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mercredi 29 février 2012

Kateb Yacine - l'ecrivain a la plume "constellante"


KATEB YACINE
L'écrivain à la plume " constellante "

De part sa naissance, Kateb Yacine était déjà un singulier. Il n'y a pas de date exacte sur son acte de naissance, car celui-ci avait été établi treize ans après sa naissance, soit un certain 8 mai 1945 à Sétif, date fatidique où l'adolescent a vu les siens se faire massacrer par des balles assassines tirées à bout portant par les soldats de l'armée française.

Ce jour-là, un rebelle était né, un poète agitateur qui a bousculé l'ordre des choses pour défendre les valeurs humaines et dénoncer l'injustice sous toutes ses formes.

Le romancier-révolutionnaire traduisait les idées écrites sur le papier par des actes de lutte concrètes défiant ainsi toute forme d'oppression.

Son oeuvre phare Nedjma, premier roman édité en 1956, est l'histoire d'une passion et d'un amour démesuré pour une femme, l'unique femme, celle qu'il veut, mais inaccessible, la métaphore de l'Algérie colonisée.

Kateb Yacine, enfant, était bercé par les chants et les poèmes qu'entonnait sa mère à longueur de journée. Cette femme qui, frappée par la folie ce sinistre jour du 8 mai 45, a su réveiller sa sensibilité poétique et ses fibres littéraires en l'imprégnant de cette culture populaire, orale, transmise de génération en génération, une culture qui influencera largement l'essence de tous ses écrits. L'homme aux sandales en caoutchouc, apprendra et perfectionnera sa maîtrise de la langue française, un " butin de guerre " comme il le qualifié et qui sera son cheval de bataille dans sa lutte contre toutes les formes de tyrannie.

Je fais comme dans la mer le nageur de Sadek Aissat

« JE FAIS COMME FAIT DANS LA MER LE NAGEUR ». DE SADEK AÏSSAT
La douleur de l'exil ou la quête de soi

Entre songe et folie, l'esprit troublé mais libre voyage sous le souffle d'El Anka ...

" Vivre c'est naviguer et naviguer c'est accepter le risque de se noyer », dit Sadek Aïssat dans Je fais comme fait dans la mer le nageur, son dernier roman sorti chez Barzakh Editions. Journaliste, chroniqueur au quotidien Le Matin où chaque jeudi, il publie « son café mort », Sadek Aïssat est aussi l'auteur de deux romans parus aux Editions Anne Carrière.

Il vit et travaille à Paris. Lire son dernier roman, c'est entrer dans les pensées intimes du narrateur qui nous dévoile ici ses déchirements, ses peurs, ses craintes les plus secrètes, trace les contours du pays de ses rêves où « il y a la mer et beaucoup de vent. » Son vertige d'être vivant. Blasé, lucide, pathétique ou plutôt philosophe, il n'a de cesse de se poser des questions existentielles à même de trouver un sens à sa vie. « La réalité est-elle d'une autre substance que ce conglomérat de lâches évidences auxquelles nous fabriquons hâtivement une raison qui nous permet de survivre ? » s'interroge-t-il. Et de révéler : « Les vérités les plus simples, celles que nous passons nos vies à compliquer, nous n'arrivons pas à les atteindre par la pensée, elles nous sont révélées ».

mardi 28 février 2012

Aziz Smati par Hamid Grine


Il est dans son fauteuil roulant, les yeux toujours pétillants et rieurs. Tiens, il n’a pas changé malgré les épreuves ? Allons au fond de son regard, que trouvons-nous embusqué ?

De la tristesse, une infinie tristesse, une terrible tristesse. La même qu’on découvre dans les yeux d’un enfant orphelin, hébété, sous le choc de la perte de ses parents. Oui, Aziz Smati est orphelin de sa santé. Paraplégique, il roule sa vie dans un fauteuil, les jambes inférieures mortes et enterrées un 14 février 1994. Un 14 février, vous vous rendez compte : la fête de l’amour pour cet amoureux de la vie ! Alors qu’il sortait de chez lui en sifflotant, heureux de vivre, même sous les menaces, un jeune homme s’approche de lui. Ouvert par nature, homme de contact et de dialogue, Aziz n’a eu aucune appréhension, ni méfiance. Il sait qu’il ne doit avoir peur que de la peur. Pourquoi devrait-il avoir peur d’ailleurs? Il n’a fait de mal à personne. Bien au contraire, il n’a fait que du bien avec ses émissions : " Contact ", " Bled music ", " Local Rock ", entre autres, étaient de l’oxygène pour des millions d’Algériens sans loisirs et sans repères. Il était une star, ce génial inventeur de concept d’émissions à succès. Quatre balles tirées à bout portant le mettront à terre. Il sera sauvé de justesse en France. La vie sera sauve. Le reste un peu moins. Commence alors la difficile remontée. Lui, le symbole du rire, ne rira plus comme avant. De ce rire saccadé et si contagieux. Désormais, son rire ressemblera à un sanglot. Quand il rit, on dirait qu’il pleure si bien qu’il donne l’impression de pleurer tout le temps, lui qui faisait pleurer de rire les Algériens. Tous ? Non. Certains riaient jaune. Et c’est sans doute l’un d’eux qui a décidé d’arrêter l’une des sources du rire en Algérie. Une source vie. Mais comme Aziz est de ceux qui ne baissent jamais les bras, il se battra contre le découragement, l’inertie et tous les maux pour se retrouver tel qu’il était et tel qu’on l’aimait : caustique, fin, maniant les jeux de mots en expert.

lundi 27 février 2012

L'Algerienne ou la resistance au feminin

L’Algérienne ou la résistance au féminin
Avant 1954, le voile était général Aujourd'hui, il est minoritaire. Le visage dévoilé de la femme — y compris celle qui porte le « hidjab » —


C'est un article de Rachid Boudjera publié le mercredi 2 octobre 2002 (N3230) sur les colonnes du journal Le Matin assassiné par Bouteflika ... ou il commence par " avant " pour finir par " après " ; on retrouve cette thématique temporel (le temps est pure révolution, nuit-jour, 24 h - 24, cercle de l'horloge, pi ...) dans l'extrait du livre publié hier, dont j'ai passé toute la journée a m’imprégner du texte; le livre est en deux tomes avec plusieurs centaines de pages.

Donc, comme je le disais, ce communiste écrivain arabo-franc aux politiques obscures qu'il s'agisse de sociologie ou d’économie, nous fait d’emblée entrer en pleine " djahilia " moderne ou les femmes algériennes avant 54 étaient toutes voilées, corps et visage, et ce n'est qu’après l’avènement du terrorisme de 54 contre les civils colons de la France qui les a fait sortir de leur grotte rituelle hanbalite pour servir les plus basses besognes de la Révolution (thème temporel du cercle de l’horloge qui revient toujours a son point de départ). ... laïque, religieuse !!! ... ils disent l’indépendance !

Boudjedra a du cultiver une HAINE incroyable (sic) envers le FIS qu'il ne sait plus faire la différence entre la pudeur et l’animalité sexuelle des arabes dont il s’identifie a coeur joie. Il est tellement obsédé par le cauchemar des talibans ou des saoudiens wahhabistes, pour qui la femme est un insecte sans âme, qu'il fustige même Frantz Fanon pour son ignorances des excès des savants (sic) musulmans dans leur science du vagin et de la nature de la femme : est-ce un être humain ou un être diabolique ...

Donc, tenez-vous bien, la Révolution de 54 a libéré la femme algérienne pour en faire quoi : une combattante, une moudjahida, une pute pour le renseignement, habillée a l’européenne, une poseuse de bombe, faucheuses d'enfants, un agent secret qui entre et sort des maisons sans que personne ne puisse y faire quelque chose, un agent de liaison, de propagande ... et après 62 ! une mouquère, une bétonnière de bébés la zine la fhama, cachée, elle est la HONTE et l'HONNEUR, triangle sacré plus que la Kaaba !

CAR
ELLE EST RIEN sauf UN TROU OBSCUR OU L'HOMME JETTE SA SEMENCE SANS AMOUR MAIS AVEC LE PLAISIR DU DÉGOUT ! ...

qui des années plus tard fera naitre des " hommes " au comportement (code génétique) criminel !

Elle est enfin revenue, L’HÉROÏNE, wonderwoman, a sa nature première : tentatrice et maline, faible mais faiblesse de l'homme ... avec ses cheveux, son visage, sa poitrine, son ventre et ses jambes qui rendent l'animal musulman furieux de désire ...

Car UNE ne lui suffit pas parce qu'il es UN, DIEU, comme DIEU ; il lui faut beaucoup pour qu'il puisse prouver sa virilité : esclaves, libres, de la petite fille au bébé du berceau,

LA PENSÉE DE L'HOMME ARABE (en occurrence Mohamed et sa pensée a travers le SUNNISME) ET DE BOUDJEDRA en particulier EST TELLEMENT AU-DESSOUS DE LEUR CEINTURE QU'ELLE prendra jamais son envol vers l’égalité des sexes ...

C'est un article Hilarant pour ceux qui veulent perdre leur temps ou l'écrivain glorifie la BARBARIE MILITAIRE des caporales français devenus Les Généraux de l’après indépendance de l’Algérie Française, sans jeter une seule pierre, un seul caillou a celui qui a ordonné de commettre cette barbarie : Mohamed.

Pourquoi ? parce ce que c'est un lâche, Rachid est un communiste QUI CRAINT DIEU !!! comme la plupart des écrivains qui ont écrit contre les fondamentalistes sans avoir la gentillesse de nous dire que l'idéologie des islamistes est la SUNNA et le CORAN de Mohamed qui est la base de leur terrorisme (djihad).

Comme les occidentaux, vis-a-vis des orientaux idéologiquement , ils disent tous apporté la Civilisation mais en Vérité ils n'apportent avec que leur désespoir, leur cupidité et la Mort qui le poursuivent toujours la ou ils mettent les pieds que la Malédiction, en DISANT, avec une CROIX ou un BISMILAH :

ON A DÉCOUVERT UN NOUVEAU MONDE ...

après avoir massacré ses habitants et détruit leurs villages !

Boudjedra, tu me dégoutes toi valet de bouteflika, et quand je lis, malgré moi, tes textes, je VOMIS d'horreur !
De toi, Ânier des Dictateurs,  la francophonie ne retiendra que le déshonneur des Lettres !

by Sais Abdelkrim, zawali, 27 février 2012, Mohammadia.

dimanche 26 février 2012

La Mouvance et la Pause - Regard sur la societe algerienne (essai) de Wadi Bouzar



CHAPITRE IV
UN VILLAGE ET LA GUERRE

Le tableau que les Anciens tracent de la situation actuelle est ponctué par l'emploi des adverbes « maintenant », « aujourd'hui ». Ceci contraste, bien sûr, avec leur discours sur le passé caractérisé essentiellement par l'emploi de l'adverbe « avant ». Pour eux, ainsi, il y a bien une rupture entre deux types de sociétés qui se traduit par une coupure dans le temps et qui provoque leur « méditation » (1).

Les Anciens « chargent » les deux catégories du temps comme les deux volets du tableau. C'est une vision en blanc et noir. Le discours arabe est souvent au passé présent.

I. - ÉPREUVES

Il s'agit maintenant de savoir comment se sont effectués les principaux changements qui ont mené à la situation présente.
« Il y avait de l'ordre. Les villages étaient bien. A partir de 1945, les choses ont changé. L'administration a fait une route », déclare un des sujets les plus âgés.

Cette nostalgie de l' « ordre », un certain « ordre », revient souvent. Les premiers changements apparaissaient à partir de 1945. La vision un peu idéalisée des Anciens recouvre la première moitié du siècle. Ces changements perçus dès 1945, il faut les mettre en relation avec le retour des combattants de la Seconde Guerre mondiale, avec les événements tragiques du Constantinois, avec le mouvement nationaliste dans son ensemble et les lire à travers ces différentes manifestations.

samedi 25 février 2012

Comme des ombres furtives de Hamid Grine

Rechercher la trace de soi dans l'autre Comme des ombres furtives, les personnages de Hamid Grine défilent dans le long large corridor de l’Algérie contemporaine. Un chapelet dont chaque graine, mue par les doigts de l'auteur, raconte une histoire tragique, glorieuse, pathétique, rébarbative ...

Chose curieuse, chaque portrait, aussi anonyme soit-il, après quelques instants passés sous les projecteurs mémoriels de l'auteur, nous fait oublier le précédent, aussi illustre soit-il. Et à la fin, sans que l'on ne sache comment, après avoir refermé l'ouvrage, on se retrouve devant une sorte d'arrêt sur image, une autre ombre, persistante : celle de l'auteur. Comment est-ce possible ? On reprend la lecture depuis le début et on essaie de confirmer la première impression, voir si notre instinct n'est pas trompeur. Mais la perception reste vivace, s'arc-boute même avec force : que tous les caractères, décrits il est vrai avec force détails, avec amour, avec une pointe d'humour qui justifie l'indulgence qu'il a pour certains d'entre eux, ou avec quelquefois un soupçon de répulsion pour certains ... convergent vers un seul : Hamid Grine. On s'interroge. Puis, on ose émettre une sentence : l'auteur parle de lui-même, en racontant les autres. Point de narcissisme, heureusement. Mais une volonté - délibérée ? - de dire aux lecteurs : voyez, j'ai connu, ou croisé, les plus grands, et aussi les plus anonymes, et regardez ce qu'ils m'ont apporté. Il ne se cache pas non plus derrière eux, mais semble les accompagner, se faufilant parfois dans leurs parcours, au gré des événements, voire au gré des commentaires. Phénomène de projection ? Possible. L'exercice consisterait donc à rechercher la trace de soi dans l'autre. L'on se hasardera, par conséquent, à dire que cela manque de distance. Peut-être, mais n'est-ce pas là, aussi, toute la distance ?

jeudi 23 février 2012

L'ecrivain de ces dames, rencontre avec la romanciere Minna Sif

L'auteur de Méchamment berbère; livre dans un court entretien ses impressions et ses expériences avec les mots et les langues.

Minna Sif est née en Corse de parents berbères marocains, jusqu’à sa scolarité, l'auteur pensait que le berbère qu'elle parlait était un dérivé du corse. Choc et conflit entre deux civilisations que l'auteur raconte dans Méchamment berbère. Jeune, brune aux longs cheveux noirs, Minna Sif, auteur de Méchamment Berbère paru chez, Ramsay, raconte sa vie et ses expériences dans l'écriture avec une petite voix, à peine audible. Timidité, sans doute caractéristique des gens des lettres qui transcrivent plus facilement les mots sur leurs papiers que sur leurs lèvres et Minna Sif avoue : " J'aime écrire, j'aime les mots et ne me demandez pas pourquoi j'écris, je ne sais pas pourquoi j'écris ". L'auteur de Méchamment berbère, Minna Sif d'origine marocaine est née en Corse de parents berbères.

Elle grandit dans un milieu d'immigrés où se côtoient toutes les langues, toutes les subtilités aussi, ce qui va forger son caractère et lui donner les matériaux de l'écriture. Elle raconte alors dans un livre, une vie, la sienne peut-être, par bribes autobiographiques. Méchamment berbère raconte la vie d'une famille d'immigrés marocains, dans le vieux Marseille au milieu des années 1970. Une chronique pittoresque où la pauvreté, la tendresse et jusqu'à la folie tissent le quotidien de cette famille.

Alger la Noire de Maurice Attia


Maurice Attia interview for the greek national television.

mardi 21 février 2012

Le FIS et le terrorisme au coeur de l'enfer de Mohamed Issami


ÉDITION : "LE FIS ET LE TERRORISME AU COEUR DE L'ENFER" DE MOHAMED ISSAMI
Témoignage sur une décennie noire
Il a passé une dizaine d'années à suivre l'évolution de l'ex-parti islamiste depuis sa naissance.

La situation politique du pays et le forcing que ce parti essayait d'exercer sur l'ensemble des espaces et au niveau de la société ont commencé à lui faire voir " un FIS à l'intérieur du FIS légal ".

Il s'agit du journaliste algérien Mohamed Issami qui, depuis 1994, s'est consacré aux études sur " l'islam activiste " et le terrorisme islamiste. Dans son livre Le FIS et le terrorisme, au coeur de l'enfer qui vient de sortir, le premier d'une série actuellement en chantier et qui portera sur le même thème, notre confrère prévient qu'il s'agit là d' " un témoignage sur une décennie de sang et de destruction ", qui se voudrait " une contribution pour l'écriture de l'histoire ". L'ouvrage en question, 445 pages, bien documenté, incluant des photos des dirigeants et activistes du FIS, des communiqués et autres pièces ayant trait à la subversion terroriste, est structuré en trois grandes parties qui débordent sur une postface intitulée Le pouvoir et la lutte antiterroriste. Dans cette dernière partie, l'auteur déplore la " dissimulation de la réalité globale du terrorisme islamiste dans toutes ses dimensions ", ne partage pas cette " concession de plus " aux activistes islamistes, qui se sont vus pardonner " leurs crimes abominables ", tout en craignant " un retour à la case départ ".

Minbar El-DJOUMOUA Bulletin N13 Mercredi 11 Mars 1992


Mohamed Issami, qui a essayé de suivre le FIS pas à pas durant sa période légale et dans son basculement vers le terrorisme, qui a tenté de dégager, dans son premier nouveau-né, " les liens entre le FIS et le terrorisme islamiste en Algérie ", sans omettre de nous éclairer sur " ses différentes organisations et leurs dirigeants au niveau national et à l'étranger ", lance comme un couperet " une décennie après son interdiction, le FIS n'a pas fini de parler et de faire parler de lui ".

Et presque malgré lui, le souci de rétablir la vérité l'emporte. " Entre le pardon nécessairement douloureux des atrocités que le FIS a laissées dans son sillage et l'improbable oubli du sang versé, il reste la vérité à établir ", écrit-il.

HAFIDA AMEYAR

Le FIS et le terrorisme au coeur de l'enfer,
Le Matin-Éditions,
septembre 2001.

Le journaliste Mohamed Issami, de son vrai nom Mohamed Rouabhi, a été retrouvé mort lundi 19 avril 2010 dans sa chambre à l’hôtel El Manar de Sidi Fredj (www.latribune-online.com).

Les algeriens et la francophonie


Zineb Laaoidj

ENTRETIEN AVEC ZINEB LAAOIDJ
Le pouvoir des mots

Sa poésie est une prise de parole aux sans voix que sont surtout les femmes dont elle décrit les souffrances mais dont elle salue aussi le courage et, dit-elle dans le dernier vers de l'un de ses poèmes " au jour du jugement dernier, un homme aura besoin du témoignage de deux femmes ".

Zineb Laaoidj, femme de lettres et poétesse, a été l'invitée de l'École normale supérieure de Constantine où elle a animé un récital poétique dans un auditorium fraîchement réceptionné et archicomble pour la circonstance. Zineb a déclamé plusieurs de ses poèmes, en langue arabe populaire et quelques-uns en langue française. Elle a ouvert son récital par un poème poignant sur la situation en Palestine et l'a terminé par le poème intitulé " Ennakhla " (Le Palmier traduction by Admin), véritable hymne à la démocratie et à la mémoire de tous ceux qui sont tombés pour que l'Algérie reste debout. La poétesse a tenu en haleine la salle pendant près de deux heures, une salle qui n'est jamais restée indifférente et qui a, à chaque fois, salué sa poésie par des ovations nourries, preuve d'une véritable adhésion. Comme elle le dira plus tard, un poète a le droit de faire des poèmes d'amour, mais Zineb s'est refusé ce droit. Ses vers sont des témoins de la détresse des enfants de Bentalha et de tous les enfants de l'Algérie meurtrie et traumatisée par la violence barbare des " béni kelboune " (fils de chien traduction by admin) et par la lâcheté et la démission de ceux qui ont pour mission de les protéger. Zineb Laaoidj a animé, avec son époux Wassini Laâradje, une vente-dédicace à la librairie " Média pins ". C'est à cette occasion qu'elle a bien voulu répondre à quelques questions que nous lui avons posées.

lundi 20 février 2012

Le terrorisme judiciaire de Ahmed Merah


" LE TERRORISME JUDICIAIRE " DE AHMED MERAH
L'autre réquisitoire

Un parcours aux péripéties qu'aurait du mal à organiser le plus talentueux des romanciers.

Atteinte à l'économie nationale, usurpation de grade, trafic d'influence, intervention sans qualité dans des fonctions militaires, faux et usage de faux, spéculation, vente sans facture, fraude fiscale, coups et blessures volontaires, menaces de mort, etc.

La liste des chefs d'accusation énumérés ce dernier jour de mars 1998 par le Procureur de la République, lors de la comparution du préyenu Ahmed Merah devant le parquet du tribunal de Sidi-M'hamed, est pour le moins impressionnante.

Et pour l'intéressé, l'affaire s'enclenche d'autant plus mal que le magistrat a choisi d'emblée d'enfreindre la loi d'amnistie n°90-19 du 15 août 1990 au terme de laquelle " il est interdit à toute personne, en ayant eu connaissance, de rappeler sous quelque forme que ce soit, ou de laisser subsister dans tout document les condamnations pénales et les déchéances effacées par l'amnistie (...) ".

samedi 18 février 2012

Quatre romans pour un demi-siecle de litterature algerienne 1953-2003 (III)



Civilisation ou barbarie
Quatre romans pour un demi-siècle de littérature algérienne 1953-2003 (III)

Texte de la conférence donnée en hommage et à la mémoire de Kateb Yacine le 28 octobre 2003 à Alger et à Neuvy-Le Roi (Tours-France).

L'auteur remercie Samira Negrouche de leur avoir prêté sa voix pour l'hommage à Alger.



Entretien avec Emmanuel Levinas

Emmanuel Levinas (12 janvier 1906 – 25 décembre 1995) est un philosophe français d'origine lituanienne, né à Kaunas et naturalisé français en 1930. Il a reçu dès son enfance une éducation juive traditionnelle, principalement axée sur la Torah. Plus tard, il a été introduit au Talmud par l'énigmatique « Monsieur Chouchani ». La Torah enseignée par Levinas est dérivée des leçons de Monsieur Chouchani.

La philosophie de Levinas est centrée sur la question éthique et métaphysique d'Autrui, caractérisé comme l'Infini impossible à totaliser, puis comme l'au-delà de l'être, à l'instar du Bien platonicien, ou de l'idée cartésienne d'infini que la pensée ne peut contenir. Levinas étend ses recherches à la philosophie de l'histoire et à la phénoménologie de l'amour. Il est également l'un des premiers à introduire en France la pensée de Husserl et celle de Heidegger.

jeudi 16 février 2012

La Chaouia d'Auvergne de Liliane Raspail


" LA CHAOUIA D'AUVERGNE " DE LILIANE RASPAIL
Le roman d'un amour interdit



Un nouveau nom dans la littérature algérienne : Liliane Raspail ; un titre qui ne lasse pas de surprendre celui qu'elle a donné à son premier roman tout juste paru chez Casbah-Éditions.

L'histoire vaut d'être contée qui met en scène sur décor d'Algérie coloniale — l'action défile entre le début des années 20 et la fin des années 40 — l'Auvergnate Jeanne Chaneboux et l'Algérien Mohamed Sahraoui dans une idylle peu ordinaire, ainsi qu'on l'aura deviné.

Et, tout comme on l'aura également deviné, très mal vue par la société européenne encore fortement ancrée dans un territoire considéré comme partie indissociable de l'empire colonial français (*).

Jeanne Chaneboux ne fait pas partie de ces anciennes familles d'exploitants fonciers qui, tout au long des générations, ont bâti leur prospérité en faisant " suer le burnous ", selon l'expression en vigueur — et mise en pratique, bien entendu — pendant près d'un siècle et demi. C'est presque incidemment qu'elle s'est retrouvée avec ses parents dans cette petite localité de l'Aurès où les bonnes terres étaient entre les mains de dynasties de colons et qu'elle est devenue, une fois mariée (et mal mariée), à son tour propriétaire d'une fermette.

Dès lors, ses comportements à l'égard des populations autochtones et le regard qu'elle attache sur ces " indigènes ", pour lesquels la société européenne ne nourrit aucune espèce de considération, la désignent comme un être différent.

mardi 14 février 2012

Youcef Zirem - Memoire torture d'un poete


JE GARDERAI ÇA DANS MA TÊTE DE YOUCEF ZIREM
Mémoire torturée d'un poète


« LA POÉSIE est plus forte que le discours politique », déclare cet auteur à tous ceux qui veulent bien l'entendre ...

L'écriture est une façon d'être, de tolérer l'autre et de guider d'autres. C'est plus qu'une recherche d'esthétique elle-même. Ce n'est pas le mot qui importe. C'est le cri qui peut générer le mot », a déclaré Youcef Zirem lors d'une rencontre littéraire animée la semaine dernière à la Bibliothèque nationale d'El-Hamma.

Deces de Georges Acompora (PAGS)


Georgeot Antoine Acampora est né à la mi-février 1926 , rue d’Orléans au vieux quartier de la Marine, à Bab El Oued. C’est là qu’il ira à l’école primaire. Sa maison natale, comme son école primaire seront rasées dans ce quartier vétuste. Toute la famille ira habiter à quelques centaines de mètres de là, mais toujours à Bab El Oued.

Les parents sont d’origine italienne. Georgeot sera le dernier des six frères et soeurs. Le père Augustin Acampora vient d’Italie, il est marin pêcheur chez un patron à la Pérouse , aujourd’hui Tamenfoust. Antoine, c’est le second prénom de Georgeot, quitte l’école à 14 ans , malgré qu’il était bon élève, sa mère ne voulait pas, mais il fallait bien tous travailler pour survivre. Il travaille comme ouvrier pêcheur et se souvient comment il transportait à la force des bras et sur ses épaules les cageots de poissons à partir d’Hussein Dey pour les vendre au marché de Belcourt. Sa mère Clémentine Castagna, travaillait chez elle, à domicile, comme cordonnière.

Georges Antoine commencera ensuite à travailler chez Spinoza, comme apprenti tourneur, puis chez Fotiadis près de l’Agha, toujours en tant que tourneur. Il passera ensuite à l’usine Job de tabac à Bab El Oued, dans l’entretien du matériel. C’est chez Job, que cet ouvrier deviendra syndicaliste à la CGT et c’est là qu’il dirigera une grève de 40 jours de l’ensemble des quatre usines de tabacs de Bab El Oued.

En 1950 , en début d’année, Acampora adhère au Parti Communiste Algérien (PCA). Comment y est-il venu ?

lundi 13 février 2012

Sibirkafi.com de Djamel Matti


Et si toute notre vie n'est qu´un mensonge ? Et si ce qu'on vit en ce moment n'est que le fruit de notre imagination, pis encore une machination des grands laboratoires de multinationales qui essayent d'étudier le comportement de l'être humain, ses réactions, ses envies ? Et si ce que vous êtes en train de lire en ce moment n'est rien d´autre que ce que votre esprit vous dicte ?

Djamel Matti nous a mis dans un monde absurde. Un monde où tout est calculé par des esprits bien pensants. Un monde cybernétique.

Au milieu d´un désert hostile, un endroit perdu dans le grand désert du monde. Une histoire commence comme dans un cauchemar. Une fable des temps futurs fait ses chroniques. Dans une cabane multidimensionnelle se déroule l'histoire du sibirkafi.com. Un microsome, où chutent des personnages, surgissant de nulle part, pour subir les affres d´une communauté débridée et décadente. Les événements se succèdent dans des parodies d'une vie tournée en dérision.

samedi 11 février 2012

Mouloud Achour , place de l'Algerie par le livre (entretien 2002)

ENTRETIEN AVEC MOULOUD ACHOUR
Place à l'Algérie par le livre

Le livre reste cet incomparable lien entre les hommes, il reflète leur savoir et leur culture. Il est normal qu'une grande place lui soit réservée dans le programme de l'Année de l'Algérie en France, et qu'il soit présent non seulement en quantité, mais également en diversité et en représentativité. Mouloud Achour, responsable du département de l'édition a bien voulu nous donner un aperçu de son programme.

jeudi 9 février 2012

Amine Zaoui - J'ecris pour me liberer (entretien 2002)


AMINE ZAOUI À LIBERTÉ
" J'écris pour me libérer "
Nommé récemment à la tête de la Bibliothèque nationale, Aminé Zaoui est l'un des rares écrivains algériens à concilier les deux langues, l'arabe et le français, et à user d'une écriture poétique et dénonciatrice.

mercredi 8 février 2012

Le troisieme langage par Jeanne Delhomme


JEANNE DELHOMME


LE TROISIÈME LANGAGE

Dieu est mort et la métaphysique : une vérité, qui est le tout, a d'avance compris dans son entreprise et la philosophie future et ses prolégomènes ; le successeur est récupéré par la fin qui est le commencement, l'inachevé est intégré au commencement qui est la fin, le contingent appartenant, en-soi et pour-nous, sinon pour-soi, à la représentation est éternellement accompli en nécessité ; l'ignorance logique accrédite seule les possibles du futur, les hasards du cours du monde, les ruptures du devenir, les intuitions imprévisibles du génie : tout est fait et tout est dit. L'histoire et le temps, épreuves de l'esprit qui se parcourt soi-même et se parcourt pour soi dans l'immédiateté de sa substance pour revenir à soi comme sujet, récupèrent dans le concept l'extension et la profondeur de l'être-là ; la conscience philosophique, figurée dans la négativité qui oppose l'en-soi au pour-soi phénoménologiquement itinérants, se rejoint dans l'égalité du savoir : « cette substance, qui est l'esprit, est le devenir de l'esprit pour atteindre ce qu'il est en soi, et c'est seulement comme ce devenir se réfléchissant en soi-même qu'il est en soi en vérité l'esprit ». 1

Dziriet






M. Naïm Soltani est directeur de publication des magazines Dziriet et Dziri
Mme Vanessa Soltani, directrice de rédaction de Dziriet

www.facebook.com - Naim Soltani

lundi 6 février 2012

Hassan Bouabdellah

Hassan Bouabdellah, né 1947 à Biskra (sud-algérien) au sein d’une famille de paysans, a fait des études dans une médersa de Ben Badis jusqu’en 1957. Deux grenades, à cette époque, ont été lancées contre cette médersa qui ferma ses portes. C’est ainsi que le petit Hassan va aller à l’école française. Depuis lors, il se définit comme françisant et non arabisant. Vers l’âge de 14 ans, il rompt, selon ses propres termes, avec la religion ( ce qui correspond à l’un des personnages de son roman L’insurrection des sauterelles ). " Depuis cet âge-là, je n’ai plus fait le ramadhan ou cru au bon Dieu. Je suis devenu un athée. Même à la télévision algérienne, je mangeais et fumais devant tout le monde. Et ce n’était pas de la provocation ! " Après l’obtention de son baccalauréat, en mai 1968, il entame des études universitaires de littérature, à Constantine, puis de sociologie.

Il part ensuite à Moscou pour y faire des études de cinéma, obtient son diplôme de réalisateur et se fait engager à la télévision algérienne où il produit une trentaine de films dont Barberousse mes soeurs, Les gardiens de musées, Le cardinal Duval ( un film qui lui valut une censure " officieuse ", mais dont quelques extraits seront diffusés au public après l’assassinat du cardinal Duval ). Deux années avant son exil en France, Hassan Bouabdellah se consacre essentiellement aux films d’art dont l’un est consacré à Bettina Heinen-Ayech.

Parallèlement, il mène une activité de journaliste et de nouvelliste dans différents journaux algériens dont les hebdomadaires Algérie-Actualité ( avec Tahar Djaout ) depuis 1978, et La Nation. " Ceux qui disent qu’ils n’ont pu s’exprimer en Algérie mentent, dit Bouabdellah, le pouvoir nous méprisait tellement que les espaces d’expression nous étaient offerts sans problème. Quand je relis mes articles aujourd’hui, je me demande si je n’étais pas inconscient. Pourtant, jamais personne ne m’a inquiété ".

En 1993, il quitte l’Algérie après avoir reçu des lettres de menace dont il ne peut pas, déclare-t-il, situer l’origine. Il pense néanmoins au pouvoir militaire et dit que son retour en Algérie ne peut se faire que si celui-ci partait. " A l’orée de l‘an 2000, je n’accepte pas que le pouvoir soit confisqué par les armes. Je vis mal mon exil, je rencontre beaucoup de problèmes car je refuse de m’inscrire dans la pensée unique concernant le problème algérien. Je ne trahis pas mon peuple, mes parents, donc je crève sur place ", dit-il.

dimanche 5 février 2012

Djamel Souidi


Né à Blida en 1944, il est devenu informaticien en 1966 et a dirigé plusieurs centres de calcul. En 1982, il abandonne tout et va faire des études d’histoire, discipline qui le passionnait depuis longtemps. Après un doctorat à Paris en histoire maghrébine médiévale, il dirige des travaux de recherche sur Achir, première capitale des Hammadites.

Spécialiste notamment des royaumes berbères musulmans, il avait toujours été à la fois révolté et peiné que les recherches historiques dans notre pays ne disposent ni de diffusion ni de promotion dans la société. Cette situation, de même qu’un goût prononcé pour la littérature, l’avait amené à s’engager dans le roman historique.

Ainsi paraît Amastan Sanhaji, un prince dans le Maghreb de l’an mil (Ed. L’Harmattan, Paris, 2000, et Casbah, Alger, 2001), roman à la fois instructif et passionnant qui a connu une suite. Djamel Souidi a supervisé le programme « Histoire et patrimoine » de l’Année de l’Algérie en France, en 2003. Il a été président d’une Association de protection du patrimoine et responsable de la collection Histoire des éditions du Tell.

On lui doit aussi un dictionnaire des grands personnages de l’histoire ancienne de l’Algérie ainsi que les textes de L’Algérie vue du ciel de Yann Arthus-Bertrand. Enfin, Djamel Souidi a été un homme d’une gentillesse et d’une droiture rares et ce n’est pas pour sacrifier au genre de la nécrologie. Il manquera vraiment à ses proches, à la recherche historique, au roman historique aussi, et aux habitants de Timimoun qui l’avaient adopté.

Ameziane Farhani
El Watan le 20.02.11
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