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mardi 6 novembre 2012

Au nom du FIS

Après s'être retiré de la course à la magistrature suprême en avril 1999, Taleb Ibrahimi ne cachera plus ses affinités avec les islamistes. Il tente alors, six mois plus tard, de créer son parti politique, Wafa, qui ne verra jamais le jour, en affirmant que la sortie de crise du pays se fonde sur la re-légalisation de l'ex-FIS et la libération d'Ali Benhadj et d'Abassi Madani.

L'on se souvient de ce 16 décembre 1999, lorsqu'il organisa son congrès constitutif. Il réussit à réunir 743 congressistes venus de plusieurs wilayas, à majorité jeunes. Les invités, l'on s'en doute, étaient éventuellement islamistes, de surcroît appartenant à l'ex-FlS, à l'exemple d'Abdelakder Boukhamkham et d'Ali Djeddi. Il fut ainsi élu par le congrès président du parti. Dans son discours d'ouverture, Taleb Ibrahimi exprime clairement ses revendications, qui vont dans le sens de son parti, à savoir " la libération des détenus politiques, la levée de l'état de siège et une véritable réconciliation nationale ". Il ne manquera pas de déclarer à cette occasion que sa formation constitue un creuset pour le courant islamiste et le courant nationaliste. La demande d'agrément de son parti va provoquer un tollé au sein du pouvoir. Le 8 novembre 2000, devant l'Assemblée populaire nationale, le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, M. Yazid Zerhouni, s'oppose catégoriquement à cette demande. Pour lui, " Wafa est la reconstitution du parti dissous " ; d'autant, selon lui, que le conseil central de ce parti est composé à 50 % de membres actifs de l'ex-FIS.

Le ministre de l'Intérieur affirme que certains de ces membres fondateurs sont même impliqués dans des affaires liées au terrorisme et à la subversion. Il rappellera, par ailleurs, la raison de la dissolution de l'ex-FIS : " Ce parti a été dissous parce qu'il ne se conformait plus aux principes fondamentaux du pays et parce qu'il représentait une menace réelle pour la sécurité et la stabilité du pays. Le parti dissous n'a pas tenu ses engagements de ne pas recourir à la violence ".



جانب من المؤتر التأسيسي لحركة الوفاء والعدل

Le 14 novembre 2000, la police ferme les locaux du siège de la permanence nationale à El-Biar. Les représentants de la formation politique ont reçu une notification verbale, leur interdisant d'exercer toute activité politique. Le 22 novembre de la même année, après un bras de fer avec les services du ministère de l'Intérieur, le projet " Wafa " a été définitivement enterré. C'est Taleb Ibrahimi qui l'annoncera lors d'une conférence de presse : " Le mouvement Wafa est assassiné ". Taleb Ibrahimi abandonne le combat, lui qui promettait de mener à terme son projet, quoi qu'il lui en coûte. Pourtant, sans recourir à la justice, il abdiquera en se tenant à l'écart de la scène politique. Il réapparaîtra, néanmoins, publiquement en de rares occasions. Comme le 31 mai, lorsqu'il participera à la marche organisée à Alger par le FFS. Néanmoins, il fera quelques sorties médiatiques en avril 2002. Dans un entretien accordé à notre confrère Le Matin, le Dr Taleb Ibrahimi, tout en soutenant l'ex-FIS, dévoilera ses accointances avec les islamistes en déclarant haut et fort : " Le FIS doit être réhabilité ". Dans la même interview, il se défendra de la décision du ministre de l'Intérieur quant au rejet de sa demande d'agrément. " Dans un régime démocratique digne de ce nom, un parti politique se juge à son programme et non à sa base ou la couleur de la peau de ses partisans. J'ai fait la démonstration péremptoire, chiffres à l'appui, de la fausseté des allégations du ministre de l'Intérieur concernant une prétendue " identité " entre Wafa et le FIS, en précisant que Wafa est un mouvement politique indépendant axé sur mon programme de candidature à la présidence de la République ".

Invité au forum d'EI-Youm, il plaide pour l'organisation de présidentielles anticipées " pour débloquer la situation d'impasse politique à laquelle fait face le pays ". Dans ce même ordre d'idées, M. Taleb Ibrahimi n'exclut pas sa participation à la course électorale. Toutefois, il fera état de ses conditions pour prendre part à ce rendez-vous.

C'est dire que lorsqu'il s'agit du " trône ", l'ancien ministre des Affaires étrangères n'a pas perdu de vue ses rêves. Il garde espoir de se voir un jour premier magistrat du pays. Comme il l'avait imaginé en 1999.

N. Y. (Le Soir d’Algérie lundi 14 juillet 2003)


Ouvrages Lettres de prison : 1957-1961, Alger, Éditions nationales algériennes, 1966, 189 p.
De la décolonisation à la révolution culturelle : 1962-1972, Alger, SNED, 1973, 228 p.
Ahmed Baghli (préf. Ahmed Taleb Ibrahimi), Un maître de la peinture algérienne : Nasreddine Dinet, Alger, SNED, 1977, 99 p.
Mémoires d'un Algérien. Tome 1 : Rêves et épreuves (1932-1965), Alger, Casbah Éditions, 2006, 251 p. (ISBN 9961-645-79-0)
Mémoires d'un Algérien. Tome 2 : La passion de bâtir (1965-1978), Alger, Casbah Éditions, 2008, 525 p. (ISBN 9961-647-34-3)

fr.wikipedia.org - Ahmed Taleb Ibrahimi
www.wafadz.blogspot.com
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