Recherche personnalisée

lundi 30 juillet 2012

Coupables de Leila Aslaoui

" COUPABLES " DE LEILA ASLAOUI AUX EDITIONS BUCHET & CHASTEL (2006)

Destin tragique de femme

Bédira, Chérifa, Safia ... n'ont qu'un tort, celui d'être nées filles en Algérie. Sous-citoyennes, mineures à vie, coupables par nature, telle est leur condition.

Sobre, digne et sans artifices, voilà comment se révèle Leïla Aslaoui à ses lecteurs dans son dernier livre Coupables, paru en France aux éditions Buchet & Chastel (2006). Vibrant d'émotions, l'ouvrage tranche sans équivoque sur la réalité amère et déplorable de la condition de la femme algérienne soumise aux lois, traditions et mentalités saccagées par des tabous imposés. Coupables, ce sont douze histoires réelles, douloureuses et révoltantes contre l'infâme diktat des hommes. En 2006, le destin de ces femmes n'a toujours rien à envier. Aujourd'hui encore, sans la protection d'un mâle quel que soit son âge, elle reste une mineure jusqu'à sa mort. Leïla Aslaoui, ex-ministre de la Jeunesse et des Sports (1991/92) sous la présidence du regretté Mohamed Boudiaf, puis ministre de la Solidarité (1994), n'a pas hésité à se mettre à nu. Elle s'est racontée et a raconté chaque instant de la tragédie ressentie à l'assassinat de son mari. Du ressentiment et des accusations qu'elle a reçu en plein coeur. Leïla Aslaoui, cette dame courage a payé un lourd tribu et nous, on se demande, aujourd'hui, pour quel résultat ? Alors qu'en première page des journaux algériens, des bombes explosent et des attaques terroristes se préparent pendant que les repentis récupèrent leurs droits, les victimes du terrorisme, elles, n'ont jamais eu le droit de se plaindre. D'ailleurs, elles n'ont jamais eu aucun droit, et cela, on le constate en parcourant les 190 pages de Coupables. Sous-citoyennes, coupables à la naissance et débauchées lorsqu'elles osent un soupçon de liberté, ce livre est une tribune offerte sur des destins qui se croisent par le drame.



Née en 1945 à Alger, Leïla Aslaoui enseigne actuellement à l'Institut de droit et dans des institutions internationales à Alger. Elle écrit régulièrement dans les colonnes du Soir d'Algérie.

Après une longue carrière dans la magistrature, elle a été ministre de la Jeunesse et des Sports (1991 -1992) dans le gouvernement de Mohamed Boudiaf, puis ministre de la Solidarité nationale (1994) jusqu'à sa démission, en septembre de la même année, pour protester contre les pourparlers entre le pouvoir algérien et le Front du salut islamique, officiellement dissout. Son mari a été assassiné dans son cabinet de chirurgie dentaire par les islamiques le 17 octobre 1994. Elle se bat aujourd'hui pour le respect des droits de la femme en Algérie.

Sam H.
Le Soir d’Algérie jeudi 9 septembre 2006



Recherche personnalisée