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jeudi 9 août 2012

La logistique durant la guerre de liberation de Abdelmadjid Bouzbid

« Le livre reste le véhicule le plus adapté pour transmettre la mémoire et assurer la pérennité de l'histoire en estampillant les événements et les hommes qui les ont vécus». C'est à travers ce véhicule que Abdelmadjid Bouzbid, l'auteur du livre «La logistique durant la guerre de libération nationale », a voulu retracer des événements historiques qui ont conduit à l'indépendance du pays.

Il présente dans son livre un témoignage vivant sur l'organisation des services de l'armement pendant la lutte de libération. Etant membre actif de l'Organisation secrète, l'OS, dès 1949, et ayant occupé différents postes de responsabilité pendant la révolution, l'auteur a ouvert une brèche sur ce qui a toujours représenté le nerf de la guerre, les armes, tout en faisant la lumière sur « les fourmis », « ces hommes, dira-t-il, qui ont contribué à tisser la toile qui enferra l'armée coloniale ».

L'auteur, ancien directeur général de la Sûreté nationale et également ambassadeur d'Algérie au Mali dans les années 90, nous livre dans son ouvrage « ce qu'il sait », avec une courte autobiographie. Il n'était, évidemment, pas facile d'affronter une des armées les plus puissantes du monde, à l'époque, avec de simples fusils. Le déclenchement de la révolution du 1er Novembre n'a été que l'aboutissement d'un long travail d'organisations telles le PPA, le MTLD et l'OS, malgré les divergences qui existaient entre les membres dirigeants et les nombreuses trahisons de certains de ses membres.

Créée en 1947, l'OS avait un caractère paramilitaire, aux structures propres à la lutte armée, objectif fondamental et inévitable, rapporte M. Bouzbid dans son livre. « L'OS disposait d'un organigramme hiérarchisé : les services généraux, les renseignements, les transmissions, les explosifs. La logistique et l'armement étaient les deux autres structures qui complétaient cette organisation ». Au sein de l'OS, l'auteur avait la responsabilité d'un « demi-groupe » composé de deux valeureux militants : Aissaoui Mohamed et Zemouli Abderrahmane, tous deux décédés. « Les structures étaient cloisonnées au point où chacun des chefs des sous-groupes ignorait la composition des deux autres sous-groupes ». Le contact se limitait seulement aux trois responsables, Arrar Khemissi, Abdellah Fadel et l'auteur.


Après le démantèlement de l'OS, en mars 1950, et l'arrestation de plusieurs de ses membres qui ont réussi à s'évader avant le fameux procès de Annaba, intervient l'ultime réunion des vingt-deux qui décida du déclenchement de la guerre de libération nationale pour laquelle plus d'un millier d'armes étaient rassemblées dans les Aurès, témoigne l'écrivain. Pour se procurer les armes, une seule consigne avait été donnée aux militants, « les trouver, les acheter ou s'en accaparer ».

Bien que le marché des armes soit secret, épineux et risqué, tel que le décrit M. Bouzbid, les chefs de l'Armée de libération nationale se sont orientés surtout vers la Libye et la Tunisie, sous protectorat français, pour l'achat d'armes. Des cargaisons d'armes en provenance du Moyen-Orient étaient également envoyées d'Egypte par voie maritime pour être livrées dans les ports de la Libye et du Maroc. Les armes transitaient aussi par le Sud tunisien, révèle l'auteur. La récupération de ces armes était à la charge de Mustapha Benboulaïd, qui devait « les remette en état, les stocker en lieu sûr dans les grottes de la région des Aurès, jusqu'à l'avènement du déclenchement de la révolution. Ensuite, elles ont été réparties d'une manière équitable entre les zones 1,2, 3 et 4 ". De grandes quantités de matériel militaire sont parvenues de la Chine et de l'ex-Union Soviétique. L'Arabie Saoudite avait livré des bazookas, des FM et des PM/US.

L'année 1956 marque la création d'une structure logistique nationale à l'extérieur, chargée des approvisionnements en tous genres pour les besoins de l'ALN. Cette mission était assurée par le colonel Benaouda de la wilaya II et le colonel Ouamrane de la wilaya IV, installés tous les deux à Tunis.

Il eut ensuite la création du département de l'armement et du ravitaillement général (D.A.R.G.) en 1958. La mission du DARG consistait en l'approvisionnement en moyens, que ce soit sous forme d'achat, de dons, ou par la fabrication d'armes et de matériel de guerre et aussi l'approvisionnement des réfugiés. Les armes parvenaient de tous les coins du monde, malgré l'isolement de tout le territoire par l'armée coloniale par la construction des barrages de la mort, électrifiés et minés. Le témoignage de l'écrivain est illustré par des photos et des documents officiels de l'époque pour que « ces événements soient incrustés dans la mémoire collective ».


http://www.algeria-watch.org/fr/article/mil/dgsn_hamel.htm
http://www.dgsn.dz/?Historique-de-la-police-en-Algerie

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