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mercredi 15 août 2012

Prix Goncourt 2005



Deux Algériens sur la liste.
LES NOMS de Yasmina Khadra et de Nina Bouraoui figurent sur une liste qui compte treize écrivains issus de différentes nationalités.

Le prix Goncourt, l'une des cinq récompenses littéraires les plus prestigieuses en France, compte cette année sur sa liste les noms de deux écrivains algériens, Yasmina Khadra et Nina Bouraoui. Le premier pour son roman L'Attentat (éd.Julliard) le second pour son dernier livre Mes mauvaises pensées (éd.Stock). Jusqu'à présent, les rumeurs vont bon train. Même si le nom de l'écrivain Michel Houellebecq, pour La possibilité d'une île (éd.Fayard) est donné d'avance comme lauréat de ce prix, il n'en demeure pas moins que les deux écrivains algériens ont une chance de le remporter.

Dans L'Attentat, Yasmina Khadra raconte l'histoire de Aminé, un chirurgien israélien d'origine palestinienne. Il a toujours refusé de prendre parti dans le conflit qui oppose son peuple d'origine à son peuple d'adoption et s'est entièrement consacré à son métier et à sa femme Sihem. Jusqu'au jour où un attentat se produit à Tel Aviv. Son ami Naveed, policier, lui annonce alors que Sihem a été tuée et qu'elle est en plus soupçonnée d'être la kamikaze.



Extraits L'attentat de Yasmina Khadra

Quelques jours après sa parution, le roman a provoqué une indignation injustifiée parmi certains cercles. Et ce sont les Arabes eux-mêmes, que ce soit ceux d'Algérie ou d'ailleurs, qui l'ont cloué au pilori, en l'accusant de porter atteinte à l'intifadha palestinienne. En sus, ces Zoïles partagent tous le même point de vue : ils veulent tous être plus palestiniens que les Palestiniens eux mêmes. Aussi, d'autres critiques, destructives celles-ci, pointent du doigt l'écrivain en l'accusant de servir la culture et la langue françaises. Ces gens mêmes qui oublient que la langue n'est en fait qu'un outil de communication. Et que le principe même de la liberté individuelle veut que chacun s'exprime dans la langue qu'il maîtrise le mieux et ce n'est pas une tare. N'oublions surtout pas que ce genre d'accusations ont poussé notre brillant et talentueux écrivain Malek Haddad à renoncer définitivement à la littérature.

L'auteur de Je t'offrirai une gazelle n'avait de cesse de déclarer, tout au long de sa carrière littéraire : « Je n'écris pas en français, mais j'écris le français. » L'autre écrivain qui figure sur la liste des Goncourt, est la franco-algérienne Nina Bouraoui. Née en 1967 à Rennes d'un père Algérien et d'une mère Bretonne; elle a vécu ses quinze premières années en Algérie. Pour son dernier roman, Mes mauvaises pensées, elle imagine une femme allongée sur un divan qui se confie à un psy. « J'ai voulu raconter le métier de vivre et le métier d'aimer, explique Nina Bouaraoui au sujet de ce livre. Ce n'est pas le récit d'une thérapie, ce n'est pas une légende, c'est un roman parce que c'est une histoire rapportée; c'est l'histoire de ma famille, de l'Amie, de la Chanteuse, d'Hervé Guibert, c'est l'histoire de mes deux pays. Je n'ai jamais quitté l'Algérie, on m'a enlevée à l'Algérie, je n'ai jamais fait mes adieux, j'ai appris à devenir en France et je crois que je suis née deux fois. Mes Mauvaises Pensées est aussi mon retour vers le pays où j'ai laissé quelque chose qui n'a jamais cessé de grandir dans mon dos, et qui n'a jamais cessé de m'effrayer ».

Par ailleurs, ce qui a laissé plus d'un avancer le nom de Michel Houellebecq, pour son best seller La possibilité d'une île, c'est la campagne de marketing ciblée et sélective dont a bénéficié cet auteur pour son roman. Pour rappel, Houellebecq avait « brillé », dans un entretien accordé au magazine français Lire, paru en septembre 2001, par ses déclarations xénophobes et islamophobes. Cette affaire a vite fait tache d'huile. L'écrivain est en effet accusé par différentes associations musulmanes ainsi que par le recteur de la mosquée de Paris, d'injures et incitation à la haine raciale.

Il sera relaxé, grâce à son avocat Me Pierrat ainsi qu'à la mobilisation des intellectuels et de ses lecteurs. Néanmoins, ce procès le marque au point qu'il décide de ne plus jamais répondre aux médias et de quitter la France pour l'Espagne. Nonobstant ce passé qui n'est pas du tout reluisant, les critiques littéraires attestent de son talent confirmé. Déjà, avant même la parution de son dernier roman La possibilité d'une île, les éditeurs étrangers se sont rués pour l'acquisition des droits de traduction.

A noter enfin que la troisième liste et la dernière, sera annoncée le 25 octobre prochain. Le prix, décerné depuis 1903, sera annoncé le 3 novembre. Le lauréat recevra son prix en décembre lors d'un dîner organisé par l'académie Goncourt.

Hakim Kateb
L'Expression lundi 17 octobre 2005


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