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samedi 19 mai 2012

Messali est un contre-revolutionnaire et un traitre a la patrie par Amar Ouamrane, Chef de zone

Ayant depuis mon jeune âge un amour pour le militaire, j'ai adhéré au P.P.A. avec l'unique souci de prendre un jour une arme pour combattre l'ennemi oppresseur et voir mon pays libre et indépendant. Hélas, comme beaucoup de patriotes qui avaient placé leur confiance en Messali, j'ai été trompé et induit en erreur par cet homme qui déclarait sans cesse dans ses discours que nous arracherions notre indépendance par la force. Ceux d'entre nous qui n'avaient pas eu l'occasion d'approcher et de connaître Messali, s'imaginaient qu'il était un véritable prophète. Les événements depuis le début du différend se chargèrent de nous démontrer le contraire et de faire apparaître Messali sous son véritable jour, c'est-à-dire un contre-révolutionnaire, un réformiste, voire un collaborateur de l’ennemi; oui, un collaborateur du gouvernement français ! Car, pourquoi celui-ci amélioré-t-il le sort de Messali — au moment où la Révolution algérienne bat son plein — et le promène-t-il de résidence en résidence à Niort, aux Sables d'Olonnes, à Belle-Ile ? Sans doute pour le protéger de la colère des patriotes qui lui reprochent sa stagnation depuis 1925 jusqu'à 1954.

Messali a excellé dans l'art d'adresser des rapports aux militants de base pour se plaindre de ses collaborateurs et déclarer qu'il n'était pas respecté par eux alors que les preuves irréfutables que nous détenons montrent que c'est du jour où ses collaborateurs décidèrent, entre autres, de lui réduire sa permanence, qu'il s'en prit au C. C. En tant que soldat de l'A.L.N. je veux poser une question à tout patriote sincère : Qu'a fait Messali pour préparer l'insurrection nationale, en sa qualité de président d'un mouvement révolutionnaire depuis 1925 ? Il porte à cet égard une lourde responsabilité vis-à-vis du peuple. Messali fait sa révolution en dressant des frères algériens les uns contre les autres, en leur prodiguant des mensonges indignes, en essayant de leur faire croire notamment que l'A.L.N. lui appartient. Nous lui opposons à ce sujet un démenti formel.

Messali n'a jamais pensé, prévu ou préparé quoi que ce soit pour l'insurrection ni lui, ni son état-major depuis Sidna Moulay jusqu'au sinistre agent de renseignements de la police Mokhtar Zitouni en passant bien entendu par le fils chéri du colonel Schoen Mr. Rihani. Que pense le peuple de ces hommes qui dirigent le M.N.A. et conseillent Messali ? Dieu merci toute la lumière a été faite sur cet homme et continue de jaillir. Notre peuple a ouvert les yeux et assoiffé de prendre les armes pour combattre, il suit aujourd'hui l'exemple des peuples frères de Syrie, du Liban, d'Indonésie, d'Indochine qui ont acquis leur indépendance non par grâce à la « baraka » ou par le culte d'une personne comme nous l'avions fait auparavant pour Messali mais grâce à une action insurrectionnelle.



Je n'oublierai jamais un mot de lui en 1952, alors que j'étais allé lui rendre visité à Bouzaréah, en compagnie d'autres frères qui comme moi étaient dans une situation -illégale. Après nous avoir parlé longuement de Paris et des relations diverses qu'il entretenait dans la capitale française, il s'écria : « J'aime Paris ». Nous pensions que c'était pour des raisons de travail et de militantisme. Je me hasardais néanmoins à lui poser la question : « Pourquoi Sid el Hadj, aimez-vous Paris ? » Il répondit : « C'est là que j'ai crée l'Etoile Nord Africaine et c'est là aussi que je possède de nombreuses amitiés dans les milieux français ». « En réalité nous apprîmes par la suite que si Paris le séduisait tant c'était pour des raisons tout autres que le travail et l'activité militante.

J'ai vécu personnellement la crise avec le frère Krim Belkacem. Nous avons été informés de différentes sources, des tares et des défauts de Messali notamment de son égoïsme démesuré. A ce sujet, pourquoi Messali condamne-t-il à mort le frère Krim Belkacem ? Sans doute parce que ce dernier a eu l'initiative de préparer l'insurrection et d'agir en conséquence contre le colonialisme oppresseur alors que Messali n'a jamais eu cet honneur. Pourquoi ordonne-t-il à ses hommes de main d'abattre les chefs de l'A.L.N. ? Là encore le peuple algérien jugera que Messali est un traître, un collaborateur de l'ennemi ; c'est ce qui explique qu'il ait été condamné à mort par les patriotes qui ont pris les armes pour libérer leurs pays.


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