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dimanche 18 novembre 2012

Hassan Hattab, Un terroriste surmediatise


Depuis sa médiatisation dans l'affaire de l'assassinat de l'ex-Premier ministre, Kasdi Merbah, le groupe Hattab s'est fait, quelque peu, oublier pour revenir, ces derniers jours, sous les feux de la rampe.

D'ABORD en revendiquant l'embuscade tendue contre des éléments des services de sécurité dans la région de Boghni, et lorsque ensuite, les services belges trouvent trace de l'implication de Hassan Hattab dans le réseau terroriste démantelé à Bruxelles. Aidé par le mutisme qu'observe " la direction nationale " du GIA, Hassan Hattab " émir de la zone II " tente, par divers canaux, de se placer comme l'homme incontournable de cette mouvance terroriste. Mais au fait qui sont ces frères et cousins de Hattab ?

Dès le début du terrorisme, c'est Hattab Abdelkader dit Mouloud né en 1947 à Surcouf (Ain Taya) qui va s'illustrer. Ancien bras droit de Mustapha Bouyali, et malgré , l'amnistie proclamée par Chadli, Mouloud demeurera fidèle à sa conviction que " la solution passe par le djihad ".

C'est ainsi que lorsque le MEI (Mouvement de l'Etat islamique) est lancé, on le retrouvera comme membre fondateur aux côtés de Abdelkader Chebouti, Baa Azzedine et Saïd Makhloufi. Son groupe est essentiellement composé de ses plus proches parents notamment ses cousins Toufik, Zoheir, Hacen et Amar.

Malgré son jeune âge (né en 1967), Hassen n'apparaît pas comme " un novice ". Ses anciennes responsabilités dans la hiérarchie du FIS (président du bureau du FIS de Bordj El-Kiffan) lui donnent quelques " ailes " qui le feront largement distinguer au sein du groupe. Mais en attendant de s'imposer totalement, il sait attendre son heure à l'ombre de son cousin Mouloud et de son frère Toufik. Mais ceci ne l'empêche pas d'être aux grands rendez-vous des groupes armés.

C'est ainsi qu'au début de l'année 1993, il est présent à Tamezguida pour assister à " la réunion de l'unité ".

Les figures les plus marquantes du terrorisme, à l'image de Layada, de Moh Leveilley, de Meliani, de Makhloufi et de Chebouti y sont présentes.

Le grand regroupement des groupes armés qui donnera naissance au GIA est surpris par une attaque des forces de l'ANP. Hattab Amar, cousin de Hassan, est abattu le 25 mars 1993 avec plusieurs autres terroristes.

Les relations entre Mouloud et Saïd Makhloufi deviennent de plus en plus tendues. Afin de se frayer un chemin vers " l'émirat ", Hassan sait qu'il peut jouer sur ce différend.



D'ailleurs, il n'hésitera pas à faire partie du groupe qui éliminera Mouloud, sur instruction de Saïd Makhloufi. Intronisé comme " émir de la zone II " qui s'étend à l'Est jusqu'à Béjaïa et Bordj Bou Arréridj et au centre du littoral jusqu'à M'sila, Hassan Hattab fait preuve d'une grande fidélité à tous les " émirs " qui se sont succédé à la tête du GIA et ce, depuis Abdelhak Layada jusqu'à Djamel Zitouni. Il tentera des coups spectaculaires et on le retrouvera cité dans l'affaire de l'assassinat de Kasdi Merbah tout comme celle de Abada, DG de l'ENTV. Affaires pour lesquelles il sera condamné à mort par contumace.


Jusqu'à l'intronisation de Mahfoud Tadjine comme " émir national " du GIA, Hassan Hattab signe tous ses communiqués du pseudonyme " Abou Oubida Hassen ".

A la mort de Djamel Zitouni, il accueille très mal la nomination de Zouabri Antar auquel il voue une haine sans pareil.

Il décide d'entrer en dissidence s'estimant, peut-être, le plus apte à occuper le poste. Pour mieux marquer son opposition à Abou Talha, il décide de continuer son action sous la bannière du GIA tout en recevant la direction nationale.

Ses communiqués continuent à porter le sceau du GIA même s'il permet " quelques différences " en y ajoutant par exemple " Cabinet de la zone II " et adopte un autre pseudonyme en l'occurrence " Abou Hamza ".

Mais, au-delà de ces " différences formelles " et de son opposition à Zouabri, Hassan Hattab se distinguera par des communiqués où il s'exprime sur des questions " d'ordre politique ".

C'est ainsi qu'en juillet de l'année dernière, il rédige un communiqué suite à la libération de Abdelkader Hachani et de Abassi Madani. Tout en se réjouissant de cette nouvelle, Abou Hamza estime nécessaire que l'apaisement aille jusqu'à la libération de Ali Benhadj et Abdelhak Layada. Toutefois, cette " ouverture politique " chez ce terroriste est vite " enterrée " par des propos où il rappelle que " le djihad n'a pas pour objectif de permettre à un parti politique de revenir sur la scène, ou une volonté d'arracher des fauteuils de responsabilité dans les institutions ". Une manière, pour Hattab, d'affirmer que " nul ne peut négocier à la place de ceux qui ont proclamé le djihad ".

Hattab ne rate plus les occasions pour donner son " point de vue politique ".

Lorsque l'AIS annonce une trêve unilatérale à partir du 10 octobre 1997, il ne se contente pas de la position de la direction nationale du GIA même si cette dernière ne diffère en rien de la sienne. Il déclare " l'AIS apostat " tout en rappelant, par ailleurs, sa dissidence avec les groupes de Antar Zouabri.

Ce positionnement de Hassan Hattab lui vaudra le ralliement de certains groupes. On croit savoir que ce qui reste du groupe de Habbi Mouloud, alias El Djanoubi, décimé en grande partie par les forces de l'ANP près de Meftah, avait fait allégeance à Hattab.

Il en serait de même pour El-Bakoun Ala Ahd (les fidèles aux serments) dirigés par Abou Djamil.

Ce qui est sûr, en revanche, c'est que Hassan Hattab s'appuie sur des fetwas que prononce son officier exégète (Dh'abat Echr'i) un certain Abdelkader Eulmi alias Abou Younes.

Parce que ayant fait partie en 1989, 90 et même 1991 des bandes qui faisaient des " descentes " dans les célèbres bars et boîtes de nuit de Bordj El Kiffan, nombreux étaient ceux qui estimaient, au début du terrorisme, que le groupe Hattab appartenait au Hidjra oua takfir (Exil et rédemption) alors qu'il était loin de partager les mêmes principes.

Aujourd'hui, Hattab, à en croire certaines sources, activerait dans la zone de Bordj Menaïel, Tizi Ouzou, où les monts de Sidi Ali Bounab offrent un maquis idéal. Il aurait lui-même conduit l'opération qui a visé un convoi militaire près de Boghni.

N.B. (Liberté vendredi 20 - samedi 21 mars 1998)


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