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dimanche 21 octobre 2012

Brahim Hadjas accuse la Banque d'Algerie

" Khalifa Bank est victime des agissements de la Commission bancaire ! " C'est en ces termes que le P-DG d'Union Bank a qualifié le rapport élaboré par cet organisme bancaire rattaché à la Banque d'Algérie. Brahim Hadjas, qui s'exprimait devant des journalistes et des représentants d'associations patronales, a indiqué que " dans cette affaire la responsabilité de la Banque d'Algérie est totale ".

Abder Bettache -Alger (Le Soir) - C'est un véritable réquisitoire que le patron de la première banque privée algérienne a dressé contre la Banque d'Algérie, particulièrement son organe de contrôle qu'est la Commission bancaire. Cette dernière est accusée " d'avoir entrepris des démarches dans le seul but de casser les banques privées nationales ". Brahim Hadjas qui s'exprimait en cette occasion sur le thème de " l'évolution du secteur bancaire privé en Algérie à travers l'expérience d'Union Bank sur le marché financier et bancaire national " a indiqué que " la Commission bancaire fait dans la manipulation et que ses contrôles, qui ne sont pas conformes à la réglementation, trompent les responsables concernés ". En effet, la Commission bancaire, une structure créée par la loi n° 90/10 du 14 avril 1990 relative à la monnaie et au crédit, a été au centre de toutes les critiques formulées, hier, par le premier responsable, Brahim Hadjas.

Ce dernier n'a pas été par trente-six chemins pour charger cet organe enquêteur de la Banque d'Algérie, en l'accusant d'avoir " fourni de fausses informations aux autorités concernées lors de ses différents contrôles et enquêtes opérés sur uniquement des banques privées algériennes ". Mieux encore, cette structure composée du gouverneur de la Banque d'Algérie, qui la préside, de deux magistrats de la Cour suprême, proposés par le premier président de cette cour après avis du Conseil de la magistrature, et de deux membres choisis en raison de leur compétence en matière bancaire, financière et comptable et proposés par le ministre des Finances, " doit répondre, selon le P-DG d'Union Bank, de ses graves dérapages devant la justice ". Selon lui, Hadj Nacer et Keramane doivent aller en prison pour "non-respect de la réglementation ".


Le conférencier cite en guise d'exemple l'expérience vécue par sa banque. " Une première banque privée qui a déposé son dossier d'agrément en 1992 et qui ne l'a reçu que trois ans après. Aujourd'hui, nous sommes en pleine croisée des chemins. C'est une période de tous les dangers ", a souligné le patron d'Union Bank, qui insistera pour dire que " l'expérience vécue par Union Bank est révélatrice du grand dérapage de la Commission bancaire ".

A en croire ses dires, Union Bank a été placée sous administration provisoire durant onze mois et a été privée durant une année de transferts à l'étranger. Emporté par la colère, Brahim Hadjas a crié haut et fort son indignation en interpellant les responsables " pour que tout cela cesse ", rappelant que " seule la loi doit être appliquée dans ce genre de situation ". D'ailleurs, il n'a pas hésité à saluer le verdict prononcé par le Conseil d'Etat " qui a condamné la Banque d'Algérie pour avoir retiré l'agrément à Union Bank ".

Sur un autre plan, cet homme d'affaires s'est interrogé sur " l'acharnement " pratiqué " par la Commission bancaire sur les banques privées algériennes, alors que les banques privées ou publiques étrangères n'ont pas été touchées par ces mesures de contrôle. Et d'ajouter : " C'est un dérèglement total de la loi sur la concurrence bancaire. A travers ces agissements, la Banque d'Algérie ou encore la Commission bancaire encouragent la concurrence déloyale ". Cela étant, la Banque d'Algérie, dans sa dernière note d'information relative à la supervision bancaire en Algérie, a indiqué que le rôle de " la Commission bancaire est de veiller au respect, par les banques et les établissements financiers, des dispositions législatives et réglementaires qui leur sont applicables et de sanctionner les manquements constatées ".

En d'autres termes, la Commission bancaire a pour mission de surveiller le fonctionnement du système bancaire afin de préserver les intérêts des déposants, de sécuriser les usagers, d'éviter tout danger systématique et de veiller au renom de la place par la production de situations financières fidèles. Elle indiquera également que le contrôle intégral a concerné aussi bien les banques publiques que les banques privées.

A.B. (Le Soir d’Algérie dimanche 6 avril 2003 Actualité p.4)



www.unionbank.com
www.algeria-watch.org
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