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mercredi 5 décembre 2012

100 terroristes elimines et exhibes (presse ecrite et television)


La lutte antiterroriste qui se mène sur le terrain atteint un pic presque jamais égalé ces derniers temps. On le constate à travers tous ces coups durs qu'assènent les forces de l'ordre aux groupes armés. Les résultats obtenus parlent d'ailleurs d'eux-mêmes. Près de 189 terroristes abattus durant le seul mois de février. Ce bilan est basé sur les informations officielles rendues publiques à travers les communiqués des services de sécurité et autres canaux habilités à fournir ce genre d'infos. Il faut toutefois préciser que la majorité de ces terroristes ont été mis hors d'état de nuire dans les régions Ouest du pays.

Un bref retour en arrière nous permet en effet de constater qu'environ 100 éléments de ces groupes armés ont été abattus uniquement à travers les localités de Saïda, Oran, Tlemcen, Tiaret (Ksar Chellala) et Mascara. Le plus important résultat a été néanmoins réalisé dans cette dernière wilaya où soixante terroristes ont été éliminés au cours d'une vaste offensive des forces combinées de l'ANP. La plus récente des opérations remonte cependant à samedi. Dix-neuf individus armés ont été abattus à Saïda. A cela, s'ajoute une information selon laquelle un important groupe se trouve depuis dimanche encerclé dans une des localités de Tlemcen.

A l'évidence, nous assistons donc actuellement à un déploiement et une offensive généralisée dés services de sécurité à travers le pays. Des offensives continues, différentes des opérations ponctuelles qui étaient enregistrées auparavant.



Comment expliquer ce tournant ? Ces résultats ?

Il y a d'abord que le sentiment qui se dégage aujourd'hui, c'est que la lutte qui est menée sur le terrain revêt un caractère plus sérieux, plus efficace du moins. Et ce que l'on remarque d'autre part, c'est que cette offensive généralisée à travers le territoire national intervient suite à la série de massacres collectifs qui ont fait plus d'un millier de morts entre la fin de l'été dernier et celle du mois de Ramadhan passé. Ces carnages à grande échelle ont induit une situation de tension que le pays n'avait encore jamais connue jusque-là. Les responsables algériens se sont vus pratiquement accusés de non-assistance au peuple par la communauté internationale.

Face à cette incroyable montée de la violence, des voix se sont également élevées de l'intérieur du pays pour réclamer aux représentants de l'Etat des comptes sur leur gestion de la situation sécuritaire. Ils ont amené le Chef du gouvernement à sortir de son mutisme pour répondre à tous les flous qui découlent de leur gestion du problème. Les représentants des différents courants politiques qui existent dans le pays ont également réclamé plus de transparence en matière d'information sécuritaire. Est-ce une raison pour laquelle les chargés de la communication ont procédé au déverrouillage de ce genre d'informations ? Ce qui est sûr aujourd'hui, c'est que des communiqués émanant des services de sécurité publient régulièrement les activités des forces de l'ordre et rendent compte des véritables bilans des forfaits commis par les groupes terroristes. Les mêmes communiqués rendent désormais également publiques les pertes enregistrées dans les rangs des services de sécurité.



Prise de conscience

Les résultats qui sont obtenus en matière de lutte antiterroriste ne seraient sans doute pas si importants s'il n'y avait pas eu prise de conscience au sein de la population. Une prise de conscience qui se manifeste surtout par le désir des citoyens de s'armer pour se défendre contre ceux-là mêmes qui faisaient preuve de complicité à l'égard des terroristes.

L'armement des civils demeure cependant un sujet très controversé par certains courants politiques algériens qui, à l'exemple de ce député du MSP, tirent régulièrement la sonnette d'alarme pour mettre en garde contre les " dérives d'un tel phénomène ". Lors du débat sur la situation sécuritaire à l'Assemblée, ce dernier a été relayé par les représentants du FFS qui n'ont pas manqué de faire à nouveau état des risques de guerre civile. Les membres des Groupes de légitime de défense sont de tout autre avis. Ils estiment que les armes qu'ils détiennent aujourd'hui sont leur seules garanties de pouvoir résister contre les groupes terroristes.

Une question se pose cependant aujourd'hui. C'est celle de savoir si le travail des services de sécurité pourra à lui seul venir à bout du terrorisme. Assurément non, et les députés ne se sont pas privés pour le dire lors du débat sur la situation sécuritaire à l'Assemblée.

Ce que tous revendiquent aujourd'hui, c'est la mise en place d'une stratégie de lutte contre le terrorisme. Une stratégie qui doit prendre en compte l'aspect politique du problème. Soigner tous les maux qui génèrent ce phénomène. Comment parler de lutte antiterroriste lorsque des partis politiques et leurs représentants au sein des institutions de l'Etat tiennent un discours qui alimente un phénomène pour l'éradication duquel l'Algérie s'est engagée ?

Absence de perspectives

Comment faire prendre conscience des dangers du terrorisme à la jeunesse algérienne lorsque cette dernière se voit offrir si peu de perspectives ? Lors du débat sur la situation sécuritaire, les députés ont également mis l'accent sur la nécessité de mettre rapidement fin à toutes ces injustices sociales qui exacerbent chaque jour davantage ce peuple déjà si éprouvé par le terrorisme.

Le malaise social et autre qui se fait de plus en plus ressentir au sein de la société a d'ailleurs amené le président de la République à sortir de sa réserve en se déplaçant dans la wilaya de Médéa où l'attendait une population qui ne demandait qu'à être rassurée.

Ce qui est sûr aujourd'hui, c'est que le discrédit qui a frappé les institutions de l'Etat au cours de ces dernières années commence à s'effacer. Les citoyens qui faisaient pratiquement preuve de complicité à l'égard des groupes terroristes prennent de plus en plus conscience du danger d'un tel phénomène.

Mais l'Algérie ne pourra s'en sortir que si l'on met en place un véritable Etat de droit et une stratégie claire de lutte contre l'intégrisme et le terrorisme.

Abla Cherif
Le Matin N1849 mardi 3 mars 1998
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