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lundi 14 janvier 2013

Des origines a la Kahina


Les Chaouis aideront non seulement Massinissa à chasser les Phéniciens mais aussi à constituer un empire amazigh de Tripoli à la Moulouya.

La mise en évidence du rôle que joua toujours le noyau de la Numidie (Aurès et Constantinois) dans le destin de notre pays, confirme et renforce les fondements de l'algérianité, seule « constante » inscrite dans le sens de l'histoire.

Origines

L'Aurès, habité dès la nuit des temps et, à partir du néolithique, par une population de type capsien (du nom de Gafsa, là où ce type physique fut localisé pour la première fois, comme on dit de l'Atérien ou Levalloisien, etc.). L'Aurès recèle des restes humains de type capsien du dj. Fortass (nord d'Aïn M'iila) au dj.

Rafaa (monts de Belezma), mais également dans différents endroits reconnaissables aux amas, des sortes de collines faites de coquillages, notamment d'escargots, que l'on appelle en arabe « ramadhiates » (cendrières) et « escargotières » en français.

Ces habitations préhistoriques se trouvent en grandes quantités en dur dans les plaines lacustres dans les régions des lacs et troglodytes dans les grottes et falaises (d'où le mot : Afri - Ifri - Ifren, qui a donné Africa. Mot qui s'appliquera ensuite à tout le continent).

Le type capsién, qui s'étendra d'Est en Ouest à travers toute l'Afrique du Nord, en suivant les hautes plaines et l'Atlas saharien, est reconnaissable à ses traits fins, sa haute stature, à son crane dolychocéphale (visage et têle allongés).

Il sera souvent distingué par les anthropologues de son compatriote Tlbéro-maurusien, lui, qui aurait de tout temps habité grosso modo l'Atlas Tellien et reconnaissablé à certains traits physiques : brachycéphale, c'est-à-dire face large ou ronde, taille moyenne ou petite, costaud, râblé.

Dans les vastes et riches plaines du Nord, de N'gaous (Nicivus) à Baghaïa, l'Aurès fut le berceau de la célèbre dynastie des Massyles. Comme il fut la région qui constituera le noyau de la future Numidie. Enfin. Celui qui donnera naissance au grand Agellid Massinissa.

Et pour témoigner de leur origine et marquer leur attachement à cette région, les Massyles élèveront un tombeau royal au IIIe siècle avant notre ère. C'est le fameux Imedghassen, entre Aïn Yagout et El-Madher au Nord de Batna. Monument qui sera le génie propre de la population locale. Comme ils élèveront un monument à Massinissa à El-Khroub. Il est à noter que ce même genre de construction (Imedghassen) se trouvera renouvelé au IIe siècle avant notre ère à Tipasa.

Rappelons que ce type de sépulture persistera bien au-delà, jusqu'au VIe siècle de notre ère, avec les Djeddars des environs de Tiaret ou le mausolé de Tin Hinan découvert dans le Hoggar au XIXe siècle.

Romains -146/+435 :

Tel que défini, l'Aurès restera indépendant jusqu'au IIe siècle ap. J.C.. Il ne subira l'influence phénicienne qu'au travers de quelques apports religieux et économiques, transmis par l'élite autochtone.

Rappelons que le mot « chaoui » n'existait pas encore.

Ce sont les Arabes qui, à la vue d'immenses troupeaux de moutons et à la transhumance de certaines tribus, leur donneront ce nom à partir du XIe siècle. Mais, pour une plus simple commodité, nous emploierons ce mot chaoui malgré sa connotation péjorative pour certains.

Bien sûr, les Chaouis (donc !) aideront non seulement Massinissa à chasser les Phéniciens mais aussi à constituer un empire amazigh de Tripoli à la Moulouya.

Mais également Yughurthen qui y trouvera refuge et renfort lorsqu'il se soulèvera contre la trop forte présence romaine (-112/ - 105). De même qu'ils se rebelleront en l'an 69 contre Juba II (roi amrazigh jugé trop inféodé aux Romains), comme ils appuieront la révolte des Musulames menée par Tacfarinas (+17 /+ 24) contre l'empereur Tibère.

En somme, les Chaouis quand ce n'est pas pour eux-mêmes, c'est par alliance ou par patriotisme qu'ils sont constamment amenés à lutter pour l'indépendance du pays.

Sources : document d'archives HCA

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