Recherche personnalisée

jeudi 30 décembre 2010

Mourad Djebel

Mourad Djebel fait partie de ces nouvelles plumes algériennes qui restent profondément marquées par le chaos et la descente en enfer de l’Algérie dans les années 1990. Comme beaucoup d’autres il a commencé à écrire en exil, avec de la douleur, de la rage et de la révolte, il a élaboré une écriture neuves, bouleversées mais virtuoses.

« Ma génération est habitée par une révolte incommensurable, affirme Mourad Djebel, né en 1967, Nous sommes nés après l’indépendance et nous avons connu une sorte de dictature. Notre passage de l’adolescence à l’âge adulte a été ponctué par des explosions – celle des étudiants en 1986, celle de 1988, puis celle qu’on nomme « les événement ». Nous vivions alors la peur au ventre. » Mourad Djebel était architecte à Annaba. « Vient un moment où je me suis senti face à un mur, où il ne restait que l’asile ou le cimetière. Une parcelle d’instinct de vie m’a poussée à partir, à écrire. »

Il voyage d’abord en Afrique de l’Ouest, attiré par les sources africaines du Maghreb et par les auteurs qu’il admire, tel le congolais Tchicaya U’Tamsi, avant de s’installer en France en 1994. Il sait qu’il écrira, pour se reconstruire, mais il attend : « J’avais besoin que la mémoire fasse son travail, pour aller au-delà du témoignage, de la restitution des faits. »



Né à Annaba en 1967, a suivi une formation urbaniste pour devenir architecte.

Les Sens interdits, Roman, éditions de La Différence, 2001.


Les Cinq et Une Nuit de Sharazède, éditions de la Différence, 2005.


Shahrazède, l'héroïne originelle des contes des Mille et une nuits, avait choisi pour défi de sauver sa vie et celle d'autres femmes d'une exécution certaine par le roi Shahrayar en usant de sa ruse et de son talent de conteuse. Celle qui porte ce surnom dans le roman aura, elle, à sauver de lui-même un homme qu'elle pressent au bord du gouffre. N'ayant pu résister au chaos et à l'anarchie d'une réalité où la mort trouvait un terrain à la mesure de ses projets les plus fous, il était prêt à mourir. À cet homme, elle est liée par un très ancien pacte secret. A travers les histoires, imaginées ou vraies, que la grande Histoire relègue aux oubliettes, elle va déployer en cinq nuits tous ses talents où se mêlent littérature et sensualité, poésie, conte et désir, pour contrecarrer les desseins de la mort. Mais là s'arrête la ressemblance entre les deux héroïnes. La femme à multiples facettes qui traverse de bout en bout les pages de ce roman et qui nous sera révélée à travers le second surnom de Loundja va devenir un double féminin d'Orphée pour faire sa descente aux enfers.

Les Paludiques, Poesie, 2006.







www.limag.refer.org
www.culturedzmaana.com
www.ladifference.fr
Recherche personnalisée