Recherche personnalisée

vendredi 29 juin 2012

La sagesse des oiseaux par Youcef Allioui

C'est bien le cas de dire que le mort fait chanter le vif. Que de poèmes épiques chantés et dits sur les combattants kabyles morts au combat de 1830 à 1871 ! Quand leur pays est envahi, leurs tribus persécutées et leurs chefs (mezwers) bannis ou condamnés à mort, leur voix, s'éveillant tout à coup enflamme, comme dans le conte de l'alouette, les groupes guerriers des paysans devenus soldats, et retrouve, pour chanter le pays amazigh, l'inspiration des anciens bardes berbères qui parcouraient leur pays, Tamazgha.

Je pourrais citer mille autres exemples de l'utilité pratique de notre littérature orale populaire. Je ne répéterai jamais assez que c'est grâce à la poésie ancienne que la Kabylie a connu son printemps berbère par une révolte de sa jeunesse en 1980. Ce qu'elle avait appelé « le printemps berbère » (tafsut imaziyen). Il est dit dans nos traditions que la poésie faisait fuir tous les malheurs y compris ceux de la peste !

« Bizarre superstition ! » m'avait un jour dit l'un de mes professeurs de français originaire du Sud-Ouest de la France. Superstition ? Sans doute ! Mais elle montre avec éclat quel pouvoir le peuple kabyle attribuait à sa culture orale et à sa poésie. L'alouette n'avait-elle pas dit : « Le poète a des mots pour calmer toutes les douleurs et éteindre tous les incendies. »

Le merle aussi a dit au petit entant berbère : « Ecoute-moi chanter et tu finiras par comprendre que ta langue est aussi belle que toutes les autres ! »




youcefallioui.com
Recherche personnalisée