Recherche personnalisée

mardi 20 novembre 2012

Le FFS, le RCD et les Lihoud



C'est le deuxième revers pour la formation Wafa, dirigée par Ahmed Taleb Ibrahimi, après la décision prise par les pouvoirs publics d'interdire la marche de soutien à la Palestine prévue jeudi dans la capitale, à laquelle devaient aussi participer le PT de Louiza Hanoun et le MRN de Abdallah Djaballah.

La solidarité des islamistes, n'appartenant pas à la coalition gouvernementale, par rapport à ce qui se passe au Proche-Orient est interprétée par une partie de la classe politique comme une tentative de récupération de la nouvelle Intifadha.

Les relents d'émeute en Mauritanie et les heurts avec la police à Casablanca confortent les positions de ceux qui sont hostiles à toute surenchère religieuse. La défection du FFS, d'habitude sur la même longueur d'onde que les ex-signataires du contrat de Rome, est d'ailleurs intéressante à relever.

Le parti de Ait Ahmed, lié à l'Internationale socialiste, a préféré s'abstenir de vilipender publiquement Israël, même s'il dénonce les mas-Sacres qui y sont commis depuis le 28 septembre.

Cette sortie, attendue, du FFS rejoint celle déjà exprimée par des partis comme l'ANR et le RCD, lesquels se trouvent « piégés » par cette escalade de la violence en Palestine. En fait, toutes les forces démocratiques en Algérie qui ont commencé à tisser des relations avec les juifs, ou à les renforcer, se trouvent dans une position quelque peu inconfortable. Non que leurs positions soient fausses, ou condamnées par l'histoire, mais parce qu'elles redoutent d'être mal comprises par une opinion publique très sensible et choquée face aux images sanglantes qui lui parviennent d'El Qods, répercutées par des chaînes satellitaires arabes qui ont fait de l'Islam politique leur cheval de bataille, en premier lieu Al Djazira.

Le profil bas observé par les forces démocratiques s'explique par les risques d'instrumentalisation de la rue, dont sont coutumiers les islamistes. Pis encore, dans des situations de tension, les manifestants sont retournés contre l'Etat et ses symboles.

En Mauritanie, ce sont carrément des affrontements entre membres de l'opposition et forces de l'ordre, qui ont un passif à régler. Pour ce qui est de l'Algérie, où l'état d'urgence est toujours en vigueur, si bien que son maintien est considéré par le PT et le FFS comme une restriction aux libertés, l'Etat peut-il se permettre des manifestations de rue qui lui échappent ?

L'on sait bien nue le MSP de Nahnah, qui a un ancrage dans la population, parce qu'il fait partie de la coalition gouvernementale, ne peut pas forcer sur la dose, être tout à la fois pyromane et pompier. Nahnah allume les passions dans une salle, comme le stipule la loi, mais s'abstient de jeter des allumettes dans un baril de poudre. S'il est aisé de contrôler un meeting dans un lieu fermé, il n'en est pas de même pour un espace ouvert, d'autant qu'il s'agit de la rue. Cette rue, imprévisible, que tout le monde redoute.

M. BH. (El Watan vendredi 13 - samedi 14 octobre 2000)


Recherche personnalisée