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dimanche 18 mars 2012

Moi, je n'ai rien


Ayla ne connaissait rien à la religion, la sienne était la survie. Dehors, dans la rue, aucune religion n'était valable. Il fallait lutter contre le froid, contre la famine, contre les agressions et aujourd'hui contre les « barbus », ceux qui descendaient avec la nuit, armés prêts à tuer. Même la mosquée n'était plus sûre, les gens qui y venaient devenaient louches, suspects et ça grouillaient de flics. Petit à petit, la salle des prières se remplissait. Des hommes, des enfants et des vieillards s'alignaient déjà dans le premier rang. Ayla regardait à la dérobée tous ces gens et tentait de deviner les liens qui les unissaient à leur Créateur pour venir ainsi tous les jours se prosterner devant lui. La plupart des prieurs avaient des magasins et gargotes dans le quartier. Ayla les connaissait tous pour avoir tourné autour de leurs boutiques. Ces hommes avaient-ils faim pensa-t-il. Dormaient-ils dans la rue comme lui ? Tous ces hommes avaient une maison, un nom, une famille et ils avaient même Dieu, conclu l'enfant « Moi, je n'ai rien ».

La revanche de May
Le manuscrit
Page 61
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