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mercredi 10 novembre 2010

Abdelmalek Sayad


Abdelmalek Sayad (né en Algérie française en 1933 et décédé en 1998 en France) est un sociologue franco-algérien, directeur de recherche au CNRS et à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), assistant de Pierre Bourdieu. Fin connaisseur de la communauté nord-africaine en France, il a été décrit par ses amis comme un « Socrate d'Algérie ».


Bibliographie

Le déracinement : La crise de l'agriculture traditionnelle en Algérie, Avec Pierre Bourdieu, Paris, Les Éditions de Minuit, 1964
ISBN : 2707301566


Un Nanterre algérien, terre de bidonvilles, avec Eliane Dupuy, Autrement, 1998, 125 p.
ISBN : 2862605417


Un Nanterre algérien, terre de bidonvilles nous raconte la terrible histoire des ces familles d’immigrés algériens venues travailler en France pour une vie meilleure et qui se sont retrouvées finalement dans les sordides baraques de Nanterre.
Les bidonvilles de Nanterre se sont constitués à partir des années 1950, une époque profondément marquée par la guerre d’Algérie. Sur ce territoire, un monde de baraquements envahis par la boue et les rats ou menacés par les incendies accidentels et criminels, a pourtant vécu avec ses échanges, ses rituels, reconstituant les solidarités importées du pays.

Plus de trente ans après son éradication, ce bidonville hante encore la mémoire et les corps. Il a déterminé la révolte fataliste des immigrés, il nourrit la colère des personnes de la deuxième génération. Un témoignage nécessaire.

La double absence. Des illusions de l'émigré aux souffrances de l'immigré, Paris, Seuil, 1999, 438 p. Coll. "Liber".
ISBN : 2020385961



Ce livre présente la synthèse de vingt années de recherches, menées en France et en Algérie, sur l'émigration et l'immigration, deux phénomènes qui sont aussi indissociables que le recto et le verso de la même feuille et pourtant très différents en apparence, au point qu'on croit pouvoir comprendre l'un sans connaître l'autre. Abdelmalek Sayad restitue à l'immigration tout ce qui en fait le sens, c'est-à-dire le non-sens : par des entretiens admirables de délicatesse et de compréhension, il amène les immigrés à livrer le plus profond de leur intimité collective, les contradictions déchirantes dont leur existence déplacée est la conséquence. C'est par exemple l'immense mensonge collectif à travers lequel l'immigration se reproduit, chaque immigré étant conduit, par respect pour lui-même et aussi pour le groupe qui lui a donné mandat de s'exiler, à dissimuler les souffrances liées à l'émigration et à encourager ainsi de nouveaux départs. Ce sont les contradictions de tous ordres qui sont inscrites dans la condition d'immigré, absent de sa famille, de son village, de son pays, et frappé d'une sorte de culpabilité inexpiable, mais tout aussi absent, du fait de l'exclusion dont il est victime, du pays d'arrivée, qui le traite comme simple force de travail. Autant de choses qui ne sont pas seulement dites dans le langage habituel de la littérature critique, mais également dans la langue que les immigrés emploient eux-mêmes pour faire part avec beaucoup d'intensité et de justesse, de leur propre expérience. On ne pourra plus, après avoir lu le livre, regarder de la même façon les immigrés que l'on croise distraitement dans le métro ou dans la rue, ni écouter avec la même indulgence les discours dont ils font l'objet et qui, même les mieux intentionnés, les enfoncent dans leur étrangeté.

Histoire et recherche identitaire suivi de Entretien avec Hassan Arfaoui, Bouchène, 2002, 113 p.

L'immigration ou les paradoxes de l'altérité. 1. L'illusion du provisoire, Paris, Raisons d'agir, 2006, 218 p.
ISBN : 291210727X

L'immigration, ou les paradoxes de l'altérité, De Boeck Université, 1992, 331 p.
Trente années d'enquêtes réalisées par le sociologue Abdelmalek Sayad (1933-1998) ont renouvelé l'étude du phénomène migratoire : à l'immigration dans une société correspond toujours une émigration hors d'une autre société. L'une ne peut s'expliquer sans l'autre. Ce premier volume de l'immigration ou les paradoxes de l'altérité montre que la présence d'étrangers dans un espace national est toujours pensée comme provisoire, alors même que la réalité dément cette représentation. La dimension économique de la condition de l'immigré détermine tous les autres aspects de son statut : le travail fait " naître " l'immigré mais rend sa présence illégitime quand l'emploi vient à manquer. L'illusion du provisoire se prolonge dans le logement, avec ces foyers qui assignent durablement leurs résidants à un habitat temporaire, Elle se perpétue en fin dans l'idée du retour, qui entretient l'espoir que l'exil n'a qu'un temps.


L'immigration ou les paradoxes de l'altérité. 2. Les enfants illégitimes, Paris, Raisons d'agir, 2006, 208 p.
ISBN : 291210730X

L'EXCLUSION POLITIQUE, FONDEMENT DE L'ORDRE POLITIQUE ?
À considérer toutes les formes d'exclusion dont l'ordre poli­tique s'est accompagné, on est en droit de se demander si pareille exclusion ne constitue pas un des fondements mêmes de cet ordre. L'exclusion sur la base de la nationalité n'est-elle pas nécessaire pour l'existence de la nationalité et, plus large­ment, l'exclusion politique d'un groupe social inclus dans la vie politique n'est-elle pas nécessaire pour l'existence du poli­tique ? Athènes et Sparte, dont on a fait des modèles de réfé­rence, avaient chacune leurs hommes libres et, par opposition à ceux-là, l'une ses esclaves (esclaves-marchandises) et l'autre ses groupes d'hilotes (esclaves-conquis). Les républiques médiévales, comme les cités-États médiévales ou les «thalassocraties» de toute l'Italie, avaient aussi leurs citoyens, définis par les arts auxquels ils appartenaient, la souveraineté s'exerçant à travers ces arts, et leurs non-citoyens (les campagnards, les contadini). Nos démocraties modernes, dans leurs formes vraies et a fortiori dans leurs perversions (colonialisme, apartheid et tous régimes négationnistes, fascisme, nazisme et autres totalitarismes), n'échappent pas à la logique qui fonde l'exclusion et la sujétion. L'immigré, le non-national de la nation dont il est membre de fait (mais de fait seulement, et non de droit), semble être la variante moderne, c'est-à-dire atténuée, de ce que furent, en d'autres temps et d'autres lieux, les assujettis aliénés de toutes les espèces.
Le citoyen athénien ou romain, le pair de la cité de Sparte et le citadin de la Florence ou de la Venise médiévales, le citoyen du Reich hitlérien, l'homme «blanc» dans le régime d'apartheid, le citoyen du «premier collège» dans le système colonial, le national-citoyen de l'Etat-nation ont en commun d'être définis comme des hommes «libres» pour lesquels la seule activité qui vaille est la politique, dont ils ont le monopole.

David Macy "the suffering of immigrants", Cambridge, polity press, 2004.




"Il fut des peuples libres qui tombèrent de plus haut" (17'15) est un court-métrage de Thomas Lacoste qui accompagne, sur le même DVD, le film pour la suppression du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale "Ulysse Clandestin".
Il revient sur la constance de l’exclusion des étrangers de la cité, à partir, notamment, d’un texte du sociologue Abdelmalek Sayad (extrait de "L'immigration ou les paradoxes de l'altérité", Ed. Raisons d'agir, 2006) et d’une adaptation de la pièce chorégraphique "Self portrait camouflage" (52') de la danseuse et chorégraphe Latifa Laâbissi.


fr.wikipedia.org - Abdelmalek Sayad
www.cdasayad.org - Centre de documentation Abdelmalek Sayad
www.histoire-immigration.fr - La médiathèque Abdelmalek Sayad
recherche.fnac.com -Abdelmalek Sayad
www.facebook.com - Abdelmalek Sayad
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