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mercredi 3 février 2010

Mohamed Dib

Mohammed Dib (Tlemcen, 21 juillet 1920 - La Celle Saint-Cloud, 2 mai 2003) est un écrivain algérien de langue française, auteur de romans, de nouvelles, de pièces de théâtre, de contes pour enfants, et de poésie. Mohammed Dib naît dans une famille bourgeoise en partie ruinée. Il commence ses études à Tlemcen, sans fréquenter l'école coranique, et les poursuit à Oujda au Maroc. Après la mort de son père en 1931, il commence autour de 1934 à écrire des poèmes mais également à peindre. Sa rencontre avec un instituteur français, Roger Bellissant (qui deviendra son beau-père) le conforte dans la voie de l'écriture. De 1938 à 1940 Mohammed Dib devient instituteur, enseignant à Zoudj Bghel, près de la frontière marocaine. Comptable à Oujda,l'année suivante, au service des Subsistances de l'Armée, il est en 1942 requis au Service civil du Génie puis, en 1943 et 1944 interprète franco-anglais auprès des armées alliées à Alger. De retour à Tlemcen en 1945 Mohammed Dib est jusqu'en 1947 dessinateur de maquettes de tapis, réalisés et vendus sous son contrôle. Il publie en 1946 un premier poème dans la revue " Les Lettres ", publiée à Genève, sous le nom de Diabi. Invité en 1948 aux rencontres de Sidi Madani, près de Blida, organisées par les Mouvements de Jeunesse et d'Éducation populaire, il y fait la connaissance d'Albert Camus, Jean Cayrol, Louis Guilloux, Jean Sénac, Brice Parain.

Il est ensuite syndicaliste agricole et effectue un premier voyage en France. De 1950 à 1952 Mohammed Dib travaille, en même temps que Kateb Yacine, au journal progressiste " Alger républicain ". Il y publie des reportages, des textes engagés et des chroniques sur le théâtre en arabe parlé. Il écrit également dans " Liberté ", journal du Parti communiste algérien. En 1951 il se marie avec Colette Bellissant, dont il aura quatre enfants. Mohammed Dib lit à cette époque les classiques français, les écrivains américains, les romanciers soviétiques et italiens. Après avoir quitté en 1952 " Alger républicain ", Mohammed Dib séjourne à nouveau en France alors que paraît aux Éditions du Seuil La Grande Maison, premier volet de sa trilogie Algérie, inspirée par sa ville natale, qui décrit l'atmosphère de l'Algérie rurale. Dans une " écriture de constat ", " réaliste ", il y témoigne tel un " écrivain public ", à partir de faits authentiques, de la misère des villes et des campagnes, des grèves des ouvriers agricoles, des revendications nationalistes naissantes. La presse coloniale critique le roman, ainsi que des membres du Parti communiste algérien qui auraient souhaité y rencontrer un " héros positif ", Aragon le défend.

Les deux autres volets de la trilogie, L'Incendie et Le Métier à tisser, paraissent en 1954, l'année même du déclenchement de la guerre de libération, et en 1957. Durant cette période Mohammed Dib est, jusqu'en 1959, employé dans la correspondance et la comptabilité commerciale. Tandis qu'il aborde plus explicitement la guerre d'indépendance dans Un Été africain, Mohammed Dib est expulsé d'Algérie par la police coloniale en raison de ses activités militantes. André Malraux, Albert Camus, Jean Cayrol interviennent pour qu'il puisse s'installer en France. Il s'établit alors à Mougins, dans les Alpes-Maritimes, chez ses beaux-parents, effectuant des voyages dans les pays de l'Est. En 1962 Qui se souvient de la mer manifeste une bifurcation de son écriture vers l'onirisme, le fantastique et l'allégorique. En 1964 Mohammed Dib s'installe dans la région parisienne, à Meudon, puis en 1967 à La Celle-Saint-Cloud, près de Versailles. Dans Cours sur la rive sauvage et La Danse du roi publiés en 1964 et en 1968, il poursuit une quête plus introspective autour des thèmes de la condition humaine, de la féminité et de la mort. En 1970 Mohammed Dib souhaite s'engager dans une nouvelle trilogie " sur l'Algérie d'aujourd'hui ", dont Dieu en Barbarie et Le Maître de chasse (1973) constituent les deux premiers volets.

Mohammed Dib enseigne en 1974 (ou 1976-1977) à l'Université de Californie à Los Angeles, qui lui inspirera son roman en vers « L.A. Trip » (2003). À partir de 1975 il se rend plusieurs fois en Finlande où il collabore, avec Guillevic, à des traductions d'écrivains finlandais. Ces séjours lui inspirent sa « trilogie nordique », publiée à partir de 1989 : Neiges de marbre, Le Sommeil d'Ève et L'Infante maure. Mohammed Dib participe à un jury littéraire, en 1976, dans l'Oklahoma. Parallèlement à son travail de romancier, ses recueils de poèmes, Omneros en 1975, Feu beau feu en 1979, sont des célébrations de l'amour et de l'érotisme. Sa pièce de théâtre Mille hourras pour une gueuse, présentée à Avignon en 1977 et publiée en 1980, met en scène les personnages de La Danse du roi. De 1982 à 1984 (ou de 1983 à 1986) Mohammed Dib est "professeur associé" au Centre international d'Études francophones de la Sorbonne. Dans ses derniers livres, Simorgh, puis Laëzza, terminé quelques jours avant sa mort, il revient, sous la forme d'un puzzle littéraire, sur ses souvenirs de jeunesse.

Il meurt le 2 mai 2003 à l'âge de 82 ans, près de Paris. Mohammed Dib a reçu de nombreux Prix, notamment le Prix Fénéon en 1952, le prix de l'Union des Écrivains Algériens en 1966, le prix de l'Académie de poésie en 1971, le prix de l'Association des Écrivains de langue française en 1978, le Grand Prix de la Francophonie de l'Académie française en 1994, attribué pour la première fois à un écrivain maghrébin. Il a obtenu en 1998 le Prix Mallarmé pour son recueil de poèmes L'enfant-jazz. En 2003 de nombreuses rumeurs faisaient état de la possibilité de l'attribution à Mohammed Dib du Prix Nobel de littérature.

Jugements

« Cet homme d'un pays qui n'a rien à voir avec les arbres de ma fenêtre parle avec les mots de Villon et de Péguy ».
Louis Aragon

"C'est l'écrivain de la précision dans les termes, de la retenue et de la réflexion. L'air qu'il fait entendre sur son clavecin est une musique intérieure qui parle au cœur. Écrivant en français, sans complexe et assumant sa double culture, l'auteur ne se livre pas purement et simplement au lecteur. Sa création littéraire demande souvent plusieurs lectures pour pénétrer jusqu'au sens."

Dans Hommage à Mohammed Dib, « Kalim », n° 6, Office des Publications Universitaires, Alger, 1985.
Jean Déjeux

« L'oeuvre littéraire de Mohammed Dib, commencée à la fin des années dix neuf cent quarante est aujourd'hui la plus importante de la production algérienne en langue française. Elle est aussi celle qui manifeste un renouvellement constant des formes et des thèmes en même temps qu'une grande continuité et une indéniable unité. »

Mohammed Dib, cette intempestive voix recluse, Édisud, 2003.
Naget Khadda

Principaux ouvrages

La Grande Maison, roman, Le Seuil, 1952.
ISBN : 2-02-028312-3
EAN : 9782020283120

Omar avait fini par confondre Dar-Sbitar avec une prison.
Mais qu'avait-il besoin d'aller chercher si loin ? La liberté n'était-elle pas dans chacun de ses actes ? Il refusait de recevoir de la main des voisins l'aumône d'un morceau de pain, il était libre. Il chantait s'il voulait, insultait telle femme qu'il détestait, il était libre. Il acceptait de porter le pain au four pour telle autre, et il était libre.


L'Incendie, roman, Le Seuil, 1954.
ISBN : 2-02-048498-6
EAN : 9782020484985

A Bni Boublen, minuscule village perché dans les montagnes, la vie suit le rythme des saisons.
Dans la plaine, s'étendent les immenses domaines des colons. Omar, le jeune héros de La Grande Maison, s'initie à cette vie rustique grâce à Comandar, sorte de Dieu Pan. L'enfant apprendra que les hommes ne sont pas heureux. Les fellahs se réunissent, parlent, s'insurgent contre leur condition misérable et décident de faire grève. Le pays est en effervescence. Une nuit, le feu prend à des gourbis d'ouvriers agricoles.

Les grévistes sont accusés d'être des " incendiaires ". Les meneurs sont arrêtés ... Mohammed Dib porte un témoignage sur la détresse de la paysannerie arabe, sans oublier qu'il est un écrivain pour qui les mots comptent et gardent le sens d'une liberté que nul ne peut confondre.





Au café, nouvelles, Gallimard, 1955.
ISBN : 2-7427-0805-7
EAN : 9782742708055

" Il était tard; je me demandais si je ne devais pas m'en aller de ce café bruyant, sombre.
Seul devant une table, je regardais autour de moi les groupes qui bavardaient et fumaient sans relâche. Au fond d'une atmosphère obscurcie, les joueurs battaient leurs dominos avec des claquements de fouet qui, à la longue, portaient sur les nerfs ". Un homme simple, un chômeur, qu'une rencontre fortuite dans un café jette hors des sentiers battus de l'existence ... Des paysans pauvres dans des coins perdus faisant l'apprentissage des élections ...

Une vieille femme qui voit s'ouvrir les portes du paradis ... Un riche héritier qui vit, en raison de son enchantement, une étrange aventure ... Gens d'Algérie, qui peuvent être de tous pays, de tous les temps... les personnages émouvants et humains que l'on rencontre au détour de ces nouvelles sont étroitement liés à ceux des grands romans de Mohammed Dib.


Le Métier à tisser, roman, Le Seuil, 1957.
ISBN-10 : 202000478X
ISBN-13 : 978-2020004787



Baba Fekrane, contes pour enfants, La Farandole, 1959.

Ombre gardienne, poèmes, Gallimard, 1960.
ISBN : 2729114467
EAN : 9782729114466

Ombre gardienne a été le livre par lequel le poète Mohammed Dib s’est fait connaître. Publié pour la première fois chez Gallimard en 1960, il est, par excellence, le livre français venu d’ailleurs. Comme l’écrit Aragon : « Cet homme d’un pays qui n’a rien à voir avec les arbres de ma fenêtre, les fleuves de mes quais, les pierres de nos cathédrales, parle avec les mots de Villon et de Péguy. Et c’est bien là sans doute un aspect de ce drame algérien, sur quoi tant de gens de chez nous se prononcent avec une certaine légèreté, qu’à l’heure de l’expression la plus haute, ceux-là mêmes qui sont la fidélité à leur peuple aient pour langage, [...] pour exprimer l’incernable, ce français, ce clavecin bien tempéré, cet instrument des bords de Loire, ce parler qui est aussi celui des soldats dans la nuit, le vocabulaire du ratissage, le commentaire de la torture et de la faim. »


Qui se souvient de la mer, roman, Le Seuil, 1962.
ISBN : 978-2-7291-1677-4
EAN : 9782729116774

Une grande ville arabe, des personnages patients, hébétés, toute une figuration mystérieuse, ensorcelée : une image apocalyptique de la guerre d'Algérie.

Le monde des profondeurs s'y réveille, la cité soumise aux forces imprévisibles et démoniaques, aux terreurs insurmontables, aux émerveillements cruels. Les visages sont de pierre et de lichen et, au milieu des explosions, des cérémonies inexplicables, des hommes continuent à vivre, s'enfonçant de plus en plus dans la terre pour y retrouver une racine ou un sommeil. Il n'y a plus de loi ni d'interdit, il n'y a plus de temps ni d'espace.

Tout peut arriver. Et le héros lui-même le sait, déjà averti par certains signes, par le visage mouvant et bénéfique de sa femme Nafissa. Ainsi Mohammed Dib a-t-il fixé et ordonné les cauchemars tout au long de ces pages qui constituent désormais l'un des grands classiques de la littérature algérienne.

La Danse du roi, roman, Le Seuil, 1968.
ISBN : 2-02-004778-0
EAN : 9782020047784


Une femme et un homme.

Ce sont deux destins complémentaires et dissemblables, liés seulement par l'expérience de la guerre. La femme n'arrive pas à oublier l'existence qu'elle a connue dans les djebels. Un espoir y était né qui ne lui paraît pas être parvenu à terme. Elle refuse de s'en faire une raison. La paix pour elle est une paix inachevée. L'homme, quant à lui, a découvert dans les groupes terroristes des villes la violence, une violence telle que, une fois la paix revenue, la vie, a commencer par la sienne, lui semble manquer de réalité.

Il se sent plus fragile qu'un ressuscité. Et il cherche. Il fait appel à tout événement antérieur susceptible de l'aider à se réincarner. Leur double expérience incite l'un et l'autre, l'homme et la femme, à se parler : entendez à se recréer, et à recréer ce qui leur manque, dans la parole. Ce livre se veut la geste, non du héros, mais de ce " roi " que le dernier des humains demeure en dépit de tout.

Dieu en barbarie, roman, Le Seuil, 1970.
ISBN : 2-02-001144-1
EAN : 9782020011440


Formulaires, poèmes, Le Seuil, 1970.


Le Maître de chasse, roman, Le Seuil, 1973.
ISBN : 2-02-032642-6
EAN : 9782020326421


L'Algérie, trois ans après l'accession du pays à l'Indépendance.

Jean-Marie, jeune coopérant français, part vers les Hauts Plateaux, accompagnant la secte des " mendiants de Dieu " : il y mettra à profit ses talents de sourcier. Mais les hommes du village accueillent les nouveaux venus avec une certaine réserve ... Une deuxième expédition se prépare : en pure perte ? C'est pourtant le sort du nouvel Etat, le devenir d'un peuple ayant conquis sa liberté de haute lutte, qui se joue ici.

Le Chat qui boude, contes pour enfants, La Farandole, 1974.
ISBN : 2-226-14087-5
EAN : 9782226140876

Depuis déjà un moment, le grand chat, d'un beau noir, se tient, ventre allongé sur la terrasse, dans la fière posture du sphinx.
Il boude. Pourquoi ? Que s'est-il passé ?


Omneros, poèmes, Le Seuil,1975.
ISBN : 2-7291-1597-8
EAN : 9782729115975

Publié en 1975 et épuisé depuis longtemps, Omneros est un des grands recueils de Mohammed Dib. « Il peut sembler, écrivait-il, que ces poèmes trahissent la nostalgie d’une autre langue, langue qui n’existe sûrement pas, ou n’existerait qu’à l’état virtuel. Il faut refuser cette idée et les lire comme des poèmes d’amour et plus littéralement de l’acte d’amour. »


Habel, roman, Le Seuil, 1977.
ISBN : 2-02-004650-4
EAN : 9782020046503


Feu beau feu, poèmes, Le Seuil, 1979.
ISBN : 2-7291-1373-8
EAN : 9782729113735


Les Terrasses d'Orsol, roman, Sindbad, 1985.
ISBN : 2729114068
EAN : 9782729114060

A la dernière page de ce roman, Eid, le héros a tout oublié. Et d'abord il a oublié son nom. Il a été envoyé à l'étranger, en mission par son gouvernement. Il l'a oublié aussi. Et oublié pourquoi. Il a, dans l’opulente ville où il est chargé d'exercer ses activités, surpris un secret, un terrible secret. Il l'a oublié. Et oublié qu'on le paie, - qu'il a chèrement payé pour cela. Oublié qu'il a dans cette même ville rencontré une femme extraordinaire et oublié toute l'aventure, extraordinaire, elle aussi. Il a tout oublié. Oublié jusqu’à l'exil où désormais il vit sans mémoire. Lui-même, son pays semble l’avoir oublié là. Il se souvient juste d'un titre de film et d'un prénom féminin. Tout à la fin. Qu'est-il arrivé cet homme ?


Le Sommeil d'Ève, roman, Sindbad, 1989.
ISBN : 2729114394
EAN : 9782729114398

« Le Sommeil d’Ève touche à l’épure puisque le livre pourrait se résumer en une formule : la rencontre d’une femme avec son destin. Et cela à travers le récit minimal d’une passion proche de l’envoûtement, sur fond d’union légitime et de nourrisson incontournable. Une histoire banale, touchée ici par la grâce d’un authentique art d’écrire, qui la restitue à la vertigineuse singularité de toute expérience intérieure. On s’en doute, une telle intensité ne peut passer que par un travail sur le langage, dont la réussite tient d’abord à ce qu’il ne se fasse nulle part ressentir. Pas une phrase inutile, pas un mot de trop dans ces deux cents pages proprement poétiques. Mais un souffle au bord du halètement, une prose à deux doigts de l’évanouissement, un chant très pur en équilibre sur la margelle d’un immense puits de silence. »

Philip Tirard, Le Vif/L’Express.


Neiges de marbre, roman, Sindbad, 1990.
ISBN : 2-7291-1493-9
EAN : 9782729114930

Comment un père se fait voler sa fille, l'affection de celle-ci, et comment il lui devient doublement étranger. Histoire d'un enracinement puis d'un arrachement dans la vie d'un couple séparé - mixte - que l'auteur retrace d'une écriture superbe, émouvante et pudique. Dernier volet de la trilogie "nordique" qui comprend Les Terrasses d'Orsol et Le Sommeil d'Eve, déjà parus dans " Minos ".


Le Désert sans détour, roman, Sindbad, 1992.
ISBN : 2-7291-1596-X
EAN : 9782729115968

Film d'un retour impossible, cette histoire est celle de l'errance ouverte à toutes les dispersions.
L'on y voit une guerre terminée dans les sables, et deux hommes les traverser : l'un, le potentat Hagg-Bar, à la recherche des traces du campement de jadis, et l'autre, le fidèle Siklist, pour avoir voulu le suivre. Un bivouac est sujet à déplacements, et le désert, lieu de mirages. " Motus. Prenons un air dégagé. - C'est ce que nous devons faire ? - Oui. Donner le change. Tu n'y mets pas beaucoup de bonne volonté.
- On ne peut rien donner, il n'y a personne. "


L'Infante maure, roman, Albin Michel, 1994.
ISBN : 2226068074
EAN : 9782226068071

Dans une aube éternelle d'été nordique, perchée sur l'un ou l'autre des arbres de son jardin, la petite Lyyli Belle recrée le monde. Entre une mère européenne et un père maghrébin, que peut être la réalité ?

Des sapins enneigés aux dunes infinies de sable, de la confrontation de deux traditions, de deux imaginaires, elle construit tout l'univers magique de l'enfance solitaire avec ses rites et ses secrets, et abolit à sa façon la souffrance et la séparation.

Avec L'Infante maure, Mohammed Dib, le grand romancier et poète algérien dont l'oeuvre est traduite dans de nombreux pays, poursuit l'exploration des territoires de l'exil, lieu des mirages, de l'errance mais aussi de l'identité perdue.


Tlemcen ou les lieux de l'écriture, textes et photos, La Revue noire, 1994.
ISBN 10 : 290957105X

La Nuit sauvage, roman, Albin Michel, 1995.
ISBN : 2-226-07801-0
EAN : 9782226078018

Souvent tragiques bien que baignées de lumière, les nouvelles de La Nuit sauvage marquent le retour de Mohammed Dib au pays d'origine.

Certaines ont pour cadre la guerre d'Indépendance, d'autres cette guerre que vit actuellement l'Algérie, qui creuse des béances insondables. D'autres encore se situent dans l'entre-deux, quand le souvenir de la colonisation génère une nostalgie qui ne débouche pas forcément sur la haine. Il y a enfin celles qui parlent d'autres violences, sous d'autres cieux. Dans La Nuit sauvage, Mohammed Dib, Grand Prix de la Francophonie de l'Académie française, renoue avec une Algérie de chair et de sang, et témoigne de ses tragédies et de ses conflits, animé d'une préoccupation constante : ne pas disjoindre, comme il l'écrit en postface, " écriture (romanesque) et responsabilité (morale) ".


Si Diable veut, roman, Albin Michel, 1998.
ISBN : 2-226-09567-5
EAN : 9782226095671

" On dit : incha'Allah, si Dieu veut; à la place, on devrait dire plus volontiers : incha'Iblis, si Diable veut. Et si Diable veut, Diable peut ".

Dans un village de l'Algérie profonde, deux vieux qui n'espèrent plus rien voient arriver leur jeune neveu qui a grandi au loin et choisit de revenir au pays. Ymran, l'enfant des banlieues parisiennes, ne comprend rien à cette société féodale, à ces étranges fiançailles qu'on lui impose. Mais il n'est pas seul à bouleverser la vie paisible du village; des chiens ensauvagés ont attaqué et reviennent en force le jour de la fête du mouton, attirés par l'odeur du sang ...


Si Diable veut convoque à la fois le romancier et le poète, le témoin et le chercheur de vérité qu'est Mohammed Dib, Grand Prix de la francophonie de l'Académie française et Grand Prix de la Ville de Paris. Réalité d'une Algérie profondément traditionnelle et de l'impossible retour au pays, c'est aussi l'allégorie des êtres enclos dans leur destin et leur chant muet, en recherche d'identité et impuissants à lutter contre les forces du Mal.


L'Arbre à dires, nouvelles, essai, Albin Michel, 1998.
ISBN : 2226105654
EAN : 9782226105653

L'arbre à dires, expression trouvée par une enfant pour désigner l'être humain, a trait à la question de l'identité.

Le nom, la langue natale, le statut que l'on acquiert dans l'exil, celui de l'étranger ou de l'émigré, l'impossible retour, en sont les thèmes porteurs et récurrents. Quel que soit son destin, l'homme, cet " arbre à dires ", garde toujours la liberté de disposer de soi, de s'inventer, de s'étonner lui-même et d'étonner le monde à chaque instant.


L'Enfant jazz, poèmes, La Différence, 1998.

L'académie Mallarmé vient de couronner l'œuvre poétique de Mohamed Dib, lors de la Foire du livre de Brive, à l'occasion de la parution de L'enfant-jazz. Né en 1920 à Tlemcen, Mohamed Dib vit en France depuis quarante ans. Le poète d'Omneros, de Feu beau feu, de O vive, exigeant et pur, étonne par l'étrange musique de ce nouveau livre. L'enfance aux mauvaises fées y chante comme on égrène des sorts.

Psalmodie de comptines, carmina de l'enfant perdu dans son propre regard, et qui murmure les fables du monde et de ses peurs : « Il ouvrit la bouche./ Un cri lui troua la tête. » L'ombre, la nuit, le miroir, les roses, la mère, clichés syncopés - comme par l'éclat cru du jour, qui fait fermer les yeux, chercher le noir -, récurrents, obsessionnels, à la manière dont l'enfance ressasse mots qui dansent et questions sans réponse.

Etonnant retour sur l'incompréhensible, les merveilles, les menaces, la vie presque immobile, les pas qui s'arrêtent, dehors, le mot alors arrêté au bord de quoi ? Le miracle de ces brefs poèmes hachés par le silence, c'est qu'ils font entendre une musique, le murmure, peut-être, des ancêtres - ces mots qu'attendait, aussi,

l'« Igitur » de Stéphane Mallarmé ...

www.lexpress.fr


Le Coeur insulaire, poèmes, La Différence, 2000.
ISBN : 2-7291-1285-5
EAN : 9782729112851

Extrait du livre

Qui ordonne et laisse
ton sang crier ?
N'interroge pas.

Dans le dos
les couteaux frapper,
tuer derrière.

La forêt là-bas.
Tu t'y rends toi
les yeux fermés.

Les arbres opposent
leur grille serrée
à ta même lueur rouge.

Tous pourtant
sont étrangers
l'un à autre.

Arbres remués
arbres immobiles
déportant le regard.

 

Comme un bruit d'abeilles, Albin Michel, 2001.
ISBN : 2226122532
EAN : 9782226122537

Comme un bruit d'abeilles s'inscrit dans cette démarche toujours renouvelée et si personnelle. On pourrait dire que c'est un recueil de nouvelles, car nouvelles et contes il y a, mais toutes reliées par le fil du récit d'ouverture " Le Sourire de l'icône " qui scande les autres récits. Au coeur des villes ou dans leurs banlieues, au seuil du désert ou des cimes enneigées, c'est toujours la même confrontation à l'autre, peur, amour ou haine, culpabilité et pardon, qui se rejoue quels que soient sa culture, son histoire et son imaginaire.


L.A. Trip, roman, Paris, La Différence, 2003.
ISBN-10 : 2729114432
ISBN-13 : 978-2729114435

L. A. Trip est un roman en vers. Il conte les tribulations au Nouveau Monde d'un homme de l'Ancien Monde et renoue ainsi avec une tradition un peu perdue (de vue). Mais pourquoi en vers ? Mais d'abord pourquoi faut-il que cela soit un roman ? A cette dernière question, une réponse simple : pour donner du corps à une poésie devenue de nos jours ectoplasmique, languissante, épuisée par un impressionnisme à bout de souffle. Le réalisme du roman est le meilleur antidépresseur dans ce cas. Mais alors pourquoi un roman en vers ? C'est évident : le vers est là pour corseter une langue à la fois souffrant de diarrhées chroniques et croulant sous ses adiposités depuis qu'elle a cesser de fréquenter l'école du Nouveau Roman. C'est aussi simple que ça.


Simorgh, nouvelles, essai, Albin Michel, 2003.
ISBN : 2-226-13594-4
EAN : 9782226135940

Le Simorgh est cet oiseau mythique dont Avicenne, Attar ou Rumi ont célébré le mystère.

Le Simorgh, c'est aussi ce puzzle littéraire où Dib mêle allégrement le conte, la nouvelle, fessai et le journal pour aborder les thèmes qui traversent son oeuvre, la langue, l'étranger, la fascination du désert, le pouvoir du rêve et de l'imaginaire. Et Simorgh, s'il s'ouvre par un mythe né au Proche-Orient, se clôt par une autre image à faune de notre destinée, celle d’oedipe à Colone, un vieil homme qui, après avoir subi tragédie et exil, rejoint apaisé la terre de ses ancêtres.


Laëzza, nouvelles, essai,, Albin Michel, 2006.
ISBN : 2-226-17004-9
EAN : 9782226170040

De l'Algérie à la rance, la vie de Mohammed Dib, l'un des plus grands écrivains de langue française, fut plus qu'un simple exil : un parcours littéraire hors pair qui a marqué plusieurs générations de romanciers et de lecteurs autant par son exigence que par la haute liberté qui traverse son oeuvre.

Poète, romancier et conteur, Mohammed Dib a constamment renouvelé son écriture, puisant toujours à la source de sa terre natale pour exprimer le difficile rapport à l'autre, à l'étranger, à la double culture, et l'énigme de notre présence au monde. Dans son dernier ouvrage, Laëzza, il évoque aussi bien des passions qui ne peuvent s'inscrire dans le réel, qu'en émouvant contrepoint, sa propre enfance à Tlemcen, cette présence intacte qu'il nous transmet de manière aussi simple que lumineuse.


Poésies, Paris, " Oeuvres complètes ", La Différence, 2007.
ISBN : 2729116761
EAN : 9782729116767

Edition des oeuvres poétiques complètes de l'écrivain algérien, qui regroupe tous les ouvrages publiés de son vivant ainsi que deux recueils inédits. La poésie est fortement marquée par l'histoire de l'Algérie.


Bibliographie sélective

- Jean Déjeux, Mohammed Dib, écrivain algérien, Naaman, Sherbrook, 1977.
- Jean Déjeux, Bibliographie méthodique et critique de la littérature algérienne de langue française 1945-1977, SNED, Alger, 1979.
- Nourredine Belhadj-Kacem, Le thème de la dépossession dans la " trilogie ", ENAL, Alger, 1983.
- Naget Khadda, L'oeuvre romanesque de Mohammed Dib, Propositions pour l'analyse de deux romans, Office des Publications Universitaires, Alger, 1983.
- Jean Déjeux, Dictionnaire des auteurs maghrébins de langue française, Paris, Éditions Karthala, 1984 (ISBN 2-86537-085-2).
- Hommage à Mohammed Dib, [à l'occasion du soixante-cinquième anniversaire de la naissance de l'auteur], textes de Jacqueline Arnaud, Zineb Ali Benali, Charles Bonn, Mériem Cadi, Beïda Chikhi, François Desplanques, Mireille Djaïder, Naget Khadda, Fewzia Sari, Paul Siblot, Kamel Yanat, Mourad Yelles Chaouche, bio-bibliographie de Jean Déjeux, « Kalim », n° 6, Office des Publications Universitaires, Alger, 1985.
- Beïda Chikhi, Problématique de l'écriture dans l'oeuvre de Mohammed Dib, Alger, OPU, 1989.
- Beïda Chikhi, " Mohammed Dib : les fictions nostalgiques ", dans Littérature algérienne, désir d'Histoire et esthétique, Paris, L'Harmattan, 1997.
Anthologie de la littérature algérienne (1950-1987), introduction, choix, notices et commentaires de Charles Bonn, Le Livre de Poche, Paris, 1990 (ISBN 2-253-05309-0)
- Bachir Adjil, Espace et écriture chez Mohammed Dib : la trilogie nordique, préface de Denise Brahimi, L'Harmattan /Awal, Paris, 1995.
- Mohammed Dib, La grande maison de l'écriture; Mohammed Khadda, L'aventure du signe, textes sur Mohammed Dib de Naget Khadda, Christiane Chaulet-Achour, Guy Dugas, Tahar Bekri, Soumya Ammar-Khodja, Mohammed Bahi, Malika Hadj-Naceur, Yamilé Harraoui-Ghebalou, Salim Jay, Mohamed Zaoui, Rachida Saïgh-Bousta, dans «Horizons Maghrébins», Université de Toulouse le Mirail, Toulouse, 1999.
- Jean-Louis Joubert, Mohammed Dib, in Dictionnaire de poésie de Baudelaire à nos jours, sous la direction de Michel Jarrety, Paris, Presses Universitaires de France, 2001 (ISBN 2130509401).
- Mohammed Dib, textes de Naget Khadda, Mohammed Dib, Guy Dugas, Gil Jouanard, Paul Siblot, Pierrette Renard, Denise Brahimi, François Desplanques, Djamel Amrani et Fritz Peter Kirsch, dans Europe, n° spécial Algérie, Paris, 2003. Naget Khadda, Mohammed Dib : cette intempestive voix recluse, Édisud, Aix-en-Provence, 2003.

fr.wikipedia.org - Mohammed Dib



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