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vendredi 18 janvier 2013

Des dictatures qui ne tiennent qu'a un fil


Depuis les années 1960, la France confisque l’indépendance de ses anciennes colonies africaines en y maintenant un système d'exploitation clientéliste et néo-colonial. Mise en place de dictateurs (complicité de coups d'Etat, fourniture d'armes et de mercenaires), soutiens politique, économique et militaire a ces régimes, silence face aux exactions et crimes qu'ils perpètrent, validation d’élections truquées, sont encore aujourd'hui les activités de prédilection de la diplomatie française en Afrique.

En effet, malgré les discours moralistes et parfois moralisateurs des présidents français (Mitterrand puis Chirac, ces 25 dernières années), la France continue de manifester un fort niveau de tolérance a regard de la dictature , tant qu'elle est pratiquée loin des frontières européennes. II y a 150 ans, l'esclavage a été aboli grâce a la prise de conscience collective de son caractère abominable. Combien de temps faudra-t-il attendre pour qu'il en soit de même pour les tyrannies néo-coloniales ? Qu'il nous soit donc permis de crier notre ras-le-bol de ces régimes françafricains, non seulement parce certains d'entre eux sont dans le peloton de tête de l' " indice des gouvernements inhumains ", mais surtout parce que leur perpétuation écrasante ne tient le plus souvent qu'a un fil : le câble diplomatique, sécuritaire et financier qui les relie a l’Élysée. II s'agit de dénoncer ce renoncement des gouvernants français aux principes démocratiques universels dont il n'y a pas de raison que l'Afrique soit écartée. La France doit rompre les liens organiques établis avec les Etats bandits africains.

La dictature, fatalité africaine ?

La carte politique actuelle et le traitement médiatique dont " bénéficie " le continent africain pourraient le faire croire. Mais si l'afro-pessimisme se conjugue souvent a une forme de fatalisme méprisant, l'espoir porte par les sociétés civiles africaines est bien réel, depuis une quinzaine d’années, la démocratie est véritablement en marche en Afrique. Dans certains pays en effet, l'Etat colonial ou néo-colonial a pu évoluer vers une forme " moderne ", avec un certain degré d'institutionnalisation de l'Etat de droit. Dans beaucoup de pays, les populations civiles ont prouvé par leur mobilisation qu'elles aspiraient a des élections libres et incontestables, pouvant déboucher sur de véritables alternances démocratiques. Parmi les syndicalistes, journalistes indépendants, associations citoyennes, ONG, artistes africains, on trouve un nombre important d'authentiques démocrates prêts a lutter pour leurs idéaux, parfois au péril de leur vie.

La dictature n'est donc pas une fatalité africaine mais bien le fruit d'un processus historique qui a pu être rompu grâce a la mobilisation d'un certain nombre d'acteurs.

La pression des sociétés civiles des pays du Nord sur leurs gouvernements pour les convaincre de soutenir les peuples plutôt que leurs dictateurs est un de ces facteurs.




Chirac, champion de l’impunité ?

Lors du sommet de France-Afrique de février 2003 a Paris, Jacques Chirac a brandi la menace de la fin de l’impunité pour les dictateurs, invoquant la mise en place de la Cour pénale internationale.

Quel crédit accorder cependant aux déclarations de cet ami personnel de bon nombre de ces despotes, qu'il continue d'accueillir chaleureusement a l’Élysée et a féliciter a chaque élection truquée ? Avec la décolonisation, l'Etat colonial a souvent régressé très sensiblement vers une bande de bandits avec un taux de criminalisation élevé. Tout cela sous l'influence de démocraties occidentales, dont la France, qui ont confisqué les indépendances et contribué a miner les espoirs démocratiques qui en émanaient ( assassinat des leaders démocrates, soutien aux dictateurs " amis " ). Dans cette Françafrique des dictateurs, les responsabilités françaises sont historiques : mise en place des dictatures, complicités directe et indirecte ; le maintien des liens (aide militaire, validation ou soutien d’élections truquées ) ; le double discours ( discours pro-démocratie et maintien des relations occultes ) ; la complicité directe dans certains conflits post-coloniaux ( Rwanda en 1994 ) et, enfin, le rôle des multinationales françaises dans le pillage du continent, le maintien de relations clientélistes, la déstabilisation politique et militaire (ex : Elf au Congo, en Angola, Bollore en Cote d’Ivoire, etc.

Synthèse de documents de I'ONG frangaise " Survie "
réalisée par Djilali Hadjadj
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