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dimanche 27 mai 2012

Tahar Djaout, le grand absent


Tahar Djaout, le grand absent
Par : Samira BOUABDELLAH

" Le silence, c'est la mort. Et toi, si tu parles, tu meurs. Si tu te tais, tu meurs. Alors, parles et meurs ", ce fut sa phrase. Lui, c'est Tahar Djaout.

Il y a exactement dix-neuf ans nous quittait à jamais le journaliste talentueux, écrivain de renom et directeur de la rédaction de l'hebdomadaire Ruptures, en l’occurrence, Tahar Djaout. Il fut l'un des premiers intellectuels victime de la « décennie du terrorisme » en Algérie. Il faisait terriblement peur par ses vertus tant morales qu’intellectuelles et il dérangeait sans doute les prêcheurs de la violence et de l'obscurantisme.

Il ne se doutait pas qu’en ce 26 mai 1993 il avait rendez-vous avec la mort. Ce mercredi noir Tahar Djaout quitte son domicile situé à Bainem, une cité populaire de la banlieue ouest d’Alger, à 9h du matin. Il entre dans sa voiture et allume le moteur. Un jeune homme tapote sur la vitre avant. Djaout le regarde : il se retrouve brusquement face à un canon de revolver. Une détonation, puis une autre. Touché à la tête, il sombre dans un coma profond, dont il ne se réveillera jamais. Les agresseurs jettent le corps sur le sol, montent dans le véhicule et démarrent en trombe. Du balcon qui surplombe le parking, des voisines qui ont vu toute la scène donnent l'alerte. Evacué vers l'hôpital de Baïnem, Tahar Djaout rendra l'âme une semaine plus tard. Il avait 39 ans.

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