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samedi 6 novembre 2010

Bachir Ridouh


Né en 1942 à Bab-El-Oued (Alger). Professeur en psychiatrie, médecin légiste, criminologue, écrivain, il est actuellement responsable du service de la psychiatrie légale au CHU Frantz-Fanon de Blida.

Articles

VST - Vie sociale et traitements 2006/1 (no 89)
Quelle réparation pour le psychotrauma?
M.A. Bencharif
Bachir Ridouh

Le choc émotionnel ou « blessure invisible » est l’effet le moins manifeste et souvent le moins bien compris du psychotrauma. Il peut constituer pour certaines personnes une véritable fracture existentielle, un véritable bouleversement de l’organisation psychique.

VST - Vie sociale et traitements 2006/1 (no 89)
Fanon et le psychotraumatisme
Bachir Ridouh
Mohammed Chakali

Les événements que connaît notre pays depuis plus de dix ans aujourd’hui ont contraint les professionnels de la santé mentale à une lecture de tout ce qui s’est écrit sur les souffrances qui découlent des situations de conflits sociaux majeurs et de guerre, autrement dit, sur le psychotraumatisme.

Entretien avec le Pr Bachir Ridouh, médecin-chef au service de psychiatrie médico-légale du CHU Frantz- Fanon de Blida
"La toxicomanie est une pathologie"

25 Juin 2009

Midi Libre : La toxicomanie est-elle un éloignement par rapport à la normalité ou est-elle une maladie ?

Pr Bachir Ridouh : Le terme " toxicomanie " est composé de deux mots : "toxi" en latin poison pour l’usage des flèches et "manie" en référence à la folie, la fureur et la passion. Cette définition fait entrer l’acte d’user de stupéfiants dans le domaine de la pathologie. Du point de vue du pharmacologue, le toxicomane est l’usager répétitif d’un produit toxique avec nécessité d’en augmenter les doses. Le toxicomane est ici, un individu qui va, d’une certaine manière, aliéner sa liberté. Aujourd’hui, les Anglo-Saxons utilisent le terme "addiction" qui définit un comportement compulsif envers la drogue. Il est généralement admis qu’un toxicomane devient un malade du fait même de son intoxication, mais nombreux sont ceux qui pensent, qu’à ses débuts cette intoxication est un vice. Le plaisir recherché par une voie artificielle signerait ainsi la perversité du geste toxicomaniaque. Le numéro de duettistes qui met en scène, régulièrement, les acteurs chargés de la répression du trafic de drogue : les dealers et ceux chargés du traitement du toxicomane : les sauveurs, témoignent des articles concernant l’usager de la drogue dans la loi de santé de 1985. La préférence du législateur va cependant implicitement aux malades puiqu’il prévoit des mesures d’assistance pour les usagers. Les toxicomanes sont des malades même s’ils constituent un ensemble flou mal défini.

La toxicomanie est-elle la cause ou la conséquence de la délinquance ?

Il va sans dire que lorsque l’on évoque la délinquance toxicomaniaque, ce n’est pas simplement du délit d’usager qu’il s’agit mais plutôt de tous les délits liés à l’usage des drogues : homicide, CBV (coups et blessures volontaires), vol, agression, prostitution, etc. La toxicomanie est un phénomène multiforme. Chaque toxicomane est à la fois unique et semblable aux autres. Les toxicomanes ne sont pas tous délinquants. Cela est par contre plus juste et plus réaliste, quand on dit que le toxicomane est potentiellement malade ; potentiellement délinquant ; potentiellement responsable... Quand on sait que les caractéristiques médicales essentielles du drogué sont l’accoutumance et la dépendance, les définitions faisant référence à la pathologie sont à destinée uniquement individuelle et ne rendent pas compte du phénomène de masse qui caractérise la toxicomanie moderne. De nos jours, les mono toxicomanes sont rarissimes et nous sommes, de plus en plus, face à des situations de poly intoxication. Les défis sont représentés dans la trilogie, abstinence, désintoxication et éradication.

Faut-il traiter ?

Le toxicomane est un malade, il va de soi qu’il faut parler de soins, donc guérir un mal qui est la toxicomanie. Par conséquent, celle-ci serait une maladie et non un vice. Quand un toxicomane rencontre un médecin, c’est bien en théorie du moins qu’il accepte implicitement qu’il soit malade, sinon pourquoi viendrait-il nous consulter ? Les partisans de "la non pathologie" de la toxicomanie, c’est-à-dire ceux qui disent que la toxicomanie est un choix de vie, un mode existentiel nous rétorquent : "Si les toxicomanes vous consultent c’est pour des problèmes annexes à la toxicomanie." Vous avez deviné, il s’agit du syndrome de manque, des infections, etc. Et ils insistent perfidement, "jamais ils ne viennent vous demander un traitement étiologique". Les toxicomanes ne sont pas des patients faciles.


Par : Hamid Sahnoun

www.lemidi-dz.com
www.gauchemip.org - Cinéma : Fanon le révolté
www.cairn.info
www.librairie-mauguin.com - Abdenour Zahzah, la mémoire de Blida



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