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lundi 11 octobre 2010

Hamadi Redissi

Hamadi Redissi est un intellectuel tunisien.

Juriste et écrivain, il est professeur de sciences politiques à l'Université de Tunis. Il est l'un des penseurs critiques de la modernité dans le monde arabe.

Redissi s'est attelé à la réflexion sur l'adéquation entre l'islam et les valeurs démocratiques et sur la modernisation de l'islam. Il forge ainsi le concept d'exception islamique. Selon lui, l'autoritarisme, le déclin économique et le conservatisme religieux se conjuguent pour empêcher les pays arabes d'entrer enfin dans un cercle vertueux et de rejoindre le reste du monde. C'est, en quelque sorte, l'exception islamique et elle durera tant que les sociétés civiles des pays musulmans les récuseront.

Hamadi Redissi est membre fondateur, avec le politologue tunisien Riadh Sidaoui, du Centre arabe de recherches et d'analyses basé à Genève.



L’Evangile est un texte seulement sacré c’est à dire minimaliste, mais la Torah règle tous les aspects de la vie, plus que l’Islam même ! A l’âge médiéval Maïmonide a dénombré 613 lois juives. Le Coran règle moins la vie, près de 200 versets sur plus de 6000. Elles ont été alourdies par le droit islamique qui a saturé l’espace de la vie si bien que la tradition juridique a été elle-même sacralisée. Non le vrai problème est la résistance aux temps modernes. Les juifs vers le XVIIIe ont accompli un véritable Aufklärung (illuminismo) grâce notamment à Moses Mendelsohn. Et même en Israël aujourd’hui, les prescriptions légales sont à la carte, le pouvoir politique étant laïc. Avez-vous entendu parler d’un juif arrêté parce qu’il ne fait pas le sabbat ! Le cas de l’Islam est différent. Il n’a pas connu de rupture ou de remise en cause de la tradition ou même un mouvement réformiste populaire comme le protestantisme. D’abord, très peu d’Etat sont laïcs et en tous cas aucun du moyen orient. Et même la Turquie laïque a un département (Diyanat) qui gère le culte. Plus, beaucoup d’Etats du moyen orient ont inscrit le respect de la charia dans la constitution en en faisant une source ou la source principale de la législation. Ainsi, l’Islam n’est pas un choix libre. Il structure la société. Les pouvoirs publics veillent à son respect dans toutes les manifestations de la vie, de la naissance au cortège funèbre. Ensuite, les prescriptions inégalitaires entre hommes et femmes, entre musulmans et non musulmans continuent à être appliquées presque partout à l’exception de la Turquie et la Tunisie. L’éducation publique inscrit aux programmes la charia, telle qu’elle a été comprise et appliquée par les Anciens. Enfin, les mouvements islamistes mettent les pouvoirs publics sous pression. Rien n’échappent à leur vigilance, mais alors vraiment rien. Tous les jours, ils publient des fatwas, de la toilette des femmes à l’injonction de tuer tel ou un tel. L’Etat est ainsi piégé. Ceci en terre d’Islam. En Europe, les musulmans ont ramené la charia dans les valises. Ils veulent certes s’intégrer mais à leurs condition. Ils viennent de piéger l’Occident qui se remet à discuter des questions supposées être résolues au XIXe siècle. Ainsi en Orient, la charia est un devoir. En Occident, elle est une liberté. On appelle cela la globalisation !

In : Entretien avec Hamadi Redissi

Bibliographie

Les Politiques en Islam. Le Prophète, le roi et le savant, L'Harmattan, Paris, 2000.






Toward a Third Type of fundamentalism ? (papier produit pour la 10e assemblée générale de la CODESTRIA en 2002).

L'exception islamique, Seuil, Paris, 2004.


L'islam et la violence, une analyse selon trois rationalités pour tenter de comprendre les attentats du 11 septembre (avec Jan-Erik Lane de l'Université de Genève)

Le pacte de Nadjd ou comment l'islam sectaire est devenu l'islam, Seuil, Paris, 2007.






fr.wikipedia.org - Hamadi Redissi
Entretien avec Hamadi Redissi
www.postedeveille.ca - Le talon d'Achille de l'islam, par Hamadi Redissi
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