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mardi 4 septembre 2012

Hamrouche : Bouteflika ? C'est la consequence du triomphe de l'archaisme

Dans une interview parue, hier, simultanément dans El Watan et El Khabar, l'ancien Chef du gouvernement et ex-candidat à la dernière élection présidentielle a livré son analyse de la situation générale du pays et n'a pas manqué de tirer à boulets rouges sur " les forces de l'archaïsme " qui, a-t-il expliqué, " ont réussi à étouffer cette société au profit d'un consensus opaque ".

Mouloud Hamrouche considère que l'arrivée de Bouteflika à la présidence est précisément " une conséquence du triomphe de l'archaïsme ". Il précise toutefois que son départ ne constitue pas la solution. Dans cet entretien, il a abordé pêle-mêle la crise que vit le pays, les événements qui ont secoué la Kabylie, la gestion de Bouteflika, le rôle de l'Armée, la grève insurrectionnelle du FIS et bien d'autres questions en rapport avec la situation générale du pays. Ainsi, pour l'ex-chef de l'Exécutif, les événements de Kabylie sont " l'expression d'une quête de liberté " et révèlent, selon lui, " l'incapacité du régime et de ses hommes de formuler correctement les réponses ".

Il affirme, toujours dans ce contexte, que " l'unité du pays n'a jamais été menacée et ne le sera jamais ", relevant qu " 'à un moment ou à un autre, le pouvoir a utilisé le discours sur " la menace extérieure " et les atteintes à la souveraineté nationale, dont le but est de dominer la société, garantir sa soumission et renforcer les outils de la répression ". Poussant plus profondément son analyse, il a considéré que " la génération du mouvement national et celle qui est venue après ont échoué ", ajoutant, dans la foulée, qu' " aujourd'hui, nous avons le sentiment que les forces du progrès, qui existaient dans la société, dans le mouvement national, dans le mouvement démocratique et même dans le mouvement islamiste ont été laminées au profit des forces du conservatisme et de l'archaïsme, qui existaient, elles aussi, au sein de ces courants ".

Sur un autre plan, Mouloud Hamrouche a, cette fois-ci, complètement révisé sa position par rapport à la revendication du retrait de l'armée de la scène politique et donne même l'impression qu'il courtise " la Grande Muette ". " J'ai le regret de dire, aujourd'hui, au moment où tout le monde déclare que l'Armée doit se retirer de l'action politique, l'Armée ne doit pas se retirer et créer le vide ", allant jusqu'à déclarer que " toute solution à appliquer demain, passe par l'aide de l'Armée et son soutien ". Pour lui, c'est même " irresponsable de dire que l'Armée peut quitter aujourd'hui la scène politique sans la mise en place des conditions nécessaires à ce retrait, celles d'opérer les transferts vers des institutions réelles et ancrées ".

M. Hamrouche s'est également prononcé sur le dernier remaniement ministériel, qu'il a considéré comme " une confirmation et une consolidation du statu quo ". Il note, en effet, que " les empreintes " de Larbi Belkheir, secrétaire général de la présidence, " apparaissent clairement dans ce changement ".

HAMID SAÏDAN1
Liberté lundi 4 juin 2001


fr.wikipedia.org - Mouloud Hamrouche
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