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mercredi 17 février 2010

Abderrahmane Zakad


Abderrahmane Zakad‚ originaire de Bejaïa‚ est urbaniste. Homme de terrain‚ il a à son actif de nombreux projets d'aménagement et de construction et milite pour la sauvegarde des villes historiques de l'Algérie. Réalisateur de documentaires‚ il collabore aussi à divers journaux. Après une brillante carrière professionnelle‚ il se consacre désormais à l'écriture. Il s'est vu décerner plusieurs prix littéraires et continue son remarquable travail d'écrivain‚ avec le souci de convaincre chacun de se mettre à la lecture.

Bibliographie

Trabendo (Roman) - Marsa‚ Paris‚ 2002


Re-édité sous le nom de : Une femme dans les affaires , 2009, El Othmania



Un chat est un chat (Poésie) - Marsa‚ Alger‚ 2004

Les nuits de Bougie

La rue est déserte, une porte rugit,
Le vide envoûtant des nuits de Bougie.
Nuits sans mouvements, sans bruit et où l’air
Mélange son parfum à l’iode da la mer.

Le frisson des ramures que love l’alizé,
L’orgueil de l’ipomée pour l’abeille calicée,
Le musc arrogant du galant de nuit,
La cigale qui craquette, la luciole qui luit.

S’entend la mélodie d’un rire velouté
D’une femme romantique, discrète et charmeuse.
Il pleut la mélancolie tombant d’un ciel voûté,
L’ambre et le benjoin sur la cité radieuse.

Piaffant et roucoulant près d’une porte close
Un amoureux transi qui piétine les roses
La  femme s’esclaffe, chaste et puritaine
Vive et sensuelle sans être hautaine

Le mouedden appelle et s’entend tout près,
Un passant se hâte, l’ombre décroît,
Une chatte, sans ombre, se retire assurée
La ville s’endort dans un rêve de soie.

On ferme les yeux pour mieux ressusciter :
- Datus le romain et Saldae du fond des âges*
- Nacer ibn Hamad dans la Casbah l’été
- les tribus fatimides déferlant sur la plage
- Imezayène, toujours, là ou  ils ont été

Nul geste n’aurait ce soir arrachée,
La corde du chalut au port amarré.
La lune traîne, ronde et assagie,
Hésite et s’arrête sur le golfe de Bougie.

* Sous le règne d’Adrien (117-138), le gouverneur de Saldae, Varius Clemens adressa un texte au gouverneur de la Maurétanie Césarienne, texte qui est gravé sur la stèle qui se trouve  face à l’ancienne mairie : « Au nom de la cité splendide et de ses habitants, je te prie seigneur, d’engager le niveleur Nonius Datus, vétéran de la 3eme division Augusta, à venir à Saldae afin d’y terminer son œuvre ».
L'oeuvre, c'était de déterminer le tracé le plus aisé pour amener l'au de Toudja au moyen d'un acqueduc. Datus était un niveleur (géomètre).

Les Jeux de l’amour et de l’honneur (Roman) - Albin Bibliopolis‚ Alger‚ 2004

Le vent dans le musée (Nouvelles) - Alpha‚ Alger‚ 2006
ISBN 9961-780-10-8


Tôt le lendemain, le jardinier, en entrant dans la villa Abdeltif, fut ébahi de trouver, sortie de la salle d’exposition, une statue en marbre et un tableau jamais vu, posé sur un chevalet dans le patio jonché de feuilles et de fleurs encore fraîches. L’œuvre n’était pas signée et, aux aurores, les reflets du soleil, rougeoyant sur la toile, inspirèrent le jardinier qui l’intitula La Femme en bleu. C’est depuis que la villa «mauresque» cessa d’insuffler l’esprit des lieux, les artistes n’y venant plus. Mais il est encore gardé intact, dans la pureté et la spiritualité du patio, le génie de nos trois plus grands peintres, apparu une nuit d’avril où tout avait commencé par le rapprochement de Tamentfoust du Pénon, après un orage qui fit du vent une boule qui avait, elle aussi, du génie.

Une enfance dans le M’zab, Parution 2008, Roman
ISBN 9961-780-85-5
www.lexpressiondz.com

Le Terroriste, Mille-Feuilles, Alger, 2009
www.founounes.com

Liens

www.algerie-livres.com

www.editions-alpha.com

Culture : CONTENTIEUX ENTRE L’ÉCRIVAIN ABDERAHMAN ZAKAD ET SON ÉDITEUR
Une violence qui aurait pu être évitée

Au-delà de ce contentieux et quels que soient les tenants et les aboutissants, cela nous renvoie, hélas, aux relations auteurs-éditeurs et la garantie à l'auteur d’un niveau suffisant de sécurité juridique et de reconnaissance morale et matérielle de ses droits.

Lorsque Abderahman Zakad, auteur de plusieurs romans ( Trabendo, paru aux éditions Marsa‚ Paris, en 2002 ; Le vent dans le musée, aux éditions Alpha en 2006, et le Terroriste aux éditions Mille-Feuilles en 2009), a décidé de médiatiser l’affaire brutale l’ayant opposé à son éditeur, en l’occurrence Sid-Ali Sekhri, il n’a certainement pas mesuré l’impact d’une telle histoire tout aussi malheureuse que sordide sur le monde de l’édition. Il faut peut-être revenir au début du drame, car c’est d’un drame qu’il s’agit, vu que c’est entre un auteur et un éditeur que le problème s’est posé d’une manière brutale, puisque l’on est arrivé aux mains. Deux acteurs privilégiés de l’acte d’écrire et de l’acte de publier jettent dans la consternation une opinion publique qui ne comprend pas. En vérité, ce contentieux et sa finalité malheureuse poussent peut-être à se poser des questions quant à la codification du métier d’éditeur, et du respect des droits d’auteur. Au-delà du contentieux d’aujourd’hui, c’est tout le drame des relations auteur-éditeur qui s’y profile brutalement. Mais avant tout, revenant à l’histoire d'Abderahman Zakad qui explique dans sa lettre que ce n’est qu’après s’être plaint à l’Office national des droits d’auteur (ONDA) et au ministère (courriers joints), et après plusieurs lettres de rappel à son éditeur demandant d’être reçu afin de régler le contentieux (courriers restés sans réponses), qu’il a fait appel à l’ONDA et avait joint une copie de ce courrier dans une ultime lettre à son éditeur qui conçoit de le recevoir enfin. La première question qui nous vient donc à l’esprit est pourquoi l’éditeur a attendu plus d’une année pour recevoir son auteur ? Ensuite, pourquoi les termes d’un contrat très basique ne sont-ils pas respectés ? A ces questions, Sid-Ali Sekhri répond qu’il avait justement demandé à Zakad de le rejoindre à l’Île Lettrée, soit le 4 février 2010, pour lui remettre un chèque et résilier leur contrat. Zakad explique donc que son éditeur a accepté finalement de le recevoir mais pas dans sa librairie ni dans un bureau, mais plutôt à l’Île Lettrée, un café plein de monde. «L’éditeur me fait entrer, me demande de m'asseoir. Je dis non merci, n’ayant pas l’habitude d’entrer dans les cafés. Il me dit “on va discuter du contrat”. Je réponds que je ne parle pas du contrat dans un café, on n’est pas à l'aise. Il s'énerve et m'emmène dans un réduit qui n’est autre que la cuisine du café.» L’écrivain avait estimé, dira-t-il, qu’il ne pouvait pas discuter dans ce lieu inadéquat pour régler ce genre de problème, ce qui a fait monter le ton entre les deux hommes et a poussé à l’irréparable : Zakad s’en sort avec un nez cassé, le visage tuméfié, pouvant à peine tenir debout, explique-t-il. Il faut rappeler que l’homme est âgé de 73 ans, fragile de santé et pas très robuste. Il s’en sort avec un certificat médical de 21 jours d’incapacité délivrée par un médecin légiste de l’hôpital Mustapha où il avait été transporté par le Samu. Son éditeur expliquera pour sa part qu’il n’a fait que se défendre devant l’agressivité de l’auteur qui lui a sauté dessus, il ne l’a touché qu’accidentellement. Cela s’était passé après lui avoir proposé un chèque en lui expliquant qu’il allait mettre terme à son contrat. Zakad s’insurge : «Pourquoi frapper son éditeur, alors que celui-ci tente de me remettre un chèque ? C’est lorsque j’ai refusé de discuter avec lui dans la cuisine du café que j’ai reçu un violent coup de tête.» Mais pourquoi cette histoire a tourné ainsi au vinaigre, tout cela aurait pu être évité. Qu’est-ce qui s’était passé réellement pour en arriver là, à ce stade de la colère? Zakad parle de mépris et de fuite en avant de son éditeur, ce dernier estime que son auteur s’était montré irrespectueux dans ses courriers et il n’avait pas à entretenir de ce fait une relation avec lui. Quelle que soit l’issue de cette histoire, quels que soient les tenants et les aboutissants, en se fiant aux versions des uns et des autres, le problème semble plus profond encore, comment un auteur et un éditeur, évoluant logiquement dans un milieu «privilégié », n’ont pas pu s’asseoir à une table pour régler ce litige ?

Nassira Belloula


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