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jeudi 4 novembre 2010

Rachid Mokhtari


Rachid Mokhtari est universitaire, essayiste spécialiste dans la critique littéraire et artistique, il anime également des émissions radiophoniques, consacrées à la littérature.






La Chanson De L'exil - Les Voix Natales (1839-1969), Casbah, 2000.
EAN : 9789961642856

La Graphie De L'horreur, Essai Sur La Littérature Algérienne (1990-2000), Chihab, 2002.
ISBN : 9961-634-87-X

Cheikh El Hasnaoui La Voix De L'errance, Chihab, 2002.
ISBN : 9961-634-60-8

L’Amante, Chihab, 2001.

Elégie du froid, extrait

J’attendrai. J’ai bien appris à attendre. [J’ai attendu pour apprendre] Je ne tiens pas à remuer tous les souvenirs d’un temps qui m’a pris de court.

Sous quelques éclaircies timides d’un soleil qui a souvent peine à percer les nuages. Quelques vieux, silencieux, sont assis inertes, comme morts, n’eussent été leurs chiens, assis à leurs pieds qui leur donnaient un peu de vie dans le regard.

Il était à peine de cinq ans mon aîné. Il en paraissait plus. Il avait perdu son embonpoint que je lui connaissais au village. Ses yeux étaient souvent embués de larmes qu’il contenait par fierté.

Nous avons fait halte près d’une source, après avoir gravi un sentier buriné par un soleil de cactus.

Les sentiers poussiéreux sentaient la figue de barbarie. Depuis qu’il avait quitté la grande cité, il arpentait des lacis de montagnes, se perdait dans les champs escarpés.

Je te raconte ces heures de solitude que tu remplis.

Quelques consommateurs le fixèrent d’un regard étonné.

Je me réfugie dans la plénitude des chants de Chérifa et dans cette mélopée champêtre de la douleur et de l’exil. Je n’ai pas fini de cueillir ou de recueillir ces jours du lointain. Je ne sais si, d’ici là, au moment où cette terre maudite des dieux se réveillera de sa torpeur, nous serons là, présents, pour voir refleurir les bourgeons de la vie.

Les images qui nous permettent de tenir à la vie et de rester malheureusement en vie.

Le cimetière, à l’entrée du village n’est jamais défriché. Ouvert à la vie, sans clôture, il borde les habitations. Les enfants se sont familiarisés avec cet espace où la nuit, les ancêtres palabrent sur la dérive des vivants.

Nous avons oublié cette quiétude, ces silences cuisants de l’azal et les chants immémoriaux des voix maternelles. Mais la putréfaction investit tous les territoires dans lesquels nous avions emmagasiné nos jours d’enfance.

La rivière de mon adolescence avait retrouvé en cet été son indolence. Elle caressait ses galets surchauffés et s’amusait comme une folle, au sortir de l’hiver qui l’avait défaite de son lit retrouvé. Elle s’y prélassait et les lézards, repus d’insectes, dormaient sur ses berges léthargiques.
...

J’étais né dans cet exil des fronts et ma mère me nourrissait de ses pleurs.

Il retrouve les beaux champs de ses territoires maternels, le vent frais qui fait l’amour aux feuilles exquises des arbres et cette galette qui sent l’oignon vert.






www.arabesques-editions.com
www.algerie-dz.com - Rachid Mokhtari, journaliste au Matin : Fait inédit
www.lexpressiondz.com - L’identité mythique de L’Amante
www.lesoirdalgerie.com - L'exil, ses poètes et ses chanteurs
mokhtari.over-blog.com - «La maîtrise de la langue peut être un handicap à la création littéraire» Propos recueillis par Nassira Belloula
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