Recherche personnalisée

mardi 14 février 2012

Deces de Georges Acompora (PAGS)


Georgeot Antoine Acampora est né à la mi-février 1926 , rue d’Orléans au vieux quartier de la Marine, à Bab El Oued. C’est là qu’il ira à l’école primaire. Sa maison natale, comme son école primaire seront rasées dans ce quartier vétuste. Toute la famille ira habiter à quelques centaines de mètres de là, mais toujours à Bab El Oued.

Les parents sont d’origine italienne. Georgeot sera le dernier des six frères et soeurs. Le père Augustin Acampora vient d’Italie, il est marin pêcheur chez un patron à la Pérouse , aujourd’hui Tamenfoust. Antoine, c’est le second prénom de Georgeot, quitte l’école à 14 ans , malgré qu’il était bon élève, sa mère ne voulait pas, mais il fallait bien tous travailler pour survivre. Il travaille comme ouvrier pêcheur et se souvient comment il transportait à la force des bras et sur ses épaules les cageots de poissons à partir d’Hussein Dey pour les vendre au marché de Belcourt. Sa mère Clémentine Castagna, travaillait chez elle, à domicile, comme cordonnière.

Georges Antoine commencera ensuite à travailler chez Spinoza, comme apprenti tourneur, puis chez Fotiadis près de l’Agha, toujours en tant que tourneur. Il passera ensuite à l’usine Job de tabac à Bab El Oued, dans l’entretien du matériel. C’est chez Job, que cet ouvrier deviendra syndicaliste à la CGT et c’est là qu’il dirigera une grève de 40 jours de l’ensemble des quatre usines de tabacs de Bab El Oued.

En 1950 , en début d’année, Acampora adhère au Parti Communiste Algérien (PCA). Comment y est-il venu ?

Il nous l’a confié en juillet autour d’un café : « hé bien comme j’étais sur le quartier, je connaissais des camarades qui y activaient pour le PCA ; j’ai commencé à participer à des actions sociales avec les camarades , sans être membre du parti. Ensuite on assiste aux premières grèves, et là, tu commence à voir, à comprendre, à rentrer dans l’action. Je n’avais ni mon père, ni ma mère, ni mon frère dans ses idées-là. Les choses de la famille ce n’était pas ça…Je connaissais des camarades dans le quartier, alors j’y suis allé tout seul, à la section de Bab El Oued…C’est dans l’action avec les camarades que j’ai décidé d’entrer au PCA »

Acampora effectue son service militaire à Cherchell, ça l’aidera quand il a fallu qu’il prenne les armes pour libérer son pays. Quelques mois après novembre 54, au printemps 55, le PCA crée ses propres maquis et ses propres Combattants De la Liberation les CDL , tout en poursuivant ses démarches pour prendre contact avec la direction du FLN et sceller les accords FLN-PCA pour l’intégration des CDL au sein de l’ALN . Au sein des groupes de choc, Acompora participera à l’attaque du commissariat de la Redoute. Comme ouvrier tourneur expérimenté, il réparera les mitraillettes, rectifiera les culasses au sein des ateliers des pompiers. « Je rentrais une arme à la fois » dit-il Sur dénonciation Georgeot est arrêté à la caserne, torturé, emprisonné à Serkaji, puis fut condamné à mort. Ce n’est que début 1959, qu’il passera de Serkaji à El Harrach. Il venait de bénéficier d’une grâce et sa peine fut commuée en travaux forcés à perpétuité, avec 181 patriotes condamnés à mort. De ce passage à El Harrach il conservera une belle, de ses rares photos, avec un groupe de jeunes prisonniers. Il montre le jeune qui est au centre, « c’est notre muezzin » dit-il et c’est moi qui le réveillait chaque matin pour qu’il lance l’appel à la prière. C’est vrai qu’un condamné à mort apprend à ne pas s’endormir avant l’aube.





forumdesdemocrates.over-blog.com

Recherche personnalisée