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dimanche 31 janvier 2010

Omar Belhouchet


Omar Belhouchet est un journaliste algérien.

Directeur du quotidien El Watan, il est condamné pour « atteinte à corps constitué » quand il dénonce les meurtres des journalistes durant la « décennie du terrorisme » en Algérie, 57 entre 1993 et 1996, et il est accusé de diffamation après la parution d’un article, le 11 décembre 2001, sur des nominations au département du renseignement et de la sécurité (DRS), service de renseignement algérien.

Il a reçu la plume d'or de la liberté en 1994, récompense qui salue les combats pour la liberté de la presse dans des conditions difficiles.

fr.wikipedia.org


Journaliste, directeur du quotidien El Watan. Victime, le 17 mai 1993, d'un tentative d'assassinat par balles, près de l'école de ses enfants a Bab Ezzouar (banlieue est d'Alger), a laquelle il échappe par miracle.

In : Journalistes algériens entre le bâillon et les balles
Par Lazhari Labter







Lettre Tigha Abelkader, ex-membre du DRS

Journalistes algériens entre le bâillon et les balles Par Lazhari Labter



mercredi 27 janvier 2010

Dictionnaire turc-français





Dictionnaire turc-français : à l'usage des agents diplomatiques et ..., Volume 1
Par Thomas Xavier Bianchi,Jean Daniel Kieffer

Bianchi, Dictionnaire français-turc, 1843 : une critique
Cette critique témoigne des rapports étroits et privilégiés qui existaient entre la France et la Turquie. Nous retrouverons ces mêmes thèmes dans d'autres textes de cette époque : échanges culturels, économiques, prestige de la culture française en Turquie, alliance historique...

Miller et Aubenas, Revue bibliographique et analytique, 1843, p. 1004-1007

Dictionnaire français-turc, à l’usage des agents diplomatiques et consulaires, des commerçants, des navigateurs et autres voyageurs dans le Levant, par M. Bianchi, ancien secrétaire-interprète du Roi pour les langues orientales. Tome Ier – Paris, 1843, 1 vol in-8°

[…] Le Turc parlé aujourd’hui dans les provinces ottomanes est demeuré presque tel qu’il était dans les lieux de son origine
[…] Il a paru, depuis une douzaine d’années, plusieurs ouvrages destinés à l’usage des Europées qui veulent apprendre le turc. La langue turque ne domine pas seulement dans les provinces ottomanes où sont les principaux établissements commerciaux des puissances chrétiennes d’Europe, et qui, par les souvenirs légués par l’antiquité, ne cessent d’appeler les curieux et les savants ; elle est l’idiome de prédilection des dépositaires du pouvoir et des gens instruits dans les pays mêmes, comme l’Egypte et la Syrie, où l’arabe est la langue du peuple. C’est d’ailleurs en turc que sont rédigés les traités de paix, de commerce et d’amitié, non seulement avec la Porte, mais avec les régences barbaresques ; le turc est également employé dans la Perse, où il rappelle au roi et à une partie de ses sujets le langage de leurs aïeux […]

Presque tous les ouvrages qui, depuis une douzaine d’années, ont été publiés dans l’Europe chrétienne, dans le but d’initier à l’usage du turc, ont été rédigés en français. En effet, le français est devenu pour ainsi dire la langue commune des hommes instruits de tous les pays. D’ailleurs, puisqu’on voulait mettre les négociants , les curieux, et, comme le prescrivent les anciennes ordonnances de nos rois, les agents diplomatiques en état de parler le turc, il convenait de profiter de l’occasion pour mettre les Turcs en état de parler le français. Nous sommes dans un temps où l’esprit de l’homme est en travail, et où les nations qu’on suppose les plus arriérées prennent part, bon gré mal gré, au mouvement général. Dès l’année 1784, plusieurs officiers instruits furent envoyés par le roi Louis XVI à Constantinople, pour diriger les réformes entreprises par le gouvernement ; un grand nombre d’ouvrages français sur les mathématiques, la navigation et l’art militaire furent traduits en turc et imprimés à Constantinople.
L’impulsion a encore été plus forte à partir des innovations opérées par par le sultan Mahmoud. Déjà le vice-roi d’Egypte, Mehemmed-Ali, avait introduit l’organisation militaire française dans l’antique patrie des Pharaons ; il avait aussi créé, en 1822, une imprimerie, des écoles, etc : et la plupart de ces établissements étaient confiés à des Français. Il avait fait plus : voulant que les jeunes gens auxquels il réservait le soin de régénérer ses états s’instruisissent au sein même de la civilisation, il envoyait les plus distingués d’entre eux en France. La Gazette de Smyrne, la première qui a été publiée dans les provinces ottomanes, était rédigée en français et il en a été de même du Moniteur ottoman, imprimé à Constantinople, et plus récemment de l’Echo de l’Orient, de l’Impartial à Smyrne et du Journal de Constantinople.

Trois ouvrages du genre de celui de M. Bianchi ont été publiés, l’un à Saint-Pétersbourg, par un Grec nommé Rhasis ; le deuxième à Vienne, par un Arménien appelé Hindoglu ; et le troisième à Moscou, par le prince Handjéri ; et tous les trois sont français-turc. Quelle autre langue sur le globe, si ce n’est peut-être l’anglais, obtient maintenant de pareils hommages ?

L’ouvrage de M. Bianchi, dont il paraît en ce moment le premier volume, et dont la deuxième et dernière partie sera mise en vente d’ici à la fin de l’année, est une seconde édition revue et considérablement augmentée d’un premier ouvrage qui fut publié en 1831, sous le titre Vocabulaire français-turc, un volume in-8° de plus de mille pages. M. Bianchi est probablement la personne qui a fait l’étude la plus longue et la plus suivie de ce genre de matières.

Présentation de Bianchi

Elève de l’Ecole des langues orientales de Paris, près la Bibliothèque Royale, au commencement de ce siècle, il passa dix années dans le Levant, soit à Constantinople, soit au service de nos consulats dans les provinces. De retour à Paris, il a longtemps été chargé, en sa qualité de secrétaire-interprète du roi, du cours de langue turc de l’Ecole des jeunes de langue, école annexée au collège Louis-le-Grand, et où l’on forme les jeunes gens destinés à être employés dans les échelles du Levant. Il a même suppléé pendant quelque temps M. Amédée Jaubert pour le cous de turc, à l’Ecole spéciale des langues orientales.
Sur ces entrefaites, M. Bianchi a publié, à la suite de son Vocabulaire français-turc, un Dictionnaire turc-français en deux volumes in-8 de plus de 2000 pages, ainsi qu’un Guide de la conversation en français et en turc, à l’usage des voyageurs européens dans le Levant, et des Turcs qui voyagent en France, 1 volume in-8° ; ce livre contenant entre autres objets l’itinéraire et la description géographique des lieux par où passent les paquebots à vapeur depuis Marseille jusqu’à Constantinople, peut également être considéré comme un véritable Guide du Voyageur dans le mers du Levant. […]

Le nouveau dictionnaire français-turc de M. Bianchi renferme les mots les plus usités de la langue française rendus en turc, et accompagnés de leur prononciation turque. On y rmarque particulièrement les termes les plus nécessaires dans le commerce, les sciences et les arts, les noms de dignités de l’empire ottoman dans l’ordre religieux, civil et militaire, ainsi qu’un certain nombre de désignation de pays, de villes, de fleuves, de montagnes, appartenant à la géographie de l’Orient. Nous avons dit que les Turcs avaient adopté beaucoup de mots arabes, persnas etc. M. Bianchi a eu soin de faire mention de ces mots en indiquant leur origine.

Les mots turcs ont été accompagnés de leur prononciation en lettres françaises, afin que ce dictionnaire se trouvât à la portée des personnes qui n’ont pas le temps de faire un étude approfondie de la langue. Ainsi les officiers de notre marine dans le Leva nt, nos commerçants et les personnes de la classe la moins élevée pourront enfin se mettre dans un rapport direct avec les gens du pays.

Depuis plusieurs siècles, les Ottomans ont presque constamment marqué de la préférence pour la France et pour tout ce qui leur vient de notre patrie. Cette sympathie remonte au règne de François Ier, et fut la suite d’intérêts politiques qui portèrent les deux nations à se rapprocher pour opposer une résistance plus efficace à l’empereur Charles-Quint. Depuis mors les guerres fréquentes de l’Autriche avec la Turquie, et plus tard celles de la Turquie contre les Russes, firent de l’alliance de la France avec l’empire ottoman une de ces nécessités qu’une politique sage ne peut pas perdre de vue.

De la propagation de notre langue en Orient doivent naturellement résulter, chez un peuple avide d’idées nouvelles une influence toute française et des besoins dont notre politique et notre industrie peuvent un jour retirer les plus grands avantages. Sans doute la position géographique de la France doit à elle seule lui assurer une part considérable dans les affaires de l’Orient ; mais il faut se rappeler que Malte et Corfou sont entre les mains de Anglais, et que, même à présent que nous sommes maîtres d’Alger, le trident britannique qera toujours en Orient un épouvantail.

Les publications de M. Bianchi auront puissamment contribué à étendre l’influence française dans les possessions ottomanes. Rien ne prouve mieux l’habileté avec laquelle ces ouvrages ont été rédigés et l’effet qu’ils ont produit, que la rapidité avec laquelle ils se sont répandus. A peine le Vocabulaire français-turc avait paru, qu’on le trouvait dans toutes les villes un peu considérables des bords de la mer Méditerranée. Cette nouvelle édition, pour laquelle l’auteur a mis à contribution ses nouvelles études et les traités du même genre publiés dans l’intervalle, obtiendra nécessairement le même succès.

Reinaud, membre de l’Institut

Le tiers-monde n'est pas dans l'impasse ! Par Pierre Judet





Le tiers monde n'est pas dans l'impasse ! par Pierre Judet
par Pierre Judet
Ed. Charles-Léopold Mayer (01 48 06 48 86), 2005, 128 p., 14 euros.


Venant d'un des meilleurs spécialistes français des économies asiatiques, l'affirmation pèse lourd et pourra paraître provocante. D'autant que l'auteur, d'entrée de jeu, critique ceux qui, en dénonçant le développement, s'enferment "dans une radicalité sans issue". Qu'est-ce qui pousse donc Pierre Judet à aller à l'encontre du pessimisme ambiant? D'abord l'histoire: les tentatives de modernisation et d'industrialisation viennent de loin, même si elles ont été souvent empêchées par les puissances coloniales; tandis que, plus récemment, les Cassandres ont été régulièrement démenties: la démographie est sous contrôle, les famines ne sont pas généralisées, ni l'énergie en voie d'épuisement.

Ensuite, l'étude des faits, qui montre qu'il n'existe pas de fatalité: ce ne sont pas les ressources naturelles qui font la richesse, mais la formation et le travail des hommes; ce sont les petites entreprises qui font les grandes, pas l'inverse; et la modernisation agricole prépare l'émergence industrielle. En diffusant les techniques, en ouvrant les marchés et en facilitant les échanges, la mondialisation permet le développement, plus qu'elle ne le freine du fait de l'endettement, de la propriété intellectuelle et de l'instabilité issue d'une trop grande libéralisation des marchés de capitaux.

Enfin, les progrès vers la démocratie sont bien réels, même s'ils sont très limités dans certaines régions (Moyen-Orient, Afrique). Cela ne signifie pas que tout baigne: inquiétudes sur le développement durable, pénurie d'eau, faim... demeurent des préoccupations majeures. Mais cela veut dire que, sous réserve d'ajustements nécessaires, tant au Sud que dans les organisations internationales, obnubilées par le libéralisme et l'orthodoxie financière, le développement est désormais possible pour tous. C'est un souffle d'air frais que nous apporte Pierre Judet, qui nous change tant des attentes béates des libéraux - libéralisez et le développement viendra - que du catastrophisme des partisans de la décroissance.

Marie-Claude Jacquot

dimanche 24 janvier 2010

Tahar Djaout

Tahar Djaout (1954-1993) est un écrivain, poète et journaliste algérien d'expression française. En 1993, il fut l'un des premiers intellectuels victime de la « décennie du terrorisme » en Algérie.

D'origine kabyle, Tahar Djaout est né le 11 janvier 1954 à Oulkhou (Ighil Ibahriyen) près d'Azeffoun en Kabylie.

En 1970 sa nouvelle Les insoumis reçoit une mention au Concours littéraire « Zone des tempêtes ». Il achève ses études l'année suivante au Lycée Okba d’Alger et obtient en 1974 une licence de mathématiques à l’Université d’Alger, où il s’est lié avec le poète Hamid Tibouchi.

jeudi 14 janvier 2010

Mustapha Tlili

Par Grégoire Leménager

Romancier tunisien né en 1937, Mustapha Tlili vit en exil à New York (où il a été fonctionnaire à l'ONU) et publie avec parcimonie: son précédent roman datait de 1988. Il pratique une écriture qui lui ressemble, dépourvue d'effets, pour mieux s'effacer au service de personnages auxquels on s'attache comme à des êtres familiers. Avec « Un après-midi dans le désert », vingt ans après « la Montagne du Lion », Tlili récidive en nous entraînant dans un village d'Afrique du Nord. Les derniers vestiges de l'âge colonial s'y délabrent en attendant « le gros sac gris du courrier» qui, chaque mois, arrive, « poussiéreux, plus rapiécé que jamais ».

Au bureau de poste n'officie plus qu'un facteur fataliste, dont le travail ne s'arrête pas à la distribution des plis : il lui faut encore les lire à leurs destinataires, et écrire pour eux leurs réponses. Il est l'homme de lettres dans sa plus simple expression, la mémoire du lieu, l'ultime dépositaire du « temps des Français » où, tandis qu'un Bédouin beau comme un dieu devenait l'amant de la veuve d'un colonel, la communauté des colons s'en prenait à l'excellent instituteur Bermann (avec un nom pareil - et pour les mêmes raisons que Mendès -, il ne pouvait être «un vrai patriote»).
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