d'un colon. À cette fiction, vient s'ajouter une part de vérité, une partie de la réalité.

Que représente pour vous l'écriture ?

L'écriture me permet d'exister et de durer dans le temps. C'est un mode d'expression par lequel je m'extériorise. Ça me permet aussi de sortir de ma réserve et laisser, également, une empreinte.

À votre avis, est-ce qu'il y a une différence entre l'écriture et l'expression picturale ?

Il n'y a pas vraiment de différence. Tous deux sont des modes d'expression. La différence se traduit seulement par la manière à laquelle on a recours pour nous exprimer : l'écrivain le fait avec sa plume et le peintre avec son pinceau. Et tous deux sont liés par le rêve et l'imaginaire mais aussi par la créativité. Ce sont trois choses que l'écrivain et le peintre ont en commun et œuvrent à le faire partager avec autrui.

Quels sont vos projets ?

J'ai des projets d'exposition de peintures. Je travaille aussi sur la traduction de livres traitant du patrimoine archéologique algérien. La traduction se fait du français vers l'arabe.

Propos recueillis par IDJER YACINE
Liberté lundi 11 novembre 2002


Recherche personnalisée