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jeudi 29 novembre 2012

Moufdi Zakaria, les vers resistants

En mémoire au poète de la révolution, auteur du texte Kassamane l'hymne national. Ghardaia va vivre une année Moufdi Zakaria et ce, depuis samedi passé. Initiée par la fondation qui porte le même nom que le poète, créée en octobre 2001 et présidée par le fils de Moufdi Zakaria, M. Slimane Cheikh, actuellement ambassadeur d'Algérie au Caire. Le premier objectif de cette fondation est la reconstitution de l'œuvre globale de Moufdi Zakaria éparpillée de nos jours dans différents pays. La fondation a récupéré près de 200 documents.

Moufdi Zakaria est né en 1913 à Béni Isguen dans le Mzab, l'enfant prodige fit ses débuts dans les écoles coraniques dans sa ville natale, puis à Annaba. À 14 ans, son père l'envoya à Tunis où il consolida, jusqu'en 1936. son enseignement coranique de base par des études littéraires et par une initiation à la politique. Écrivain depuis 1925. Moufdi Zakaria est considéré comme le plus grand poète national. Il composa des hymnes nationalistes (Min Djibâlina, en 1923).



Ses écrits militants, dont la rédaction du fameux communiqué du 12 novembre 1936 appelant les Algériens à rejeter la politique assimilationniste de l'Algérie à la France coloniale, Moufdi Zakaria fut maintes fois emprisonné, d'abord de 1937 à 1939, puis successivement en 1940, 1945, 1$59 et 1951. Dès le 1er novembre 1954, Moufdi Zakaria entra dans cette logique de guerre irréversible en transformant sa demeure de Kouba en centre clandestin d'activités militantes.

C'est durant ces premiers moments forts de l'Algérie en guerre que la direction du FLN, à l'initiative du moudjahed Abane Ramdane, pensa à Moufdi Zakaria pour rédiger le texte de l'hymne national.

En avril 1956, Moufdi Zakaria fut de nouveau arrêté puis emprisonné à Barberousse, El-Harrach et à Berrouaghia où la torture tant physique que psychologique fut son lot quotidien jusqu'en 1959. C'est en prison que Moufdi Zakaria rédigea les plus percutantes de ses poésies, notamment après avoir assisté à l'exécution de son frère de combat, le chahid Ahmed Zabana. Poète, écrivain, journaliste dans divers journaux notamment tunisiens, égyptiens, libanais et syriens, Moufdi Zakaria aura pratiqué tous les styles de plume pour soutenir la cause nationale jusqu'à l'indépendance. Dès 1969, il repart en Tunisie, puis au Maroc où il s'exile, puis en Tunisie. Sa grande oeuvre La flamme sacrée a été publiée en 1961 à Beyrouth. Refusant les vers libres, il se veut classique, montrant une grande maîtrise de la langue. Ses poèmes sont écrits sous le stimulant de la foi et dans un engagement sincère. Moufdi Zakaria mourut le 17 août 1977 en Tunisie.

R.C.
Liberté lundi 18 février 2002


fr.wikipedia.org - Moufdi Zakaria
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