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jeudi 15 juillet 2010

Fadhma Aït Mansour Amrouche


Marguerite-Fadhma Aït Mansour Amrouche (1882 à Tizi Hibel en Algérie française - morte en 1967 en France), mère des écrivains Jean Amrouche et Taos Amrouche, était une écrivain-poète algérienne d'origine kabyle.

La mère de Fadhma, Aïna Aïth Larbi Ou-Saïd, née dans les environ de Taourirt Moussa en Haute Kabylie, est d'abord mariée très jeune à un homme beaucoup plus âgé, avec qui elle a deux enfants. À la mort de son mari, Aïna décide de vivre seule avec ses deux enfants, et refuse l'offre de son frère Kaci de venir habiter chez sa mère, comme c'est de coutume. Alors son frère la renie : écartée de la famille, elle ne peut même pas assister aux funérailles de sa mère.

Aïna et un homme de son voisinage, qui s'avère être de la même famille que son ancien mari, tombent amoureux. Pas encore mariée, Aïna tombe enceinte. L'homme, déjà fiancé avec une autre femme d'une famille importante, refuse de reconnaître la paternité. Aïna est exclue de la communauté, et accouche seule dans sa maison de Tizi Hibel, avec ses deux jeunes enfants.



Ce livre est le récit d'une vie, « une simple vie, écrite avec limpidité par une grande dame kabyle, [...] où l'on retrouve les travaux et les jours, les naissances, les morts, le froid cruel, la faim, la misère, l'exil, la dureté de cœur, les mœurs brutales d'un pays rude où les malédictions, les meurtres, les vendettas étaient monnaie courante ... ». Kabyle, chrétienne, femme, et surtout poète, Fadhma Amrouche a vécu l'exil toute sa vie : dès sa naissance en 1883, dans son propre pays, l'Algérie, puis pendant quarante années en Tunisie, enfin en Bretagne jusqu'à sa mort en 1967. Dans ce livre magnifique, elle raconte sa vie de femme et le destin des Kabyles, « tribu plurielle et pourtant singulière, exposée à tous les courants et pourtant irréductible, où s'affrontent sans cesse l'Orient et l'Occident, l'Algérie et la France, la Croix et le Croissant, l'Arabe et le Berbère, la montagne et le Sahara, le Maghreb et l'Afrique ... ».

www.editionsladecouverte.fr



J'ai oublié le jardin de mon enfance avec ses tonnelles de vigne et le fort national à l'horizon avec ses tuiles rouges et ses remparts blancs. Je viens de relire cette longue histoire et je m'aperçois que j'ai oublié de dire que je suis toujours restée la kabyle : jamais, jamais, malgré les quarante ans que j'ai passé en Tunisie, malgré mon instruction, foncièrement, française, jamais, je n'ai pu me lier, intimement, ni avec des Français ni avec des Arabes. Je suis restée toujours l'éternelle exilée, celle qui jamais ne s'est sentie chez elle, nulle part.

Aujourd'hui, plus que jamais, j'aspire, enfin, à être chez moi, dans mon village, au milieu de ceux de ma race, de ceux qui ont le même langage, la même mentalité, la même âme superstitieuse et candide affamée de liberté, d'indépendance, l'âme de Jugurtha.

À mon fils, j'ai dédié ce cahier. Pour lui, j'ai écrit cette histoire. Pour qu'il sache que ma mère et moi avons souffert et peiné pour qu'il soit Jean Amrouche, le poète berbère.

D'après le livre Histoire de ma vie De Fadhma Ait Mansour mère de Taos Amrouche



Marie Louise-Taos Amrouche est une grande artiste Amazigh-Kabyle, elle fut écrivain d'expression française et interprète de chants traditionnels kabyles, Taos, est la première femme algérienne romancière, avec Jacinthe noire, publié en 1947.



Wikipedia.org - Fadhma Aït Mansour Amrouche
www.yennayer.fr
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