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samedi 27 février 2010

Bachir Hadj Ali

Bachir Hadj Ali (1920-1991) est un poète et responsable politique algérien.

Biographie

Bachir Hadj Ali est né dans la Casbah d'Alger le 10 décembre 1920 d'une famille modeste originaire d’Aït Hammad (Azeffoun) en Kabylie. Il suit les cours de l'école coranique et de l'école française mais, pour aider sa famille, renonce en 1937 à entrer à l'École normale d'instituteurs. Après sa démobilisation, il adhère en 1945 au Parti communiste algérien (PCA). En 1948 il devient rédacteur en chef du journal “Liberté”, organe central du PCA, entre à son secrétariat en 1951 et est en 1953 condamné à deux ans de prison par les tribunaux coloniaux pour atteinte à la sûreté de l'État.

mardi 23 février 2010

Issiakhem : Homme de couleurs...


Par Benamar MEDIENE
Docteur en sociologie - Enseignant à l'université d'Oran

Je vois M'hamed Issiakhem peindre, je pense à Antonin Artaud : "Et s'il y'a quelque chose d'infernal et de véritablement maudit dans ce temps, c'est de s'attarder artistiquement sur des formes, au lieu d'être comme des suppliciés que l'on brûle et qui font des signes sur leurs bûchers".

Devant sa peinture, Issiakhem est le déconcertant, le paradoxal, l'irrévérencieux démiurge, qui, dans sa lucidité prophétique avale de la poudre à canons et allume une cigarette. L'art, pour lui, est toujours un risque qui engage l'existence même de celui qui l'assume.

lundi 22 février 2010

Djilali Bencheikh

Djilali Bencheikh est né en Algérie dans la vallée du Chellif à la fin de la seconde guerre mondiale. Après des études d’économie à Alger puis à Paris, il se tourne vers la vie associative, le journalisme et la littérature.

Il est actuellement chef d’édition à la section française de Radio Orient (Paris) où il anime une chronique quotidienne de littérature intitulée «Au fil des pages».

jeudi 18 février 2010

Aïcha Lemsine


Lemsine, Aïcha (née 1942). Romancière algérienne, né dans la Némencha, mariée à un diplomate, Ali Laïdi. Elle a publié deux romans. La Chrysalide (1976) vise à suivre l'évolution de la famille et le rôle des femmes en Algérie, mais le résultat est ambigu. Ciel de Porphyre (1978) décrit la guerre d'Algérie par le biais d'un journal écrit par un adolescent entouré de personnages stéréotypés féminins qui vivent dans un monde inauthentique. Son essai Ordalie des voix (1983) a été traduit en arabe comme Hukm alaswat.

mercredi 17 février 2010

Les fourmis rouges - Kateb Yacine

Fallait pas partir. Si j'étais resté au collège, ils ne m'auraient pas arrêté. Je serais encore étudiant, pas manoeuvre, et je ne serais pas enfermé une seconde fois, pour un coup de tête. Fallait rester au collège, comme disait le chef de district.

Fallait rester au collège, au poste.
Fallait écouter le chef de district.
Mais les Européens s'étaient groupés.
Ils avaient déplacé les lits.
Ils se montraient les armes de leurs papas.
Y avait plus ni principal ni pions.
L'odeur des cuisines n'arrivait plus.
Le cuisinier et l'économe s'étaient enfuis.
Ils avaient peur de nous, de nous, de nous !
Les manifestants s'étaient volatilisés.
le suis passé à l'étude. J'ai pris les tracts.
J'ai caché la Vie d'Abdelkader .
J'ai ressenti la force des idées.
J'ai trouvé l'Algérie irascible. Sa respiration...
La respiration de l'Algérie suffisait.
Suffisait à chasser les mouches.
Puis l'Algérie elle même est devenue...
Devenue traîtreusement une mouche.
Mais les fourmis, les fourmis rouges,
Les fourmis rouges venaient à la rescousse.
Je suis parti avec les tracts.
Je les enterrés dans la rivière.
J'ai tracé sur le sable un plan...
Un plan de manifestation future.
Qu'on me donne cette rivière, et je me battrai.
je me battrai avec du sable et de l'eau.
De l'eau fraîche, du sable chaud. Je me battrai.
J'étais décidé. Je voyais donc loin. Très loin.
Je voyais un paysan arc-bouté comme une catapulte.
Je l'appelai, mais il ne vint pas. Il me fit signe.
Il me fit signe qu'il était en guerre.
En guerre avec son estomac, Tout le monde sait...
Tout le monde sait qu'un paysan n'a pas d'esprit.
Un paysan n'est qu'un estomac. Une catapulte.
Moi j'étais étudiant. J'étais une puce.
Un puce sentimentale... Les fleurs des peupliers...
Les fleurs des peupliers éclataient en bourre soyeuse.
Moi j'étais en guerre. je divertissais le paysan.
Je voulais qu'il oublie sa faim. Je faisais le fou. Je faisais le fou devant
mon père le paysan. Je bombardais la lune dans la rivière.

« Nedjma » (1956)

Soliloques - Kateb Yacine

Il est, un plaisir plus doux qu'un poème,

Et ce serait de vivre à tes genoux.
Parmi les éclats
De tes jeunes rires,
L'on entend siffler
L'oiseau des savanes,

Avec le murmure ailé du zéphyr
Et le chant plaintif des peuples d'amour...
Toi, mignonne aux yeux
Plus noirs que mon âme,
Fais ma place dans ta couche douillette,
Je te chanterai des refrains de feu!...
Au cœur de la rose on meurt de parfums,
Ma lèvre frissonne au vent des baisers...
Plus rouge que sang
Fais couler ta lèvre!

Femme obscure et dont l'œil égale la rancune,
Prends-moi, voici l'instant des mêlées furieuses.
Que se parent de sang nos chairs voluptueuses!
Regarde! Me voici plus pâle que la lune,
Agenouillé devant l'image de ton charme...
J'attends. Et mon cœur passe d'alarme en alarme.
C'est l'instant de mon malheur,
L'heure
Où Décembre, en sa pâleur,
Pleure.
Mais, quoique toute clameur
Se meure,
En moi ton rire charmeur
Demeure...

Abderrahmane Zakad


Abderrahmane Zakad‚ originaire de Bejaïa‚ est urbaniste. Homme de terrain‚ il a à son actif de nombreux projets d'aménagement et de construction et milite pour la sauvegarde des villes historiques de l'Algérie. Réalisateur de documentaires‚ il collabore aussi à divers journaux. Après une brillante carrière professionnelle‚ il se consacre désormais à l'écriture. Il s'est vu décerner plusieurs prix littéraires et continue son remarquable travail d'écrivain‚ avec le souci de convaincre chacun de se mettre à la lecture.

vendredi 12 février 2010

Nabile Fares


Nabile Farès est un écrivain et poète algérien d'expression française né en 1940 à Collo et installé en France.

Fils de Abderrahmane Farès, Président de l’Exécutif provisoire algérien de 1962, il est né à Collo en 1940 où son père exerçait comme premier notaire musulman en Algérie. Durant la guerre d'Algérie, il participe aux grèves lycéennes de 1956, puis rejoint le Front de libération nationale (FLN), mouvement indépendantiste, puis sa branche armée, l'ALN.
Après ses études en Algérie puis en France (Signification de l'ogresse, Doctorat en sociologie, 1971; La théorie anthropologique au Maghreb. Le cas de la littérature maghrébine de langue française. Recherches de psycho-sociologie de la connaissance, thèse en philosophie et sciences humaines, 1986), Nabile Farès enseigne en France, en Espagne, en Algérie, de nouveau en France où il est maître de conférences en littérature comparée à l'université Stendhal de Grenoble et psychanalyste.

dimanche 7 février 2010

Salem Chaker


Salem Chaker (né en 1950), universitaire algérien, docteur en lettres, spécialiste de linguistique berbère, est professeur des universités de berbère à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) de Paris depuis 1989. Il succède notamment à André Basset et Lionel Galand.

Salem Chaker est professeur des Universités et chercheur linguiste dans le domaine des études berbères (tamazight) né dans une famille originaire des Aït Iraten, en Haute Kabylie.Après avoir exercé une dizaine d'années à Aix-en-Provence (CNRS et Université de Provence : 1981-1989) et à l'Université d'Alger (1973-1981). Il a créé en 1990 le Centre de recherche berbère "André Basset" (INALCO)Il rejoint en 2008 l'Institut de recherches sur les mondes arabes et musulmans d'Aix-en-Provence. Il a également Il est l'auteur de nombreux ouvrages et de nombreuses études de linguistique et sociolinguistiques berbères. Il dirige également l'Encyclopédie berbère éditée par Edisudpuis Peters.

vendredi 5 février 2010

Interview de Leïla Sebbar et Nabile Farès

Cahiers de l’Association Internationale des Études Françaises,
Table ronde des écrivains : Littératures du Maghreb, Mai 2005, No 57, pp, 431-442.

Madame la Présidente. — Je me tourne vers Leïla Sebbar.

Ton oeuvre, Leïla, est déjà immense. On ne mentionne guère plus que les titres parus ces cinq dernières années alors que ton premier texte remonte à 1978 : On tue les petites filles. On te présente à la fois comme romancière, nouvelliste, essayiste; tu as de nombreuses autres activités dans les médias : France-culture et le Magazine littéraire... Tes oeuvres sont estampillées par le mixte; tu es différemment une femme de l’entre-deux; tu ne peux te passer de l’évocation de tes deux parents, néanmoins tu as fait paraître récemment, en 2003, un récit très émouvant, intitulé Je ne parle pas la langue de mon père et on peut lire en quatrième de couverture "Mon père, l’Algérien, le maître d’école, ne m’a pas appris la langue de son peuple. Il ne m’a pas parlé la langue de sa terre, de sa mère. Il s’est tenu loin dans le silence. De son roman familial algérien, je n’ai rien su. Mon père est mort. Après toutes ces années d’exil, d’histoires racontées, écrites pour découvrir, comprendre ce qui n’a pas été dit, c’est par les femmes et les hommes de son peuple, qui parlaient sa langue, que je tente d’approcher mon père, l’étranger bien-aimé. Un travail de mémoire qui s’est imposé à moi, vital." Ce travail de mémoire tu l’as commencé il y a bien longtemps, quand tu as pris la plume, la toute première fois...

mercredi 3 février 2010

Mohamed Dib

Mohammed Dib (Tlemcen, 21 juillet 1920 - La Celle Saint-Cloud, 2 mai 2003) est un écrivain algérien de langue française, auteur de romans, de nouvelles, de pièces de théâtre, de contes pour enfants, et de poésie. Mohammed Dib naît dans une famille bourgeoise en partie ruinée. Il commence ses études à Tlemcen, sans fréquenter l'école coranique, et les poursuit à Oujda au Maroc. Après la mort de son père en 1931, il commence autour de 1934 à écrire des poèmes mais également à peindre. Sa rencontre avec un instituteur français, Roger Bellissant (qui deviendra son beau-père) le conforte dans la voie de l'écriture. De 1938 à 1940 Mohammed Dib devient instituteur, enseignant à Zoudj Bghel, près de la frontière marocaine. Comptable à Oujda,l'année suivante, au service des Subsistances de l'Armée, il est en 1942 requis au Service civil du Génie puis, en 1943 et 1944 interprète franco-anglais auprès des armées alliées à Alger. De retour à Tlemcen en 1945 Mohammed Dib est jusqu'en 1947 dessinateur de maquettes de tapis, réalisés et vendus sous son contrôle. Il publie en 1946 un premier poème dans la revue " Les Lettres ", publiée à Genève, sous le nom de Diabi. Invité en 1948 aux rencontres de Sidi Madani, près de Blida, organisées par les Mouvements de Jeunesse et d'Éducation populaire, il y fait la connaissance d'Albert Camus, Jean Cayrol, Louis Guilloux, Jean Sénac, Brice Parain.
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