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jeudi 4 mars 2010

Leila Sebbar


Romancière et nouvelliste, Leïla Sebbar est née le 19 novembre 1941 à Aflou (Hauts-plateaux dans le département d'Oran), en Algérie d’un père algérien et d’une mère française, instituteurs.

Elle vit en France depuis l’âge de dix-huit ans. Étudiante, puis professeur de Lettres, elle est l’auteure d’essais, de critiques littéraires, de recueils de textes inédits, de nouvelles et de romans.

Leïla Sebbar se définit comme «une écrivaine dans le siècle – siècle qui commencerait au milieu du XXe siècle – c’est-à-dire lié à une histoire particulière, celle de la France et de ses colonies : guerres de colonisation, de décolonisation, de libération et, liés à cette histoire, tous les effets de déplacement, d’exode, d’exil et donc de rencontres singulières entre ceux qui quittent un pays et ceux du pays d’arrivée. [Ses] personnages sont donc en déplacement. Comment vont-ils vivre ? Comment appréhender leur propre histoire, leur « roman familial » en relation avec l’histoire générale ? C’est ce rapport très fort, et que l’on ne peut ignorer, entre l’intime et le politique qu’[elle] explore.»

Principaux ouvrages

Fatima ou les Algériennes au square (Stock, 1981)


Shérazade, 17 ans, brune, frisée, les yeux verts (Stock, 1982)
ISBN 2-234-01586-3

Shérazade est un roman d'aventures singulier. Le roman d'initiation d'une fugueuse de banlieue. Shérazade est Algérienne, 17 ans, brune, frisée, les yeux verts, suivant le signalement de la Police. C'est l'histoire à la fois drôle, extravagante et réaliste de ses dérives et de ses rencontres dans Paris. Shérazade, insoumise, erre dans la ville, les squatts, les rues, les boîtes... et bizarrement, les bibliothèques... Shérazade, sauvage et insaisissable, comme ses complices dans l'exil, la clandestinité, le déracinement, ruse avec son identité, avec la loi; elle vole, fait des casses, frôle le terrorisme, côtoie le monde de la drogue, de la prostitution, du luxe, de la mode, de la publicité.
Shérazade farouchement libre, tendre et violente, aventureuse et perspicace, incarne la nouvelle sensibilité à l'amour, à l'argent, au temps, à la ville. Elle a la grâce sublime et dérisoire de la jeunesse.

Les Carnets de Shérazade (Stock, 1985)

Lettres parisiennes : autopsie de l’exil. En collaboration avec Nancy Huston (Bernard Barrault, 1986, J'ai lu, 1999)

Le Fou de Shérazade (Stock, 1991)

La Jeune fille au balcon (Seuil, 1996)
ISBN : 2020892278
EAN : 9782020892278


Alger, aujourd’hui. Que sait la jeune fille au balcon ? Que tout est interdit, dangereux, suspect… Elle rêve d’amour, mais ne quittera pas son refuge. Dehors, c’est l’heure de tous les dangers, imaginaires ou réels. En six nouvelles, Leïla Sebbar raconte les liens passionnels entre l’Algérie et la France, les conflits d’identité, les affrontements entre tradition et modernité.

Pourquoi une musulmane ne serait-elle pas agréable à voir et joyeuse

Le Baiser (Collection : Courts toujours, Hachette Livre, 1997)

La Seine était rouge, Paris Octobre 1961 (Thierry Magnier, 1999)
ISBN : 2844202365
EAN : 9782844202369


Le 17 octobre 1961, à Paris, des Algériens manifestent contre l’instauration du couvre-feu : violence de la police du préfet de Paris Maurice Papon, arrestations massives, matraquages, meurtres...
Depuis, silence sur ces journées de massacre.
1996, Paris.
Amel, seize ans, née à Nanterre.
Omer, vingt-sept ans, né en Algérie : il est journaliste réfugié politique.
Louis, vingt-cinq ans, né en France : il réalise un film documentaire.
Amel et Omer vont retracer la géographie parisienne du martyr algérien.
Ils conjurent ensemble, avec les images de Louis et la voix de la mère d’Amel qui manifestait ce jour d’octobre, le silence et l’oubli.

Soldats (Seuil, 1999)

Une enfance d'ailleurs, Textes réunis par Leïla Sebbar (Seuil, Points virgule, 2001)

Le Chinois vert d’Afrique (Eden, 2002)

Je ne parle pas la langue de mon père (Julliard, 2003)
ISBN : 2260016154
EAN : 9782260016151




Interview de Leïla Sebbar, écrivain, à l'occasion de la parution de son roman "Je ne parle pas la langue de mon père" aux éditions Julliard.
TV5 L'Invité, Xavier Lambrechts, 09 janvier 2003.
Date : 01.01.2003
Durée : 00:08:54
Auteur(s) - Producteur(s) : Jean Pierre Bouillez

Quand la mémoire et l’imaginaire se mêlent pour redonner vie au passé... Une émouvante quête des origines.

Née d’un père algérien et d’une mère française, Leïla Sebbar vit en France après une enfance passée dans l’ancienne colonie. «Je ne parle pas la langue de mon père»: ce constat qui revient régulièrement ponctuer la pensée de Leïla Sebbar fait figure de mot de passe, de sésame. Résonnant comme un appel, il est le point de départ d’une poignante méditation sur les racines doublée d’un voyage dans le temps et l’espace qui veut faire la lumière sur un passé que le père n’a jamais voulu remuer.


Reliant les souvenirs d’enfance à ce qu’elle sait aujourd’hui de l’Algérie et de ses troubles, Leïla Sebbar entreprend de compléter l’histoire d’un homme qu’elle aime et respecte depuis toujours. À quoi bon s’attarder sur une époque révolue ? Leïla Sebbar est loin de partager ce point de vue et ressent le mutisme de son père comme un blanc, un manque qu’elle voudrait combler. Rassemblant précieusement les bribes d’information, ses souvenirs d’enfance à Hennaya, les anecdotes racontées par les uns et les autres, elle tente de reconstituer par l’écriture une mémoire fragmentée. Des insultes lancées en arabe par les garçons du quartier de sa jeunesse à la tendresse qui les liaient elles et ses sœurs à leurs servantes Aïcha et Fatima, des militaires dont elle note la grossièreté aux visites chez des tantes si différentes de manières et de mentalité de sa mère française, Leïla Sebbar note, collecte, regroupe. Et pour répondre aux questions que son père a toujours éludées, elle s’aide de son imagination, la fiction palliant sans peine les lacunes du savoir. Si bien que la remontée aux sources prend plus souvent les couleurs d’une rêverie pleine de sensibilité que celles de la simple chronique ou du témoignage...

La simplicité et l’élégance de l’écriture de Leïla Sebbar font passer une émotion profonde et sans apprêts, qui permet à l’auteur de tresser avec naturel l’histoire tourmentée d’un pays et celle d’une famille prise dans un entre-deux culturel. Une réussite littéraire mais aussi un hommage d’une force rare.

Mes Algéries en France, Carnet de voyage (Bleu autour, 2004)

Journal de mes Algéries en France (éd. Bleu autour 2005)
EAN : 9782912019301


Mes Algéries en France. Après son Carnet de voyages, voici ce Journal, une autobiographie collective de la romancière Leïla Sebbar. Le même désir de mêler l'Algérie à la France. La même tentative obstinée, par les mots, la voix, l'image, d'abolir ce qui sépare. Mais autrement. Au fil des jours, au hasard des rencontres. En liberté et en écho à son carnet de voyages en France, avant peut-être, de retourner dans l'Algérie d'enfance. Donc un journal intime, plus intime. Une exploration subjective de la diaspora algérienne de cultures musulmane, juive, chrétienne, laïque.

Visages, paysages, objets fétiches, archives historiques, dessins, photos, affiches mais aussi romans familiaux et portraits : des fragments qui se répondent dans le désordre de l'espace et du temps, une profusion de signes et de traces sous le regard oblique de Leïla Sebbar. Elle tisse une Géographie croisée et insolite autour des lieux de l'enfance connus, inconnus, parfois imaginaires, que l'exil à déplacés.

Ce travail en forme de passion lui permet d'approcher la réalité de ses fictions. Il permet aussi aux nouvelles générations de tenir l'équilibre.

Isabelle l’Algérien (dessins de Sébastien Pignon) (Al Manar, 2005)
ISBN : 2913896324


Les Femmes au bain (Bleu autour, 2006)
EAN : 9782358480062


Les femmes au bain, ce qu'elles racontent ?
Elles disent le désir, l'amour, le plaisir comme une offrande. On entend les mots et les chants des femmes entre elles. Savantes et illettrées, magiciennes et saltimbanques, saisonnières des vignes, conteuses. La Bien-aimée écoute les rumeurs qui exaltent l'Étranger de sang, l'amant magnifique et ses femmes. Il est en prison. Les frères de la Bien-aimée l'accusent de viol. Les femmes au bain résistent. À l'arbitraire de la tribu, à son honneur corrompu, à ses noces de sang. Elles croisent les légendes anciennes et les histoires contemporaines, réelles et imaginaires, pour un hymne libre et joyeux aux amours illicites, saphiques, rebelles.

L'habit vert, Edition Thierry Magnier (2006)
ISBN : 2844204414
EAN : 9782844204417


Elle dit qu'elle aime ça d'être dehors avec l'équipe et balayer les rues, ramasser ce qu'on jette, papiers, vieux paquets de cigarettes, boîtes de tabac à priser écrasées, boîtes de Coca ou de bière cabossées, prospectus, plastiques ou journaux gratuits périmés, ça l'ennuie pas, elle pique au bout du manche avec le crochet à trois pointes, une fois elle a attrapé, juste, juste, il a failli lui échapper, un billet de cent euros, personne ne l'a crue, c'était vrai.

On les voit dans les rues, les cafés, les hôtels et les gares, les maisons. En service domestique, ménager, sexuel. Descendants des anciennes colonies, ils sont attachés à la personne du «maître». Liens de subordination ambigus, entre violence et tendresse. On les entend rêver, pleurer, rire, résister à la servitude. Passeurs entre l'Orient, l'Afrique et l'Occident.

Femmes d'Afrique du nord - cartes postales (1885-1930), (2006)
Leïla Sebbar - Christelle Taraud - Jean-Michel Belorgey
EAN : 9782912019486


Des portraits de femmes sur cartes postales anciennes, souvent inédites. «Les femmes du peuple demon père», pour la romancière Leïla Sebbar qui, derrière chacune de ces belles d’Afrique du Nord» vouées à la séquestration dans la maison, l’ouvroir ou le bordel, voit «une petite fille grandie trop vite»... Des femmes du réel mais aussi des fictions de femmes fabriquées par le désir de voir et de savoir du photographe occidental, enchaîne l’historienne Christelle Taraud, dont le propos détermine l’ordre des cartes postales. Et, pour Jean-Michel Belorgey, qui voudrait croire que la beauté n’est jamais vraiment captive ni orpheline, c’est l’émerveillement du collectionneur de traits et de gestes, d’étoffes, de bijoux et de tatouages qui l’emporte.

L'arabe comme un chant secret (Bleu autour, 2007)
EAN : 9782912019752


Comment vivre séparée de la langue de son père, l’arabe ? Leïla Sebbar témoigne de son obstination d’écrivain face à cette question pour elle lancinante, depuis l’Algérie coloniale, où elle est née d’un père algérien et d’une mère française, jusqu’à Paris, où elle écrit son père dans la langue de sa mère. L’un de ses livres les plus personnels et émouvants.

Métro, Instantanés (Ed. du Rocher, 2007)
ISBN : 2268060497


Le métro. Paris. Une Babel souterraine au-delà des mers, où se croisent les visages et les corps, les accents et les langues. Des instantanés, notés à la vitesse du métro, ironiques et tendres. Saynètes, dialogues, portraits. Des histoires furtives, éphémères, qui racontent deux minutes trente-cinq de bonheur ou de malheur.

Leïla Sebbar, romancière et nouvelliste, est née en Algérie. Elle vit à Paris. Elle a publié, entre autres : La trilogie romanesque, Shérazade (Stock); des recueils de nouvelles dont La Jeune Fille au balcon (Points Seuil), L'Habit vert (Thierry Magnier), Isabelle l'Algérien, dessins de Sébastien Pignon (Al Manar); Les Femmes au bain (Bleu autour).

Extrait du livre :
Janvier 1997, Gare-de-l'Est

L'Aveyron à Paris

Ils ont le bel accent de l'Aveyron, la langue roule et chante. On comprend qu'ils sont dans la limonade, gérants de bar-tabac, «c'est de plus en plus difficile». L'un porte un gilet de laine tricoté, l'autre un blouson de tergal mastic.
Le gilet tricoté : Les garçons, ils restent plus. Même une bonne place. Ils travaillent plus comme avant, y a plus la confiance.

Le blouson mastic : En plus des garçons, y a les clients. Je connais des quartiers, ils font plus leur chiffre d'affaires, les clients c'est le kaoua verre d'eau, il faut leur servir le verre d'eau pour pas un rond, ils partent pas. Place Clichy, je sais pas les cafés qui marchent. Même le Wepler... Il tient encore son renom, pour combien de temps ?

L'homme au gilet de laine parle d'Enghien oh il habite un petit pavillon hérité d'une tante de sa femme : Enghien la ville, c'est bien, mais autour c'est tout de suite la racaille, partout.

Le blouson mastic : Enghien, je connais. Le lac, là aussi, que de la racaille, on voit plus un Gaulois.

Mon père, Textes inédits recueillis par Leïla Sebbar (Chèvre feuille étoilée, 2007)

Le Vagabond (Bleu autour, 2007)
ISBN : 9782912019653

'Bârtard fils de pute.' On insulte ainsi l'enfant né en Indochine.
Père, tirailleur algérien. Mère, brodeuse à Saigon. Il a vingt ans lorsqu'il arrive - après quelles pérégrinations ? - sur les Hauts plateaux algériens. Il cherche son père, il erre à travers la steppe et la ville.

C’était leur France, en Algérie avant l’Indépendance, Textes inédits recueillis par Leïla Sebbar (Gallimard, 2007)

Comment aimer cette France-là ?

"Honte d'être française" face aux violences de la France coloniale, cri de désespoir et de colère. Une petite fille française qui habite les hauts plateaux refuse La Marseillaise, le sapin de Noël et le père Noël, "les poupées raides et froides", un cadeau de France. Une institutrice dit à l'enfant qui vient de lire son poème "Une Arabe ne peut pas écrire ça", une autre institutrice, ailleurs, maltraite ses élèves musulmans. Les Algériens musulmans sont absents du paysage littéraire et historien des livres de France, l'Algérie est absente, sa civilisation séculaire invisible, c'est "la France officielle" qui domine. "Des choses sans noms. Des noms sans choses." Où sont-ils, tous les autres ? Qui sont-ils ?

Des gestes de résistance (il y en eut tout au long de la conquête et de la présence françaises) symboliques, celui de l'un des chefs de la puissante confrérie d'El Hamel, près de Bou-Saada : il tend la main gauche, la "mauvaise main" aux autorités françaises en visite dans un "Territoire du Sud" "pacifié".

Ma mère, Textes inédits recueillis par Leïla Sebbar (Chèvre feuille étoilée, 2008)

Voyage en Algéries autour de ma chambre, Abécédaire (Bleu autour, 2008)

Mon cher fils (Elyzad, 2008)
La blanche et la noire, Bleu Autour (2008)
EAN : 9782912019813


«C'est la seule occasion dans le roman où l'on assiste à l'autorité paternelle et patriarcale et en même temps on comprend que le fils va chercher à échapper au modèle de l'éducation traditionnelle, virile, ce que j'appelle le virilisme, plus fort que la virilité.»

La blanche et la noire, Bleu Autour (2008)
EAN : 9782912019813


Dans la maison tunisienne.
L’une, Isabelle, jeune aristocrate russe. L’autre, Khadija, vieille servante affranchie. Isabelle raconte ses nuits dans le quartier des bordels, Khadija son enfance de petite fille pauvre raflée pour les maisons closes de Tunis.
Avant le désert, Isabelle écoute le rêve prémonitoire de Khadija.

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