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lundi 23 avril 2012

Nahnah : J'ai envoye des algeriens en Afghanistan


TOUT EN DEMANDANT À BUSH DE SUPERVISER LES ÉLECTIONS

Nahnah : « J'ai envoyé des Algériens en Afghanistan »

Le numéro 1 du MSP, Mahfoud Nahnah, a demandé, hier, au président américain George W. Bush de « protéger les urnes en Algérie ». Il ne voit aucun mal à ce que la prochaine élection se déroule sous le regard d'observateurs internationaux.

Par Idir Dahmani

La démarche chez le cheikh qui a été l'invité du forum du quotidien El-Youm, n'est plus la même que celle des années 92, 96 et 99. Il n'est plus question de faire de cadeau au pouvoir, a laissé entendre Nahnah. Mieux encore, l'homme ne s'est pas gêné pour mettre en garde les « concernés » contre une tentative de fraude.


Il est vrai, indique le président du MSP, que « le régime algérien s'est habitué à la fraude des élections», mais, avertit-il, « les temps ont changé et le MSP n'est pas prêt à avoir éternellement la même attitude ». « D'ailleurs, je commence à sentir une certaine odeur de fraude », lance-t-il. Et d'avertir: « Si le MSP découvre la fraude, il ne prendra pas part à la prochaine élection ». Dans son exercice d'expliquer « l'attitude » du MSP lors des précédentes élections, M. Nahnah a relevé qu'à partir de 1992, l'Etat algérien a été menacé dans son existence. Car, relève-t-il, « un complot concocté de l'intérieur et de l'extérieur visait, ni plus ni moins, la soumission du pays. Alors, le parti et moi-même avons participé à l'échec de ce complot.» Et de clamer : « Il n'y a pas quelqu'un qui a défendu la République comme nous l'avons fait. » Maintenant, souligne le patron du MSP, les choses ont évolué : « La République est debout ... elle n'est pas laïque et ne le deviendra jamais ». Ainsi, le mouvement que préside Nahnah est appelé à jouer « un autre rôle ».

Et pour commencer, Nahnah dresse le mode d'emploi : « Le MSP est dans le gouvernement, mais ne fait pas partie des gens du pouvoir. » S'agissant du Président de la République, il constate : « Bouteflika est plus présent à l'étranger qu'à l'intérieur du pays », et d'ajouter : « Le Président a fait entendre la voix de l'Algérie, mais le feu de la fitna qu'il a promis d'éteindre est encore allumé, la situation socio-économique est des plus critiques, le plan de relance économique, initié par le Président est la proie de quelques chats. »

Sur un autre chapitre, il affirme que « la contestation populaire (qui n'est pas centrée dans la seule Kabylie est le résultat de l' exclusion ».

Interrogé sur le retour éventuel du FIS, Nahnah est clair : « Je ne suis pas contre, il vaudrait mieux que ce soit sous un autre sigle. » Il est prêt également à rendre visite à Abassi Madani et Ali Benhadj « à condition que les deux hommes acceptent et qu'on m'y autorise ». Jugeant qu'il est allé trop loin, Nahnah rectifie : « Il me semble que ni Benhadj ni Abassi n 'accepteraient de constituer ou de diriger un parti politique. »

En outre, et pour la première fois, il avoue : « Oui, je suis parmi ceux qui ont envoyé 25 à 30 Algériens en Afghanistan pour combattre les communistes ». A ce propos, il ne cache pas sa déception d'avoir constaté que « les Afghans algériens n'ont pas été bien accueillis en Algérie une fois le djihad terminé ... Voilà pourquoi quelques-uns se sont transformés en monstres ».

En tout cas, nuance Nahnah, « aucun de ceux que j'ai envoyés ne s'est transformé en tueur d'Algériens ». Enfin, en éternel humoriste, il jette une phrase à la fois grave et satirique : « J'aurais tant aimé être un responsable des services de renseignements ... pour faire le bien ».

L'Expression mardi 6 novembre 2001



fr.wikipedia.org - Mahfoud Nahnah
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