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dimanche 28 mars 2010

Salim Bachi


Salim Bachi est un romancier né en 1971 à Annaba, dans l’Est algérien. Après un séjour d’un an à Paris en 1995, il y est revenu en 1997 pour y faire des études de lettres. Pensionnaire à l’Académie de France à Rome en 2005, il vit et travaille désormais à Paris.

Il a publié quatre romans aux éditions Gallimard dans la collection blanche, Le Chien d’Ulysse, La Kahéna, Tuez-les tous et Le silence de Mahomet qui ont été salués par la critique et ont obtenu plusieurs prix littéraires. Il a également publié un recueil de nouvelles sur la malvie en Algérie intitulé Les douze contes de minuit chez le même éditeur et un récit de voyage, Autoportrait avec Grenade, aux éditions du Rocher. Ses livres ont obtenu le prix Tropiques, le prix de la Vocation, la bourse Goncourt du premier roman et la bourse prince Pierre de Monaco de la découverte.

Il dit s'inspirer d'auteurs laïcs contemporains tels les algériens Kateb Yacine et Rachid Mimouni mais surtout influencé par les écrits du marocain Driss Chraïbi ainsi que les tunisiens Youssef Seddik et Hichem Djaït.

Son dernier roman Le silence de Mahomet présente une vision romancée et controversée de Mahomet.

Son éditeur à Alger est Barzakh, appartenant à Sofiane et Selma Hadjadj.

mercredi 24 mars 2010

Myriam Ben


BEN Myriam, pseudonyme de Marylise Ben Haim
1928-2001
Peintre et femme de lettres

Marylise Ben Haim naît à Alger le 10 octobre 1928. Elle aimait rappeler sa double ascendance juive : berbère par son père, Moïse Ben Haim, dont les ancêtres appartenaient la vieille tribu algérienne des Ben Mochi; andalouse par sa mère, Sultana Stora, issue d'une famille de musiciens juifs expulsés d'Espagne. Marylise est la troisième d'une fratrie de quatre enfants. Au début de la Seconde guerre mondiale, elle est élève au lycée Fromentin d'Alger. Elle en est chassée par le numerus clausus appliqué aux juifs par les lois de Vichy. C'est à cette période qu'elle adhère aux Jeunesses communistes clandestines d'Alger dont son frère est secrétaire. En 1943, elle réintègre le lycée après le débarquement américain qui a lieu à Alger le 8 novembre 1942. Elle poursuit ensuite une formation d'institutrice tout en continuant des études de philosophie à l'université d'Alger.

jeudi 18 mars 2010

Christiane Achour

Née en 1946 à Alger, Christiane CHAULET ACHOUR y a vécu et travaillé jusqu’en 1993. Elle est actuellement Professeure de Littérature Comparée et Francophone au Département de Lettres Modernes de l’UFR des Lettres et Sciences Humaines de l'Université de Cergy-Pontoise, depuis septembre 1997 et Directrice du Centre de Recherche Textes et Francophonies dans la même université, depuis Juin 2002 (CRTH, Centre de Recherche Texte/Histoire devenu, depuis janvier 2006, CRTF, Centre de Recherche Textes et Francophonies).

lundi 15 mars 2010

Rachid Boudjedra : Mon hommage a l'Armee

Rachid Boudjedra est le premier écrivain et intellectuel algérien à avoir dénoncé l'islamisme politique et sa barbarie terroriste dans son livre Le FIS de la haine paru en 1994 chez Denöel. Ses ouvrages de la décennie écoulée comme Timimoun, Une Vie à l'endroit ne laissent planer aucun doute sur la paternité islamiste des assassinats et des massacres. Dans cet entretien, il s'exprime sur les retournements concernant cette question tant en Algérie qu'en Occident

Le Matin : Quelles lectures avez-vous faites de la récente parution du témoignage de Souaïdia et de la déclaration des intellectuels français accusant l'Armée algérienne de génocides ?

Rachid Boudjedra : Il y a un parti anti-algérien puissant, manipulé qui arrive facilement à tromper les gens. J'ai été surpris par Pierre Bourdieu dont je déplore l'attitude car c'est un ami. Pierre Vidal-Naquet, c'est connu, est très anti-Etat algérien. L'Algérie ne ressemblait plus à leur rêve.

Mohamed Sehaba : L’écriture nous arrache au chaos

Mohamed Sehaba. Poète
« L’écriture nous arrache au chaos »

Il est sans doute un de nos plus grands poètes. La découverte précoce d’El Mutanabbi et Baudelaire sera la source d’une expression belle et subtile. Il nous dit ici l’écriture, l’amour, l’exil, le retour, le pays, le monde.

La poésie, pour vous, est-ce une rencontre fortuite, un intéressement volontaire ou une longue et inexplicable histoire d’amour ?


Je ne sais à quel moment j’ai senti que je devais être un relais pour ce souffle lointain et mystérieux qui me traversait. Depuis, de temps à autre, je suis à l’écoute de cette chose qu’il faut, par le travail, rendre claire, perceptible, limpide et toute chargée du sens que je crois être le sien. C’était du temps de l’école coranique, à 12 ans, puis ça a pris de l’intensité à la découverte à la fois d’El Mutanabbi et de Baudelaire et de la naissance d’un désir de se montrer beau à la femme alors que le physique était effiloché par les tensions de l’adolescence. Au fil du temps, je me suis trouvé avec une responsabilité qui va d’Oum Kaltoum à St John Perse. Oum Kaltoum et Saint John Perse ! Et si moi alors, fils d’ouvrier, je me suis établi d’entrée dans ces hauteurs sibyllines, ce n’est point par fantaisie ou mégalomanie. C’est parce que ma condition sociale même me chargeait d’une sensibilité profonde et d’une rigueur. Un désir de différence et de sincérité, fût-elle par l’obscur, fit le reste. Bref, ce fut pour moi, au-delà de tout, un lent aiguisement de perception, de réceptivité et de reproduction esthétique de sons et de sens. Cela s’est fait pour moi au carrefour de deux langues : je suis né dans l’arabe, j’en ai pris le souffle, la rhétorique de son histoire, le mythe du diseur, de son pouvoir public et de sa voyance. C’est avec tout ça que je suis venu habiter la langue française, essayant de la faire retentir par de nouveaux contacts, de nouvelles touches, toutes arabes peut-être, et devenant ensuite plus larges, humaines tout court. S’il y a une histoire d’amour à propos de poésie, c’est celle de l’amour de soi dans cet exil où naît le poème, c’est-à-dire dans l’exil en dehors de toute langue et de tout sens, de toutes lois établies.

samedi 13 mars 2010

Djemila Benhabib au pas de charge contre l’islamisme

« Ma vie à contre-Coran », c’est le titre, sciemment provocateur, qu’a donné Djemila Benhabib à son premier essai qui-même s’il est largement autobiographique, ne restitue pas moins la complexité de cette période de folie dans laquelle a été plongé le pays par l’irruption de l’Islam politique.

Le sous-titre « Une femme témoigne sur les islamistes », rend mieux compte du contenu de cet ouvrage de 270 pages paru en mars 2009 dans la collection « Partis pris actuels » chez VLB, éditeur du Québec (Canada). Depuis la parution de son livre, l’Algérienne Djemila Benhabib est désormais un nom connu au Canada. Cette jeune auteure est maintenant invitée dans aussi bien des cercles restreints que dans des clubs de réflexion ou des enceintes universitaires où elle poursuit un combat dont le présent livre n’est qu’une forme de lutte parmi d’autres. Déjà, avant son livre, elle se déplaçait beaucoup dans différentes régions du Québec mais aussi du Canada anglophone pour parler des conditions imposées aux femmes dans les pays musulmans et en Occident dans les milieux de l’immigration ou pour expliquer ce qui se passait dans son pays transformé par l’intégrisme en terre de désolation et d’immobilisme.

jeudi 4 mars 2010

Leila Sebbar


Romancière et nouvelliste, Leïla Sebbar est née le 19 novembre 1941 à Aflou (Hauts-plateaux dans le département d'Oran), en Algérie d’un père algérien et d’une mère française, instituteurs.

Elle vit en France depuis l’âge de dix-huit ans. Étudiante, puis professeur de Lettres, elle est l’auteure d’essais, de critiques littéraires, de recueils de textes inédits, de nouvelles et de romans.

Leïla Sebbar se définit comme «une écrivaine dans le siècle – siècle qui commencerait au milieu du XXe siècle – c’est-à-dire lié à une histoire particulière, celle de la France et de ses colonies : guerres de colonisation, de décolonisation, de libération et, liés à cette histoire, tous les effets de déplacement, d’exode, d’exil et donc de rencontres singulières entre ceux qui quittent un pays et ceux du pays d’arrivée. [Ses] personnages sont donc en déplacement. Comment vont-ils vivre ? Comment appréhender leur propre histoire, leur « roman familial » en relation avec l’histoire générale ? C’est ce rapport très fort, et que l’on ne peut ignorer, entre l’intime et le politique qu’[elle] explore.»

mardi 2 mars 2010

Médiène Benamar

Benamar Médiène est professeur d'histoire de l'art à l'université d'Aix-en-Provence, a déjà publié les Jumeaux de Nedjima, ainsi que de nombreux essais sur l'art et la culture en Algérie.

Rimbaud et l'Algerie


lundi 1 mars 2010

Albert Memmi

Albert Memmi, né le 15 décembre 1920 à Tunis, est un écrivain et essayiste franco-tunisien.

Biographie

Né dans la Tunisie coloniale, issu d'une famille juive de langue maternelle arabe, Albert Memmi est formé par l'école française, d'abord au Lycée Carnot de Tunis puis à l'Université d'Alger, où il étudie la philosophie, et enfin à la Sorbonne. Memmi se trouve au carrefour de trois cultures et construit son œuvre sur la difficulté de trouver un équilibre entre Orient et Occident.

Parallèlement à son œuvre littéraire, il poursuit une carrière d'enseignant au lycée Carnot de Tunis (1953) puis, après s'être replié en France après l'indépendance de la Tunisie, à l'École pratique des hautes études, à HEC et à l'Université de Nanterre (1970).

Bien qu'ayant soutenu le mouvement d'émancipation de la Tunisie, il ne peut trouver sa place dans le nouvel état musulman.

Il publie son premier roman largement autobiographique, La Statue de sel, en 1953 avec une préface d'Albert Camus. Son œuvre la plus connue est un essai théorique préfacé par Jean-Paul Sartre : Portrait du colonisé, précédé du portrait du colonisateur publié en 1957 et qui apparaît, à l'époque, comme un soutien aux mouvements indépendantistes. Cette œuvre montre comment la relation entre colonisateur et colonisé les conditionne l'un et l'autre. Il est aussi connu pour l'Anthologie des littératures maghrébines publiée en 1965 (tome I) et 1969 (tome II).

Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Il fait également partie du comité de parrainage de l'association La paix maintenant.

Concept de judéité

Au début des années 1970, Albert Memmi réfléchit sur ce qu'être Juif. Il fonde alors le concept de judéité comme base de son travail d'exploration de l'être juif. Ce concept, dont il jeta les bases, sera ensuite utilisé par de nombreux philosophes.

Concept d'hétérophobie

Dans son livre Le racisme, Albert Memmi développe le concept d'hétérophobie : « Le refus d’autrui au nom de n’importe quelle différence ». Ce terme désigne la peur diffuse et agressive d'autrui pouvant se transformer en violence physique. Le racisme est une expression particulière de l'hétérophobie.

Œuvres

La Statue de sel, roman, Corréa, Paris, 1953
ISBN-10 : 207036206X
ISBN-13 : 978-2070362066


Agar, Corréa, Paris, 1955
ISBN-10 : 2070375846
ISBN-13 : 978-2070375844


Portrait du colonisé, précédé du portrait du colonisateur, Buchet/Chastel, Paris, 1957
ISBN-10 : 2070419207
ISBN-13 : 978-2070419203


Présentation de l'éditeur
" J'ai entrepris cet inventaire de la condition du colonisé d'abord pour me comprendre moi-même et identifier ma place au milieu des autres hommes Ce que j'avais décrit était le lot d'une multitude d'hommes à travers le monde. Je découvrais du même coup, en somme, que tous les colonisés se ressemblaient ; je devais constater par la suite que tous les opprimés se ressemblaient en quelque mesure. " Et Sartre d'écrire : " Cet ouvrage sobre et clair se range parmi "les géométries passionnées" : son objectivité calme, c'est de la souffrance et de la colère dépassée. " Cet essai est devenu un classique, dès sa parution en 1957 : il soulignait combien les conduites du colonisateur et du colonisé créent une relation fondamentale qui les conditionne l'un et l'autre.

Portrait d'un juif, Gallimard, Paris, 1962
ISBN-10 : 2070427129
ISBN-13 : 978-2070427123


Présentation de l'éditeur
" Il s'agit de ma propre histoire. J'ai voulu comprendre qui j'étais en tant que juif, quel sens a pris ma vie de ce fait, et j'ai décidé de faire résolument le tour complet de moi-même. Cette aventure, cependant, rappelle celle de tant d'autres, que ce portrait n'est pas seulement le mien : il existe, je le crois maintenant, un destin commun aux juifs : au-delà de ma propre histoire, j'ai essayé de raconter cette histoire commune. " Albert Memmi, homme épris de justice, résolu à dénoncer les iniquités et les préjugés où qu'ils se trouvent, parcourt tous les aspects du problème juif : l'accusation, le racisme, le rôle économique, les différentes conduites du juif devant son destin... Rien n'est laissé dans l'ombre, tout est examiné avec méthode et lucidité.


Anthologie des écrivains maghrébins d'expression française, Présence africaine, Paris, 1964
ISBN-10 : 2708702300
ISBN-13 : 978-2708702301


La Libération du juif, Payot, 1966

L'Homme dominé, Gallimard, Paris, 1968
ISBN-10 : 2070271978
ISBN-13 : 978-2070271979


Le Scorpion ou la confession imaginaire, Gallimard, Paris, 1969
ISBN-10 : 2070418774
ISBN-13 : 978-2070418770


Le Scorpion est d'abord un roman : l'histoire de Bina, la vie de l'oncle Makhlouf, les confessions d'Imilio, les démêlés quotidiens de Marcel dans un pays en voie de décolonisation. Mais il pose aussi les questions les plus graves : Qui sommes-nous? Comment arrivons-nous à vivre? Quelle part de vérité pouvons-nous supporter ? Quelle part de rêve ? ou d'illusion ?


Cette confession imaginaire, à la structure insolite, témoigne des préoccupations d'Albert Memmi aussi bien dans le domaine romanesque que dans celui de l'écriture.

Juifs et Arabes, Gallimard, Paris, 1974
ISBN-10 : 2070353206
ISBN-13 : 978-2070353200


Le Désert, ou la vie et les aventures de Jubaïr Ouali El-Mammi, Gallimard, Paris, 1977
ISBN-10 : 2070381226
ISBN-13 : 978-2070381227


La Dépendance, esquisse pour un portrait du dépendant, Gallimard, Paris, 1979
ISBN-10 : 2070387887
ISBN-13 : 978-2070387885


Qui est dépendant ? Tout le monde, répond l'auteur, après un étonnant inventaire : l'amoureux et le joueur, le malade, le fumeur, le buveur et l'automobiliste, le croyant et le militant, nous sommes tous, chacun à sa manière, dépendants. De qui ou de quoi peut-on être dépendant ? A peu près de n'importe qui ou de n'importe quoi : on peut s'attacher aussi bien à une femme, à un homme ou à un chien, à une collection de papillons, à son travail, à la montagne, à un parti ou à Dieu. Il n'y a là aucun goût du paradoxe. Interrogeant sa propre expérience comme les expériences d'autrui, Albert Memmi montre que la dépendance est une fascinante évidence. Elle éclaire d'une manière inattendue la décolonisation, les relations actuelles entre les sexes et les oeuvres de culture.

Le Mirliton du ciel, Lahabé, Paris, 1985

Ce que je crois, Fasquelle, Paris, 1985
ISBN-10 : 2246311713
ISBN-13 : 978-2246311713


Le Pharaon, Julliard, Paris, 1988
ISBN-10 : 2866454065
ISBN-13 : 978-2866454067


Égyptologue, il aimait à penser qu'il avait construit sa vie comme une pyramide. Professeur, archéologue estimé de ses pairs, fidèle à sa femme et à ses amis, père aimant, il croyait avoir définitivement organisé sa vie selon des rites immuables.


Que lui est-il arrivé pour qu'il abandonne brusquement l'Égypte, dont il savait tout, pour se lancer dans la reconstitution du petit royaume de Gourara, en Afrique du Sud, dont il ignorait tout ?
Que lui est-il arrivé pour qu'au soir de sa vie il tombe amoureux d'une jeune femme qui pourrait être sa fille, et qui lui rend son amour d'une manière quasi incestueuse ?
Lui qui a toujours regardé les êtres et les événements avec un détachement ironique se jette dans la bataille politique, dans cette Tunisie de 1950, en pleines convulsions coloniales, où le terrorisme et l'anti-terrorisme sont quotidiens.
Le Pharaon est le roman le plus passionnant d'Albert Memmi. Le plaisir de conter, le goût du picaresque, l'entrecroisement des destins individuels ou collectifs - par l'intervention de personnages historiques réels, tels Habib Bourguiba ou Pierre Mendès France contribuent à cette réussite.

L'Exercice du bonheur, Arléa, Paris, 1994
ISBN-10 : 2869593791
ISBN-13 : 978-2869593794


Le Racisme, Gallimard, Paris, 1994
ISBN-10 : 2070328546
ISBN-13 : 978-2070328543


Le Juif et l'Autre, Christian de Bartillat, Paris, 1996

Bonheurs, Arléa, 1997
ISBN-10 : 286959318X
ISBN-13 : 978-2869593183


Le Buveur et l'amoureux - le prix de la dépendance, Arléa, Paris, 1998
ISBN-10 : 2869593910
ISBN-13 : 978-2869593916


Le Nomade immobile, Arléa, Paris, 2000
ISBN-10 : 286959612X
ISBN-13 : 978-2869596122


Albert Memmi fait là son autoportrait avec l’acuité du sociologue et la liberté du laïque. Mêlant les épisodes de sa vie aux théories qu’il a défendues, il réussit un livre unique, la clef de voûte des quelques trente ouvrages qu’il a publiés.

Dictionnaire critique à l'usage des incrédules, du Félin, Paris, 2002
ISBN-10 : 2866454308
ISBN-13 : 978-2866454302


Profitant de l'actuel désarroi, né de la peur du changement dans une société imprévisible, l'illusion, la ruse et la sottise s'unissent pour tenter d'imposer leurs nostalgies et leurs avidités. On assiste à la réactivation de vieilles idées épuisées : astrologie, exorcisme, voyance, sornettes en tous genres. C'est à qui embauche, mensualisé comme un technicien, un devin ou une tireuse de cartes ; avant toute décision grave, tel industriel connu consulte, nous dit-on avec gourmandise, une espèce de sorcier, attaché à son entreprise au même titre qu'un médecin du travail. Des hommes de science, oubliant toute retenue, repeuplent le ciel de créatures fantastiques, que personne n'a jamais rencontrées, malgré l'encombrement grandissant de l'espace aérien. Il se trouve des philosophes pour cautionner n'importe quoi, heureusement dans un langage indéchiffrable. Tout cela m'a ramené à un vieux projet, sans cesse repoussé : celui de rédiger mon propre dictionnaire, afin de m'épargner mes propres errements, complaisances et complicités. Ce dictionnaire est, d'abord, à mon usage personnel, pour préserver ma dignité. Je mentirais cependant en disant que je n'espère pas qu'il serve à d'autres. je crois toutefois que, pour y trouver profit, chacun devrait faire son dictionnaire. Qu'on soit persuadé, en tout cas, que si l'exercice en est quelquefois malaisé, il est souvent réjouissant, et toujours salutaire. Albert MEMMI (Extraits de la préface)

Portrait du décolonisé arabo-musulman et de quelques autres, Gallimard, Paris, 2004
ISBN-10 : 2070342018
ISBN-13 : 978-2070342013


Présentation de l'éditeur
Cinquante ans après les indépendances, qu'est devenu l'ex-colonisé? Cet ouvrage tente une peinture aussi fidèle que possible d'un homme nouveau apparu sur la scène de l'histoire. On verra qu'il s'agit d'un triptyque : le nouveau citoyen, demeuré dans son pays natal, l'immigré vivant dorénavant à l'étranger et le fils de l'immigré, né dans le pays d'accueil, chacune de ces figures possédant sa cohérence. Sont ainsi passés en revue la plupart des problèmes qui, à la suite de l'interdépendance inédite du monde contemporain, nous assaillent tous. À l'intérieur des jeunes nations, la liaison inexorable entre la pauvreté, la corruption et la tyrannie. Entre les nations, les mouvements de populations, les collisions entre les cultures et le probable métissage. D'où les tentations passéistes, le recours aux mythes, politiques ou religieux, aux intégrismes et à la violence.

Térésa et autres femmes, du Félin, 2004
ISBN-10 : 2866455681
ISBN-13 : 978-2866455682


Et cette fois... ils parleront de femmes, de leur amour, de leur présence dans leurs vies. Ils les évoqueront lors de ce dîner annuel, entre anciens camarades de lycée, en toute liberté... Chacun retissera le fil d'un moment amoureux, d'une rencontre, d'un souvenir tendre ou parfois amer. Une série de portraits aux contours multiples, une variation sur ce qui pourrait être l'éternel féminin, tel que les hommes l'imaginent ou le vivent dans la diversité de leurs amours. Ainsi surgit le visage de cette jeune femme sauvée malgré elle du désespoir, pour peu de temps. Celui de Nathalie qui voudrait vivre toujours le printemps d'extase de Mai 68. La vie étrange de cette femme qui, chaque jour, attend son mari et son fils, dans un couloir de métro, en vain. La brève rencontre d'un homme mûr avec une jeune étudiante qui, d'un regard, lui fait percevoir le monde sous les couleurs du bonheur. L'amour haletant d'une femme passionnée qui ne poursuit que le rêve de vivre, un peu de temps, encore. L'amour de la demoiselle et du barbon... et bien d'autres. Et tous les récits, comme des fleurs de kaléidoscope, changeantes, animées, forment le bouquet d'une tentative, peut-être imaginaire, de saisir l'image de la féminité, proche et insaisissable. Un hommage aux femmes comme seul un homme qui les aime pouvait leur offrir.

Nous, les Nègres, La Découverte, 2008
ISBN-10 : 2707154393
ISBN-13 : 978-2707154392


Présentation de l'éditeur
" La violence de l'opprimé n'est que le reflet de celle de l'oppresseur. (...) Il n'existe pas plusieurs visages d'opprimés. King, Baldwin et Malcolm X jalonnent le même et implacable itinéraire de la révolte, dont il est rare que le ressort, une fois lâché, ne se détendra pas jusqu'au bout ", écrivait Albert Memmi en 1965, dans la présentation de la première édition de ce livre, public aux Éditions François Maspero. " Il n'y a pas une bonne violence, la nôtre, et une mauvaise, celle des autres " écrit dans la présente édition l'auteur du Portrait de décolonisé. Car, plus de quarante ans après, la question de l'oppression et de la violence qu'elle suscite est toujours présente, dans le tiers monde comme dans les cités ghettos des métropoles du Nord. D'où l'intérêt de lire (ou relire) aujourd'hui ces entretiens, diffusés en 196li par une chaîne de télévision américaine, avec trois des figures marquantes des mouvements noirs américains des années 1960 : l'écrivain James Baldwin (1924-1987). " déchiré, intelligent et passionné, qui comprend tout et pardonne beaucoup " ; le " ministre " Malcolm X (né en 1925 et assassiné le 21 février 1965), leader des Musulmans noirs qui " ne comprend plus et ne veut plus comprendre personne " ; et le pasteur Martin Luther King (né en 1929 et assassiné le 4 avril 1968), adepte de la non-violence et de l'amour de l'adversaire. Un document irremplaçable pour comprendre les ressorts de la révolte et penser les moyens d'en finir avec l'oppression.

Testament insolent, Odile Jacob, 2009
ISBN-10 : 2738123031
ISBN-13 : 978-2738123039


Présentation de l'éditeur
Racisme, mélanges et tensions entre cultures, question de l'identité et des racines : ces grands thèmes qui traversent les écrits d'Albert Memmi, depuis La Statue de sel, préfacé par Albert Camus, restent au cœur de notre réflexion et de nos débats. Conscience critique, cet écrivain au croisement de trois cultures, juive, arabe et française, revient sur son parcours, relit son œuvre pour en donner les clés, s'interroge sur ce qu'elle nous donne à penser aujourd'hui. Une leçon de "mieux vivre" par un "homme de plume" qui fut aussi militant.

Bibliographie

Guy Dugas, Albert Memmi, écrivain de la déchirure, éd. Naaman, Québec, 1984

Guy Dugas, Albert Memmi, du malheur d'être juif au bonheur sépharade, éd. du Nadir, Paris, 2003

Nathalie Saba, Les paradoxes de la judéité dans l'œuvre romanesque d'Albert Memmi, éd. Edilivre-Aparis, Paris, 2008

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Le lycée Carnot
Université d’Alger
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