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lundi 12 juillet 2010

Youcef Khader

SM15
HALTE AU « PLAN » TERREUR
Auteur : Ramzi Rafik (N.Hiahemzizou) d’après le roman de Y.Khader
Editeur : Entreprise Nationale du livre (ENAL) Alger 1983
64 pages noir et blanc sous couverture souple en couleurs.

Cette bande dessinée raconte les aventures de Mourad Saber, un agent secret algérien qui combat les Israéliens.
Après les 6 romans également édités par l’ENAL que compte la saga, et écrits par un vieux routier français du roman d’espionnage, Roger Vlatimo sous le pseudo de Youcef Khader, la bande dessinée initialement publiée en strips dans El Moudjahid durant le 2ème semestre 1971, n’ajoute pas grand-chose à la gloire de SM 15.

SM15 ECHEC AU PLAN TERREUR




C'est en 1970 que Mourad Saber alias SM 15, l'agent spécial algérien le plus connu, voit le jour dans Délivrez la Fidayia, le premier des six romans d'espionnage de Youcef Khader. Dix pages après le début du roman, l'auteur donne déjà une description détaillée de l'agent spécial de la Sécurité Militaire Algérienne :

"[...] ce garçon de trente-deux ans en imposait physiquement. Un mètre quatre-vingt cinq de muscles et de nerfs, l'oeil et le geste prompts, tireur émérite et rompu à tous les sports de combat, il donnait une extraordinaire impression de force souple, d'équilibre. Mourad paraissait avoir entraîné son corps d'athlète à ne réagir qu'à son commandement. Une flamme passionnelle faisait luire parfois ses prunelles noires, au hasard d'une injustice, ou d'une opposition.
Il avait un visage ascétique aux pommettes saillantes, un nez long et busqué en forme de bec d'oiseau de proie, une bouche au pli sévère qu'adoucissait parfois d'une manière inattendue un sourire empreint de bonté. Bref, il était beau, d'une beauté virile assez fascinante."

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"Je me nomme Samyr Bouddiaf, je suis Algérien. Mais, pour me désigner, on emploie plus souvent le matricule: Emir 17, agent spécial au service «Action et Exécution» du SRA. (Service de Renseignements Algérien).

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Dans D. contre-attaque, Emir 17 lutte lui aussi contre l'adversaire déclaré qu'est Israël. Sa mission consiste à empêcher qu'un convoi militaire transportant des fusées et des rampes de lancement quitte l'Espagne pour Israël. L'agent spécial doit même détruire la livraison pour écarter tout danger de l'Algérie. Dans Piège à Tel-Aviv, Emir 17 se trouve en Israël pour libérer un agent spécial algérien introduit à El-Khalil, une base militaire israélienne.

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Comme nous venons de le voir ce sont le Sin-Beth, le service secret israélien, et le sionisme qui sont considérés comme les adversaires à éliminer dans les romans de Youcef Khader et d'Abdelaziz Lamrani. Ce but s'exprime clairement dès le début du premier roman de chaque série, et il se répète de façon régulière au cours des volumes qui suivent. Dans D. contre-attaque, dès le prologue, nous lisons que les efforts des services secrets algériens de détruire le Sin-Beth sont couronnés de succès. Quand il est question des Sionistes dans le deuxième paragraphe du premier chapitre du roman, le nom de l'adversaire n'a pas à être mentionné; tout le monde sait de qui il s'agit : "«Ils» voulaient l'avoir à l'usure, les salauds!"

La férocité de l'adversaire est illustrée par une scène de torture décrite de façon détaillée dans le premier chapitre. Les méthodes tortionnaires inhumaines des Sionistes ne montrent pas seulement leur cruauté; elles soulignent aussi la persévérance de l'agent algérien, un collègue d'Emir 17.

Des sévices graves et de mauvais traitements, qui ne se justifient que par le sadisme, caractérisent l'interrogatoire. La description du chef nous paraît révélatrice de l'image courante que l'on a des Sionistes, image qui réapparaît dans les romans de Lamrani et de Khader. En une seule phrase, la voix du chef est qualifiée de "brutale", "féroce" et "saccadée". Les tortures que l'agent doit subir sont accompagnées par "un ricanement sardonique", "une complaisance sadique", "un rire sarcastique" et "la voix cruelle" et "démoniaque" de l'adversaire. Les traits sadiques du Sioniste se renforcent par ses invitations amicales à parler, suivies de brutalités répétées et de vaines promesses. Des insultes des deux côtés révèlent le mépris et la haine réciproques que les adversaires ressentent: "Sale sioniste! fils de chien!" – de telles expressions caractérisent l'atmosphère de l'interrogatoire à la fin duquel l'agent algérien est tué d'un coup de feu parce qu'il a subi la torture de l'ennemi sans avoir trahi le but de sa mission.

Une description similaire de l'adversaire – mais encore plus précise que celles des romans de Lamrani – se trouve dans les premières pages de Délivrez la Fidayia! de Youcef Khader. Dès le début du roman, il est clair que les "bons" Arabes sont menacés par les "mauvais" Sionistes. Le consul d'Algérie à Rome expose les faits à SM 15 de la façon suivante : "– Ce qui vient de se passer [l'enlèvement de la femme d'un des chefs Fiddayins] s'inscrit dans le contexte de violence dont la nation arabe est victime en permanence de la part des sionistes. Je précise bien: «sionistes», et non: «Juifs». Il est odieux de prétendre que les Arabes haïssent les Juifs, avec lesquels ils ont longtemps cohabité dans le respect mutuel de la foi de chacun. Mais entre-temps s'est créé «Israël», où les «éperviers» ne manquent pas. L'insolente agressivité du Shin Beth ne connaît plus de bornes. [...].

Depuis de longues années, le Shin Beth sioniste des «Israéliens» poursuit la nation arabe de sa haine tenace et destructrice. C'est de toutes leurs forces, et elles sont grandes car ils disposent de sommes considérables qui leur permettent, entre autres, de financer des campagnes de presse, qu'ils combattent nos aspirations légitimes.

Nous voulons bien d'un foyer culturel juif en Palestine, non d'un Etat agressif. «Israël» est un abcès douloureux au flanc du monde musulman. [...]."

ENTRE AFFIRMATION ET CRITIQUE
LE DEVELOPPEMENT DU ROMAN POLICIER ALGERIEN D'EXPRESSION FRANÇAISE
THESE NOUVEAU REGIME PRESENTEE EN VUE DE L'OBTENTION DU DOCTORAT
PAR BEATE BECHTER-BURTSCHER
SOUS LA DIRECTION DES PROFESSEURS
GUY DUGAS ET ROBERT JOUANNY
MAI 1998

Le developpement du roman policier algerien d'expression francaise - Beate Bechter-Burtscher.pdf

Centre Culturel Algérien
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